Le pape à Malte en «pélerin» de la paix et de l'accueil

Le pape François s'envole samedi pour une visite de deux jours dans l'archipel méditerrannéen de Malte (Photo, AFP).
Le pape François s'envole samedi pour une visite de deux jours dans l'archipel méditerrannéen de Malte (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 avril 2022

Le pape à Malte en «pélerin» de la paix et de l'accueil

  • Si le catholicisme est toujours inscrit dans la Constitution, la religion a subi ces dernières années un net recul
  • Sur le port de La Valette, les drapeaux jaune et blanc du Vatican flottent aux côtés de ceux de Malte

LA VALETTE: Le pape François est arrivé samedi à Malte pour une visite de deux jours dans l'archipel méditerrannéen de Malte, où il devrait renouveler ses appels à la paix et à l'accueil au moment où des millions d'Ukrainiens affluent en Europe.

L'avion du souverain pontife a atterri peu avant 10H00 (08H00 GMT) à l'aéroport de la capitale La Valette, selon les journalistes de l'AFP à bord. "Merci beaucoup de m’accompagner lors de ce voyage, qui est bref mais qui sera beau", a lancé le pape aux correpondants de presse.

François, 85 ans, prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique au palais présidentiel. L'après-midi, il rejoindra en catamaran Gozo (nord), l'une des trois îles habitées, où il présidera une prière au sanctuaire national de Ta'Pinu.

Diminué par des douleurs à la hanche et au genou, il a dû utiliser pour la première fois samedi une plateforme élévatrice pour monter à bord de son avion au départ de Rome.

Le pape François s'envole samedi pour une visite de deux jours dans l'archipel méditerrannéen de Malte (Photo, AFP).
Le pape François s'envole samedi pour une visite de deux jours dans l'archipel méditerrannéen de Malte (Photo, AFP). 

Après Jean Paul II en 1990 et 2001 et Benoît XVI en 2010, François est le troisième pape à visiter Malte. A la veille de sa visite, il s'est présenté en "pèlerin" marchant dans les pas de Saint Paul, patron de l'île, à la rencontre "d'une communauté chrétienne à l'histoire millénaire".

Si le catholicisme est toujours inscrit dans la Constitution maltaise, la religion a subi ces dernières années un net recul et le pape devrait encourager l'évangélisation dans un contexte de baisse des vocations.

S'exprimera-t-il en filigrane sur la corruption endémique qui frappe le pays? L'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia en 2017, qui a choqué le pays et le monde, a ravivé les accusations de laxisme autour de ce fléau.

Sur le port de La Valette, les drapeaux jaune et blanc du Vatican flottent aux côtés de ceux de Malte. "Bienvenue, Pape François", peut-on lire sur des affiches. Ce voyage, son 36e à l'étranger depuis son élection en 2013, verra le jésuite argentin retrouver sa traditionnelle "Papamobile" pour saluer la foule.

Sur les routes de l'ancienne colonie britannique, le visage souriant du Saint-Père a remplacé les affiches électorales installées pour le scrutin de la semaine dernière, à l'issue duquel le gouvernement travailliste a remporté un troisième mandat.

"Il est très admiré. Mais peut-être pas assez écouté... Il y a une grande différence entre l'admirer et appliquer ce qu'il dit", confie à l'AFP Simone Torpiano, retraité maltais de 80 ans.

"Il va nous dire d'être plus accueillant, particulièrement envers les migrants... Pour une petite île, nous faisons déjà beaucoup mais il y a parfois un air de racisme basé sur la couleur" de peau, déplore-t-il.

«Proche des gens»

"Je pense qu'il est plus aimé (que Benoît XVI) car il est beaucoup plus proche des gens", estime pour sa part Jane Bianco, employée de nettoyage de 60 ans, alors que des dizaines de personnes se sont activées ces derniers jours pour finaliser les préparatifs.

Situé entre la Sicile et la Tunisie, le plus petit Etat de l'Union européenne est une porte d'entrée en Europe des migrants sur la route de la Méditerranée. François, fervent défenseur des exilés et demandeurs d'asile, devrait y renouveler ses appels du pied à l'Europe, dans la lignée de son dernier voyage à Chypre et en Grèce.

