Ukraine: des corps éparpillés jonchent une rue à Boutcha

Un homme marche avec des sacs de nourriture donnés à l'armée ukrainienne à Bucha, au nord-ouest de Kiev, le 2 avril 2022 (Photo, AFP).
Un homme marche avec des sacs de nourriture donnés à l'armée ukrainienne à Bucha, au nord-ouest de Kiev, le 2 avril 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 03 avril 2022

Ukraine: des corps éparpillés jonchent une rue à Boutcha

  • Les corps, apparemment des hommes, sont éparpillés sur plusieurs centaines de mètres
  • Boutcha et la ville voisine d'Irpin ont été le théâtre de certains des combats les plus féroces

BOUTCHA, Ukraine : Certains ont les yeux ouverts face au ciel gris, d'autres le visage contre le goudron, tous portent des vêtements civils et chacun a sa propre posture dans le trépas. Une vingtaine d'hommes gisent samedi dans une rue de Boutcha, comme le constate un journaliste de l'AFP.

Les corps, apparemment des hommes, sont éparpillés sur plusieurs centaines de mètres, sans qu'on puisse dans l'immédiat déterminer la cause de leur mort, mais une personne présente une large blessure à la tête.

"Toutes ces personnes ont été abattues, tuées, d'une balle à l'arrière de la tête", assure à l'AFP Anatoly Fedoruk, le maire de cette ville située au nord-ouest de Kiev, et que les soldats ukrainiens viennent de reprendre aux forces russes.

L'un des hommes a les mains liées dans le dos avec un morceau de tissu blanc, un passeport ukrainien ouvert posé sur le sol à côté.

Il y a des corps un peu partout dans la ville, devant la station ferroviaire ou sur tel ou tel bas-côté, mais la violence qui surgit de la scène de cette rue présente un caractère systématique.

Seize de la vingtaine de cadavres sont allongés sur le trottoir ou sur le bord du trottoir. Trois sont au milieu de la chaussée et un autre dans la cour d'une maison. Un autre est à côté d'une voiture abandonnée, et deux autres encore gisent près de bicyclettes - l'un, gants orange et cagoule noire, est couché sur le flanc avec son vélo sur lui, comme s'il était tombé et ne pouvait pas se relever.

La peau des visages présente un aspect cireux, laissant penser que les cadavres sont là depuis au moins plusieurs jours.

Ville dévastée

Les horreurs de la guerre sont tellement entrées dans le quotidien à Boutcha que les derniers habitants passent devant les corps sans même leur jeter un regard.

Ces derniers jours, les forces russes se sont retirées de plusieurs localités proches de la capitale après l'échec de leur tentative de l'encercler. Elles quittent les régions de Kiev et de Tcherniguiv, dans le nord de l'Ukraine, avec pour objectif de se redéployer vers l'est.

L'Ukraine a annoncé que Boutcha avait été "libérée", mais cette ville a été dévastée par les combats: les journalistes de l'AFP ont pu y voir des trous béants provoqués par des obus dans des immeubles d'habitation et de nombreuses carcasses de voitures.

Illustration de la dureté des combats qui s'y sont déroulés, cette rue de Boutcha est jonchée de débris et de lignes électriques abattues. Des supermarchés, des cafés et des maisons sont brûlés ou détruits, le toit d'une église est endommagé. Seul un McDonald's semble avoir été épargné.

Toutes les habitations à proximité semblent désertes. 

Une voiture de couleur argentée est couverte d'impacts de balles, une autre partiellement écrasée, tandis qu'une camionnette calcinée se trouve près de plusieurs corps. "Voilà les conséquences de l'occupation russe", lâche le maire.

Boutcha et la ville voisine d'Irpin ont été le théâtre de certains des combats les plus féroces depuis que la Russie a attaqué l'Ukraine le 24 février, quand les soldats russes tentaient d'encercler Kiev. 

Ces deux cités naguère verdoyantes ont résisté, mais le prix payé a été terriblement élevé et la plupart des habitants ont fui les bombardements incessants et les attaques à la roquette.

«Encore très effrayés»

Les forces ukrainiennes n'ont pu complètement pénétrer qu'il y a un ou deux jours dans Boutcha, qui était inaccessible depuis près d'un mois et privée de toute aide.

Elles ont commencé samedi leurs premières livraisons de produits de première nécessité, répondant à l'urgence, et les morts doivent rester sans sépulture pendant un certain temps encore.

Des soldats ukrainiens distribuent nourriture et médicaments aux habitants à l'arrière d'un camion militaire vert. Un corps gît sous un drap, à une centaine de mètres seulement.

Les habitants de Boutcha sont "encore très effrayés, encore choqués", observe Yuriy Biriukov, un membre de l'équipe volontaire de défense territoriale de l'Ukraine qui supervise l'opération d'aide.

"Les civils ordinaires ne peuvent même pas imaginer les conditions dans lesquelles ils ont vécu pendant ce mois, avec l'artillerie, sans approvisionnement, sans aucune possibilité de sortir", ajoute-t-il.

Un résident a montré à l'AFP ce qu'il a présenté comme une tombe, surmontée d'une croix de bois verte, dans le jardin arrière d'une maison, où quatre personnes dont un enfant ont été enterrées.

Les personnes qui sont restées à Boutcha sont pour la plupart âgées. Un groupe de seniors est d'ailleurs rassemblé à une soupe populaire en plein air, autour d'un poêle de fortune, à côté d'une voiture Lada jaune aux pneus crevés.

Ils racontent que des soldats russes ont fait irruption dans les appartements du dernier étage de leur immeuble datant de l'ère soviétique, ont volé des objets et ont demandé à une femme âgée si elle avait des armes.

Ils disent aussi avoir compté, mardi, plus de 70 véhicules blindés russes en train de quitter la ville en roulant dans la direction opposée à celle de Kiev. Et les bombardements ont cessé jeudi.

"S'il y a la paix, tout sera merveilleux", veut croire Nadia Protopopova, 82 ans.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Short Url
  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Short Url
  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.