Une frappe meurtrière pulvérise l'accalmie à Mykolaïv

 La frappe a éventré l'imposant bâtiment de l'administration régionale de Mykolaïv, ouvrant un trou béant dans sa partie centrale. (AFP)
La frappe a éventré l'imposant bâtiment de l'administration régionale de Mykolaïv, ouvrant un trou béant dans sa partie centrale. (AFP)
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Publié le Mardi 29 mars 2022

Une frappe meurtrière pulvérise l'accalmie à Mykolaïv

  • Il s'agit a priori d'une frappe de missile, survenue à 08h50 (05h50 GMT), a précisé un porte-parole militaire, Dmitriy Pletenchuk. Tous les tués étaient des civils, a-t-il affirmé
  • L'attaque a rompu une relative accalmie dans le pilonnage de cette ville qui commande la route d'Odessa, le plus grand port ukrainien, dans le sud-ouest du pays

MYKOLAIV: La frappe a éventré l'imposant bâtiment de l'administration régionale de Mykolaïv, ouvrant un trou béant dans sa partie centrale. Après plusieurs jours de répit, l'attaque russe a surpris mardi au petit-déjeuner la population de cette ville clef du sud de l'Ukraine.

Douze personnes ont été tuées et 33 autres blessées, a annoncé dans la soirée les secours ukrainiens. Un précédent bilan donné par le parquet général faisait état de neufs morts et 28 blessés.

Dans l'après-midi, les pelles mécaniques déblayaient laborieusement le monticule de gravats mais les équipes de sauveteurs commençaient à quitter les lieux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit a priori d'une frappe de missile, survenue à 08h50 (05h50 GMT), a précisé un porte-parole militaire, Dmitriy Pletenchuk. Tous les tués étaient des civils, a-t-il affirmé.

Des journalistes de l'AFP ont vu deux corps évacués, ceux d'un homme en veste kaki et d'une femme âgée.

Des entrailles de l'édifice pendent des morceaux de plafond et des câbles arrachés.

Dans un coin du huitième et dernier étage, un bureau et des étagères semblent pratiquement intacts sur un bout de plancher encore accroché à la structure, tandis que tout le reste s'est effondré.

L'attaque a rompu une relative accalmie dans le pilonnage de cette ville qui commande la route d'Odessa, le plus grand port ukrainien, dans le sud-ouest du pays.

Depuis plusieurs jours déjà, la ligne de front s'est déplacée vers le sud-est, autour de Kherson, la seule ville importante dont la Russie a revendiqué la prise totale depuis le début de l'invasion le 24 février, désormais visée par une contre-offensive ukrainienne.

- Manière de "nous dire bonjour" -

Les Russes "ont compris qu'ils ne pourraient pas prendre Mykolaïv et ont décidé de me dire bonjour, de nous dire bonjour à tous", a ironisé sur sa page Facebook le gouverneur régional, Vitaly Kim, dont le bureau a été touché.

Dans le complexe d'habitations jouxtant le siège de l'administration secoué par l'explosion, des habitants, certains encore en pyjama ou en chemise de nuit, se donnent des nouvelles et constatent les dégâts.

Dans la cour commune à cet ensemble d'immeubles, une femme en peignoir turquoise demande à ses voisins s'ils ont vérifié leur toiture.

Plus près du bâtiment visé, Yelena Dolguikh, 65 ans, est descendue précipitamment en pantoufles, avec son petit chien et sous le bras un sac en plastique contenant des documents.

"J'étais en train de préparer le petit-déjeuner", raconte-t-elle, "je suis descendue comme j'étais, j'ai juste pris mes papiers et emmené mon chien avec moi".

- "Se venger de la résistance" -

Une jeune femme, Svetlana Fedorenko, s'est coupé la main en ramassant le verre brisé de son balcon et de son salon cuisine, mais assure avoir "connu pire".

"Poutine est un salaud, un point c'est tout", assène Viktor Gaïvonenko, un voisin venu l'aider à nettoyer les débris, au sujet du président russe Vladimir Poutine.

"Poutine vise Zelensky et le gouverneur Kim parce qu'ils remontent le moral de la population et de nos soldats", estime Svetlana Fedorenko.

"Lui et ses sbires veulent se venger de la résistance de Mykolaïv qui les empêche de marcher sur Odessa", ajoute-t-elle.

"C'est effrayant. Nous avons eu de la chance ici, nous n'avons pas eu autant d'explosions dans le centre de la ville" que dans d'autres régions d'Ukraine, déclare Donald, un retraité canadien de 69 ans résidant dans le quartier.

Lundi, Mykolaïv célébrait le 78e anniversaire de sa libération par l'Armée rouge. Sur l'avenue centrale, le "monument aux tankistes libérateurs", sur lequel trône un char soviétique T-34/85 de la Deuxième Guerre mondiale, venait d'être refleuri.

"C'est le jour de la libération de Mykolaïv des envahisseurs fascistes. Et maintenant nous sommes en train de libérer la région des envahisseurs russes", soulignait Vitaly Kim, dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

"Nous avons chassé les nazis en 1944, nous ne laisserons aucune chance aux fascistes russes en 2022", renchérissait dans un communiqué lundi le ministère ukrainien de la Défense en référence à cet anniversaire, promettant aux envahisseurs "une mort sans gloire".


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.