Des centaines de «mendiants» nigériens rapatriés du Sénégal

Le président du Niger, Mohamed Bazoum, arrive au premier jour du sommet de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 février 2022. (AFP).
Le président du Niger, Mohamed Bazoum, arrive au premier jour du sommet de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 février 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 26 mars 2022

Des centaines de «mendiants» nigériens rapatriés du Sénégal

  • Des ressortissants nigériens rapatriés dans la nuit de vendredi à samedi sont partis de l'aéroport international Blaise Diagne au sud-est de Dakar
  • A Dakar, ils étaient hébergés dans des tentes au stade Léopold Sedar Senghor, selon la même source qui précise que ces derniers ont été raflés mercredi à travers la capitale sénégalaise

NIAMEY: Plusieurs centaines de migrants nigériens qui mendiaient dans les rues de Dakar et dont la situation révélée par un reportage télévisé au Sénégal a fait grand bruit, ont été rapatriés dans leur pays dans la nuit de vendredi à samedi, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Le vol, affrété par le gouvernement nigérien, qui comptait 580 personnes dont beaucoup d'enfants, est arrivé à 01H20 (00H20 GMT) à l'aéroport de Niamey. 

"L'image de notre pays est traînée dans la boue, c'est pourquoi le gouvernement veut prendre ce phénomène à bras le corps", a déclaré le ministre nigérien de l'Intérieur, Hamadou Adamou Souley, au pied de la passerelle de l'avion. 

La semaine dernière, un reportage de la télévision sénégalaise TFM largement relayé sur les réseaux sociaux avait montré les conditions de vie de nombreux migrants nigériens mendiant dans les rues de la capitale. 

Le président nigérien Mohamed Bazoum avait convoqué en début de semaine une réunion "sur le phénomène de la mendicité".  

"Le gouvernement de la République du Niger a appris avec stupéfaction la présence dans les rues de Dakar au Sénégal de plusieurs centaines de ressortissants Nigériens s’adonnant à la mendicité", avait déclaré mardi le porte-parole du gouvernement Tidjani Idrissa Abdoulkadri, dans un communiqué lu à la télévision publique.

"Il s’agit d’un trafic illicite de migrants et de la traite de personnes organisés par des groupes criminels en direction de certains pays voisins et même au-delà", avait-il assuré. 

Un message repris par le ministre de l'Intérieur samedi: "Ce n'est pas la misère qui est à la base (de ce phénomène) mais des réseaux mafieux organisés qui procèdent à la traite et au trafic de ces êtres humains".

"Personne n'ira mendier s'il a les moyens de vivre dans de meilleures conditions. La mendicité n'est pas une bonne chose", affirmait de son côté Ousmane Issoufou, l'un des rapatriés à la descente de l'avion.

Selon une source diplomatique africaine, les ressortissants nigériens rapatriés dans la nuit de vendredi à samedi sont partis de l'aéroport international Blaise Diagne au sud-est de Dakar.

A Dakar, ils étaient hébergés dans des tentes au stade Léopold Sedar Senghor, selon la même source qui précise que ces derniers ont été raflés mercredi à travers la capitale sénégalaise.

D'autres ressortissants également raflés mercredi, ont été hébergés eux par le Samu social à Dakar et attendaient encore d'être rapatriés samedi matin. 

Un autre vol est attendu à Niamey samedi au départ de Dakar. 

Selon un responsable du Samu social de Dakar, environ 335 migrants étaient présents vendredi soir sur leur site.

Parmi les migrants se trouvaient des bébés et des personnes âgées, a constaté une journaliste de l'AFP.

Un homme de 70 ans, Enoussa Ayouba, a confié qu'il ne souhaitait pas retourner à Niamey, après s'être rendu à Dakar il y a trois semaines, avec ses deux femmes et leurs six enfants. Il espérait trouver de meilleures conditions de vie.

Outre le Samu social, la Croix Rouge était également présente auprès des migrants à Dakar.

Le Niger, particulièrement sa partie ouest, est frappée par une grave crise alimentaire en raison de la sécheresse et des violences jihadistes empêchent les paysans de cultiver leurs champs, selon l'ONU et les autorités.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.