"Malte est symbolique à plusieurs titres, (sa localisation) au barycentre de la Méditerranée, théâtre de la tragédie migratoire et pour l'île elle-même: une histoire de naufrages, de Saint Paul, de migrations, avec une symbolique religieuse très forte", explique à l'AFP Bernard Valero, ancien diplomate et expert du monde méditerranéen.

Dimanche, le chef des 1,3 milliard de catholiques se recueillera dans la grotte de Saint Paul - patron de l'île qui y fit naufrage en l'an 60, selon la tradition chrétienne - puis célèbrera la messe et l'Angelus à Floriana, près de La Valette, où quelque 10.000 fidèles sont attendus.

Il rencontrera aussi des migrants dans un centre d'accueil à Hal Far (sud). Lors de sa traditionnelle conférence de presse durant le vol le ramenant à Rome, il pourrait notamment s'exprimer sur la guerre en Ukraine, dont il a vivement dénoncé le "martyre".

François, opéré en 2021 du côlon et qui a annulé en février des engagements en raison d'une "douleur aiguë au genou", devait initialement se rendre à Malte en 2020, un voyage reporté du fait de la crise sanitaire.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.


Londres-Heathrow premier aéroport européen, Istanbul en embuscade

Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
Des voyageurs attendent dans le terminal 4 de l’aéroport de Heathrow, à l’ouest de Londres, le 20 septembre 2025. (AFP)
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  • Heathrow reste le premier aéroport européen en passagers en 2025, devançant de justesse Istanbul-IGA, dans un contexte de fréquentation record des aéroports européens
  • La croissance du trafic aérien est tirée par l’international, tandis que le trafic intérieur et les grands marchés d’Europe du Nord restent pénalisés par la fiscalité et un ralentissement structurel

PARIS: Londres-Heathrow est resté le premier aéroport européen en passagers l'année dernière, résistant de justesse au dynamisme d'Istanbul, sur fond de record absolu de fréquentation des plateformes du Vieux continent, a annoncé jeudi leur principale association.

Heathrow, l'un des six grands aéroports desservant la capitale britannique, a vu transiter 84,48 millions de voyageurs en 2025, une hausse de 0,7% sur un an, soit seulement 40.000 passagers de plus que le "hub" d'Istanbul (IGA) inauguré fin 2018 et dont la croissance annuelle a atteint 5,5%, a précisé ACI Europe.

Eurocontrol, organisme de surveillance du trafic aérien paneuropéen, avait placé le 23 janvier Istanbul-IGA en tête des aéroports du continent en 2025, par nombre de mouvements d'avions. Mais Heathrow, limité en créneaux de décollages et atterrissages, a tendance à accueillir davantage de gros porteurs.

La Turquie s'affirme de plus en plus comme une puissance du secteur aérien, grâce à sa position géographique stratégique, entre Europe et Asie, mais aussi comme plateforme de correspondance entre la Russie sous sanctions occidentales et le reste du monde.

Le deuxième aéroport d'Istanbul, Sabiha Gökçen, a vu sa fréquentation bondir de 16,7% l'année dernière, atteignant 48,4 millions de voyageurs, a remarqué ACI Europe.

Après Heathrow et IGA, le "Top 5" des aéroports européens est complété par Paris-Charles-de-Gaulle (72 millions de voyageurs), Amsterdam-Schiphol (68,8) et Madrid (68,1), a détaillé dans un communiqué ACI Europe, qui fédère plus de 600 installations de 55 pays.

Sur ce périmètre, l'association a relevé une croissance de la fréquentation de 4,4% sur un an, pour atteindre un record absolu de 2,6 milliards de passagers aériens. Les niveaux d'avant Covid avaient été dépassés dès 2024.

Cette croissance a été "entièrement soutenue par le trafic international, qui a progressé de 5,6%" l'année dernière, contre seulement 0,2% pour le trafic intérieur, un point faible de la reprise, en particulier dans les grands pays d'Europe du Nord.

En 2025, les aéroports britanniques, français et allemands ont connu une croissance plus basse que la moyenne, "en particulier à cause de fiscalités punitives" sur le secteur aérien, a dénoncé ACI Europe. La fréquentation des lignes intérieures en Allemagne et en France est inférieure de 48% et 27%, respectivement, à 2019.

Pour 2026, ACI Europe a jugé que la croissance du volume de passagers aériens allait se "normaliser" dans la zone après un fort rebond post-Covid, l'estimant à 3,3%.