Brésil: Bolsonaro et Lula déjà en mode campagne électorale

Le président brésilien Jair Bolsonaro prend la parole lors de la cérémonie d'investiture des nouveaux ministres au Palais du Planalto à Brasilia, le 31 mars 2022 (Photo, AFP).
Le président brésilien Jair Bolsonaro prend la parole lors de la cérémonie d'investiture des nouveaux ministres au Palais du Planalto à Brasilia, le 31 mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 avril 2022

Brésil: Bolsonaro et Lula déjà en mode campagne électorale

  • La probabilité d'un second tour Lula-Bolsonaro est de 95%, pour M. César
  • Selon le dernier sondage de l'institut Datafolha, Luiz Inacio Lula da Silva reste nettement en tête au premier tour du 2 octobre

BRASILIA: Il reste encore plus de quatre mois avant le début de la campagne officielle de la présidentielle d'octobre au Brésil, mais le président d'extrême droite Jair Bolsonaro et l'ex-chef d'Etat de gauche Lula sont déjà en mode campagne.

Aucun des deux favoris du scrutin qui s'annonce très polarisé ne s'est encore déclaré officiellement candidat. Et tous les deux tentent, tant bien que mal, de ne pas faire le pas au-delà de la ligne rouge qui les mettrait en infraction avec la législation électorale.

Car la loi interdit expressément aux futurs candidats d'appeler à voter pour eux ou contre leur adversaire et pose des limites strictes à la nature des rassemblements qui peuvent être organisés avant l'ouverture de la campagne elle-même.

"Officiellement, la campagne commence le 16 août", rappelle à l'AFP André César, politologue chez les consultants Hold. Mais d'ici là, Jair Bolsonaro et Lula "vont accélérer le rythme et nous allons voir une campagne (...) qui ne portera pas le nom de campagne".

La probabilité d'un second tour Lula-Bolsonaro est de 95%, pour M. César. Selon le dernier sondage de l'institut Datafolha, Luiz Inacio Lula da Silva reste nettement en tête au premier tour du 2 octobre, avec 43% des intentions de vote, devant le président Bolsonaro (26%). Aucun autre candidat ne dépasse le seuil des 10%.

Mais déjà, dans cette "non-campagne", les deux ennemis jurés ont assisté à moult meetings, inaugurations d'infrastructures ou rencontres avec des artistes, et ont accordé de nombreux entretiens aux médias. 

Tout en s'attaquant mutuellement et en affirmant l'un et l'autre être le meilleur choix pour "sauver" le Brésil.

«Lutte entre le bien et le mal»

Jair Bolsonaro, 67 ans, a multiplié ces derniers mois les inaugurations de ponts, routes, aéroports ou résidences dans différents Etats du pays -- avec une prédilection pour ceux du Nord-Est, fief historique de Lula -- et a lancé de nombreux projets d'aides sociales. Afin, disent ses détracteurs, de retirer un bénéfice politique de l'attribution des fonds publics.

Le week-end dernier, lors d'un rassemblement de son nouveau parti, le Parti libéral (PL, droite), il a déclaré que l'élection d'octobre était "une lutte entre le bien et le mal" que "nous allons remporter".

Lula, 76 ans, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature pour le Parti des travailleurs (PT), a participé de son côté mercredi à une rencontre avec des personnalités de la gauche ibéro-américaine sur le thème "Démocratie et égalité".

Ce meeting, devant une salle chauffée à blanc pleine d'étudiants de l'Université d'Etat de Rio de Janeiro (UERJ), s'est conclu par une ovation pour le retour au pouvoir de l'icône de la gauche brésilienne, l'ex-président aux deux mandats (2003-2010). 

C'est l'homme que "les démocrates, les progressistes du monde entier" espèrent voir de nouveau au Palais du Planalto, à Brasilia, a lancé l'ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, qui était présent.

«Sur le fil du rasoir»

Pour Michael Freitas Mohallem, professeur de droit, "la principale restriction de la loi (électorale) c'est qu'ils ne peuvent pas se déclarer candidat ni appeler à voter pour eux. C'est une restriction formelle très facile à dépasser".

Mais "Lula et Bolsonaro sont sur le fil du rasoir en permanence, car la justice électorale est vigilante (...) dans ce climat de campagne anticipée", tempère M. César.

Dimanche dernier, M. Bolsonaro devait annoncer sa candidature à Brasilia et, partant, lancer sa campagne mais le PL a dû, par crainte de sanction, reformuler l'énoncé de son rassemblement en en faisant un meeting d'adhésions de nouveaux membres. Et le président a dû renoncer à sa déclaration de candidature.

Un député a aussi tenté, mais sans succès, de faire interdire le rassemblement ibéro-américain de Lula.

Le parti de Jair Bolsonaro a obtenu du Tribunal supérieur électoral (TSE) qu'il annule des manifestations politiques lors d'un festival le week-end dernier à Sao Paulo. La chanteuse queer Pabllo Vittar y avait brandi une banderole avec le visage de Lula et d'autres artistes avaient critiqué Jair Bolsonaro.

Devant l'avalanche de protestations contre "la censure", le PL avait retiré sa demande et le TSE s'était rétracté.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"