Ils ont fui l'Ukraine: le désarroi des étudiants africains arrivés en France

Un habitant marche devant un véhicule blindé de transport de troupes russe détruit dans un village situé sur la ligne de front de la partie nord de la région de Kiev, le 28 mars 2022. (AFP)
Un habitant marche devant un véhicule blindé de transport de troupes russe détruit dans un village situé sur la ligne de front de la partie nord de la région de Kiev, le 28 mars 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 29 mars 2022

Ils ont fui l'Ukraine: le désarroi des étudiants africains arrivés en France

  • «Forcé» à plusieurs reprises à descendre des trains pour «laisser la place aux Ukrainiens», le Camerounais de 20 ans a finalement réussi à rejoindre la Pologne. Avec la peur au ventre de «se faire fusiller par les Russes»
  • Emu par les «vidéos virales montrant des actes de racisme et de xénophobie qu'ont subis ces jeunes aux frontières», Moundé a monté un dispositif d'accueil d'urgence et de soutien matériel à ces étudiants

PARIS: La guerre les a jetés sur la route de l'exode et ils sont arrivés en France qu'ils considèrent comme un pays refuge. Mais des centaines de jeunes Africains, qui étudiaient en Ukraine, ignorent s'ils vont pouvoir poursuivre leurs études dans l'Hexagone.

"Je me suis dit soit je fuis, soit j'y laisse ma peau", raconte Rostambert Bangou Tcheubue, un Camerounais de 20 ans qui étudiait le développement web à Marioupol. "Forcé" à plusieurs reprises à descendre des trains pour "laisser la place aux Ukrainiens", il a finalement réussi à rejoindre la Pologne. Avec la peur au ventre de "se faire fusiller par les Russes".

 


L'Ukraine comptait en 2020 quelque 61.000 étudiants étrangers, dont 17.379 africains (derniers chiffres disponibles de l'Unesco). 


Ils avaient choisi l'Ukraine en raison "des études peu coûteuses, de la vie moins chère et de la facilité d'obtention des visas", résume Stephane Ngwen, 32 ans, un Camerounais arrivé en France début mars, via la Hongrie. Il étudiait à Ivano-Frankivsk (ouest de l'Ukraine) depuis cinq ans.


Combien sont-ils à être arrivés dans l'Hexagone ces dernières semaines? Quelques centaines, selon des associations mobilisées pour venir en aide à ces étudiants dont une majorité est francophone, raison pour laquelle ils ont privilégié la France aux pays voisins.


"Je suis fatigué d'apprendre d'autres langues et je parle déjà français", explique Sokou Abalé, la vingtaine, originaire du continent africain (il n'a pas voulu préciser le pays). Il dit avoir "marché plus de 80 km, sans eau, ni nourriture" et attendu quatre jours à la frontière polonaise. Désormais, c'est en France qu'il espère poursuivre son master de relations internationales.


Parfois engagés dans des filières très spécifiques, ces jeunes s'inquiètent aussi de l'impossibilité de continuer leurs études dans leur pays d'origine. 


Ainsi, Stephane Ngwen était dans une filière "Production de pétrole et gaz". Qui n'existe pas au Cameroun. "Il n'y a pas d'universités pour ces études", relève le jeune homme qui cite par ailleurs la "présence rassurante" d'une diaspora camerounaise en France.

«Géométrie variable»
Mais ils n'entrent pas dans le cadre du dispositif inédit mis en place en France pour les personnes ayant fui l'Ukraine, qui permet de séjourner légalement en France et de bénéficier de prestations sociales (hébergement, allocations, scolarité, accès à l'emploi et aux soins).


Seuls sont concernés les ressortissants ukrainiens qui résidaient en Ukraine avant le 24 février (date du début du conflit), les "ressortissants de pays tiers" qui vivaient sous statut de réfugié (ou équivalent) à cette date en Ukraine et ceux qui y "résidaient régulièrement" avec un titre de séjour et qui ne "sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables".


Les étudiants africains n'entrent pas dans ces catégories puisqu'ils peuvent, théoriquement, retourner dans leur pays d'origine.


Actuellement, les étudiants africains que l'AFP a rencontrés sont hébergés dans des centres d'accueil mais surtout chez des particuliers approchés par l'association Maison des Camerounais de France.   


Une solidarité "à géométrie variable", au détriment de personnes "pour beaucoup originaires du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest", abondent la CFDT et l'association France terre d'asile dans une tribune dans Libération.


Emu par les "vidéos virales montrant des actes de racisme et de xénophobie qu'ont subis ces jeunes aux frontières", Abdelaziz Moundé, président de la Maison des Camerounais de France, a monté un dispositif d'accueil d'urgence et de soutien matériel à ces étudiants.


Il voit en leur exclusion de la protection temporaire "une discrimination entre des personnes qui ont fui la guerre au même moment".


Contacté au sujet du sort de ces étudiants, le ministère des Affaires étrangères n'a pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.