L'invasion de l'Ukraine par la Russie provoque un essor de l’immobilier en Turquie

Les Russes qui cherchent à contourner les sanctions occidentales et les Ukrainiens qui tentent de fuir la guerre sont à l'origine d'un essor de l’immobilier en Turquie. (Fichier/AFP)
Les Russes qui cherchent à contourner les sanctions occidentales et les Ukrainiens qui tentent de fuir la guerre sont à l'origine d'un essor de l’immobilier en Turquie. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

L'invasion de l'Ukraine par la Russie provoque un essor de l’immobilier en Turquie

  • La flambée de la demande russe et ukrainienne a fait tripler les prix de l'immobilier
  • L'accroissement des ventes aidera à compenser la perte des revenus touristiques dans le pays

ANKARA: Les Russes qui cherchent à contourner les sanctions occidentales et les Ukrainiens qui tentent de fuir la guerre sont à l'origine d'un essor de l’immobilier en Turquie, les prix dans certaines régions ayant plus que triplé ces dernières semaines.

Dans le cadre des sanctions imposées à la Russie, plusieurs banques du pays ont été exclues du système de messagerie Swift. Des oligarques proches du président Vladimir Poutine ont également été visés.

La Turquie n’est cependant pas associée aux sanctions financières occidentales, et n'a pas interrompu ses vols directs avec la Russie. Les Russes peuvent donc se construire une nouvelle vie en Turquie, avec leur argent, leur or et leurs cryptomonnaies.

Après les Iraniens et les Irakiens, les Russes sont les troisièmes acheteurs de propriétés turques. Selon les chiffres officiels, rien qu'en février, ils ont acheté 509 maisons, doublant presque le chiffre lors de la même période l'année dernière. Les Ukrainiens ont acheté 111 propriétés au cours du même mois.

Cette flambée d'intérêt pour l’immobilier a été signalée par le site Web immobilier turc Emlakjet.com. «Les demandes effectuées par les Russes ont augmenté de 61 % par rapport au mois précédent», affirme son PDG Tolga Idikat à Arab News.

«Le plus grand nombre de demandes d’immobilier par les Ukrainiens a eu lieu en février, lorsque la crise politique a atteint son apogée. Leur demande est principalement concentrée sur la station balnéaire d’Antalya, sur la Méditerranée, les Ukrainiens préférant les villas et les maisons individuelles», précise Idikat. 

Le nombre de demandes effectuées par les Russes en mars a plus que doublé d'une année à l'autre, tandis que celles effectuées par des Ukrainiens ont augmenté de 30%, selon Ie PDG d’ Emlakjet.com. 

L'augmentation de la demande a fait tripler les prix, qui sont désormais fixés en euros, les agents immobiliers prévoyant une pénurie de l'offre dans les mois à venir, ajoute-t-il. «Le nombre de maisons disponibles ne peut pas répondre à la demande, qui augmente de jour en jour. L'avantage dont bénéficient les investisseurs étrangers sur le niveau de la monnaie fait également monter les prix.»

Contrairement aux Russes, qui souhaitent essentiellement vivre en Turquie, les Ukrainiens recherchent des contrats à court terme, généralement pour environ trois ou quatre mois, car ils s'attendent à rentrer chez eux après la guerre, explique Tolga Idikat. 

Les destinations préférées des Russes sont Istanbul, Antalya, la ville d'Izmir, située à l’ouest, et la ville de Bursa, au nord-ouest. Ils recherchent des biens à acheter et à louer. Selon la loi turque, les Russes qui achètent une propriété d'une valeur de 250 000 dollars (environ 226 000 euros) et la conservent pendant au moins trois ans ont droit à un passeport turc. La chute de la livre turque attire également les acheteurs.

Actuellement, 30 000 Russes et 9 000 Ukrainiens vivent à Antalya, principalement dans les districts de Konyaalti et Manavgat.

En réponse à la flambée de la demande, plusieurs sites Web immobiliers, dont Emlakjet, font désormais la promotion de leurs propriétés directement auprès des acheteurs russes. «Bien que nous n'ayons pas encore fait de propositions particulières à l’intention des demandeurs de logement russes et ukrainiens, certains de nos collègues ont commencé à diffuser des annonces en russe», note Idikat.

La flambée des prix des logements est une aubaine pour la Turquie, qui pourrait perdre une partie de ses revenus touristiques à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le tourisme représente environ 3,8% du PIB du pays, et plus d'un quart de l’ensemble des visiteurs l'année dernière venaient de Russie (4,7 millions) et d'Ukraine (2,1 millions).

«La Turquie est très exposée aux chocs économiques causés par l'invasion de l'Ukraine par la Russie», soutient à Arab News Robert Mogielnicki, chercheur résident à l'Arab Gulf States Institute à Washington. Ainsi, une relance à court terme des marchés immobiliers pourrait aider à amortir cette phase économique difficile, conclut-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.