Conférence de donateurs: l'ONU exhorte le monde à soutenir l'Afghanistan

L'ONU cherche à tripler le montant demandé en 2021, dans le plus grand appel de fonds jamais lancé pour un seul pays (Photo, AFP).
L'ONU cherche à tripler le montant demandé en 2021, dans le plus grand appel de fonds jamais lancé pour un seul pays (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Conférence de donateurs: l'ONU exhorte le monde à soutenir l'Afghanistan

  • L'ONU cherche à tripler le montant demandé en 2021, dans le plus grand appel de fonds jamais lancé pour un seul pays
  • L'Afghanistan est au bord de l'effondrement économique, et plus de 24 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire pour survivre

GENEVE: Les Nations unies ont exhorté le monde à soutenir l'Afghanistan, alors qu'une conférence virtuelle de donateurs a lieu jeudi pour tenter de mobiliser une aide humanitaire record de 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d'euros) en faveur du pays dévasté.

"L'Ukraine est d'une importance vitale, mais l'Afghanistan appelle notre âme à l'engagement et à la loyauté", a déclaré aux journalistes le coordinateur humanitaire des Nations unies, Martin Griffiths, depuis Kaboul.

L'ONU cherche à tripler le montant demandé en 2021, dans le plus grand appel de fonds jamais lancé pour un seul pays, mais n'a jusqu'à présent obtenu que 13% de la somme nécessaire. 

"Nous devons éviter le pire en Afghanistan et c'est pourquoi nous appelons les donateurs à se montrer généreux", a poursuivi diplomate britannique.

L'Afghanistan est au bord de l'effondrement économique, et plus de 24 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire pour survivre. 

Les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août, après le retrait précipité des forces étrangères dirigées par les États-Unis, et la crise humanitaire du pays s'est rapidement aggravée depuis.

Les talibans ont suscité la semaine dernière l'indignation en ordonnant la fermeture des écoles secondaires de filles quelques heures seulement après avoir autorisé leur réouverture pour la première fois depuis leur prise de pouvoir. 

Tout en condamnant ces fermetures, les Nations unies, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Qatar, qui co-organisent la conférence virtuelle des donateurs, ont insisté sur le fait que la communauté internationale ne devait pas abandonner le peuple afghan, dont 60% dépend de l'aide internationale. 

"Nous espérons vivement que ces positions seront abandonnées à court terme", a déclaré M. Griffiths, en espérant que la fermeture des écoles de filles ne limitera pas les promesses attendues de la conférence. 

Il a averti que les services de base comme la santé et l'éducation étaient désormais "à genoux", tandis que des millions de personnes n'avaient pas accès au travail et contractaient des prêts pour survivre, 80% des dépenses des ménages étant consacrées à la nourriture. 

Le pays subit en outre sa pire sécheresse depuis des décennies.

«Lueur d'espoir»

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed Al-Ansari, a déclaré qu'il était important pour les talibans d'entendre de la part du monde musulman que "les enseignements de l'islam ne confinent pas les femmes".

"Si nous comprenons qu'il peut être délicat d'appeler à s'engager en faveur de l'Afghanistan dans ce climat, nous soulignons également l'importance de ne pas isoler à nouveau l'Afghanistan. Cela légitime les positions radicales", a-t-il déclaré à la presse. 

"Nous devons condamner très fermement et parler très clairement aux talibans de toute violation des droits humains, mais nous ne devons pas non plus abandonner l'Afghanistan. Nous avons abandonné l'Afghanistan une fois, et nous savons quel en a été le résultat", a-t-il ajouté.

La conférence commence à 13H00 GMT avec un discours du Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, et devrait se terminer vers 17H00 GMT.

La Grande-Bretagne a annoncé qu'elle s'engageait à verser 380 millions de dollars au cours du prochain exercice financier, et qu'au moins 50% de cette aide serait destinée aux femmes et aux filles. 

M. Ansari a déclaré que l'objectif de la conférence était de donner aux Afghans "un espoir pour l'avenir" en se regroupant pour assurer la survie et le respect des droits de l'homme dans le pays. 

"L'Afghanistan peut être une cause perdue ou une lueur d'espoir", a-t-il déclaré. 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.