Kim Jong montre un nouveau visage

Le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de son allocution (Photo, STR/KCTV/AFP).
Le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de son allocution (Photo, STR/KCTV/AFP).
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Publié le Mercredi 14 octobre 2020

Kim Jong montre un nouveau visage

  • Kim Jong Un a chaleureusement remercié le peuple et l'armée pour leur loyauté, mais leur a aussi souhaité une bonne santé dans le contexte de la pandémie
  • « Je promets solennellement à nouveau, ici, de me montrer digne de la confiance du peuple, sans faute, même si mon corps devait être déchiré en lambeaux. »

SÉOUL: Sourires, larmes, repentir... Kim Jong Un, qui règne à Pyongyang d'une main de fer depuis près de dix ans, cherche selon plusieurs experts à montrer un visage nouveau, celui d'un dirigeant humain qui se préoccupe aussi de son peuple.

Lors du défilé géant au cours duquel le régime a exhibé samedi à Pyongyang ses plus gros missiles intercontinentaux, la voix du leader nord-coréen a quelque peu tremblé quand il a évoqué ses « larmes de gratitude » à l'égard de sa population.

Il a chaleureusement remercié le peuple et l'armée pour leur loyauté, mais leur a aussi souhaité une bonne santé dans le contexte de la pandémie, soutenant qu'il n'y avait pas un seul cas dans son pays.

Le régime reclus a pris des mesures drastiques pour se protéger, en fermant notamment en janvier ses frontières, une décision qui a probablement aggravé l'impact sur la population des sanctions internationales décidées pour contraindre le Nord à renoncer à ses programmes militaires interdits.

Retransmis en différé, le discours avait fait l'objet d'un savant montage, les réalisateurs choisissant notamment de montrer le public juste après que Kim eut salué les efforts des volontaires mobilisés lors des catastrophes naturelles. Et quand l'image revint sur le leader, on le vit baisser un mouchoir et remettre ses lunettes, comme s'il venait de s'essuyer les yeux.

« Soigneusement calibré »

Kim est même allé jusqu'à présenter ses excuses à ceux qu'il aurait déçus : « Notre peuple a décidé de m'accorder une confiance totale, aussi haute que le ciel, aussi profonde que la mer, mais je n'ai pas été à la hauteur. »

« Je suis vraiment désolé pour ça », a-t-il poursuivi selon le texte repris par l'agence officielle KCNA.

C'était la seconde fois en quelques semaines qu'il se fendait d'excuses. 

Fin septembre, la présidence sud-coréenne avait dit avoir reçu du Nord une lettre dans laquelle Kim Jong Un se disait « profondément désolé » après le meurtre dans ses eaux d'un Sud-Coréen.

Samedi, le dirigeant s'est engagé à faire mieux : « Je promets solennellement à nouveau, ici, de me montrer digne de la confiance du peuple, sans faute, même si mon corps devait être déchiré en lambeaux. »

On pourrait juger cette déclaration cohérente avec les canons d'une dynastie qui, depuis 70 ans, affirme se sacrifier pour son peuple.

Mais la reconnaissance, par Kim Jong Un de sa propre faillibilité contraste totalement avec la propagande nationale de l'époque de son grand-père, Kim Il Sung, le fondateur du régime, et de son père Kim Jong Il.

Kim Jong Un a cherché, depuis son arrivée au pouvoir, à se démarquer du culte de la personnalité. Preuve en est, ses portraits sont très rares.

Pour l'ancienne analyste du gouvernement américain Rachel Lee, ce défilé s'est « éloigné de la norme », d'une part parce qu'il a eu lieu en nocturne, de l'autre parce que Kim Jong Un s'est affranchi des formules orthodoxes convenues.

Son allocution, « consacrée au peuple », a ainsi été « soigneusement calibrée pour paraître sincère et accessible », dit-elle.

« Larmes de crocodile »

« Il n'a pas suivi le plan classique consistant à aborder les questions idéologiques avant d'ouvrir sur les défis à venir », explique-t-elle

« Cela illustre un changement de stratégie en matière de propagande. Il s'agit de faire passer ses messages de façon plus distrayante et compréhensible. »

Les questions sur la sincérité de la manœuvre sont légitimes.

Kim « est un homme politique, ce qui signifie qu'il est un bon acteur », rappelle Andrei Lankov, du Korea Risk Group.

S'il prête au leader nord-coréen une certaine sincérité, il observe que « la survie du régime sera toujours pour lui plus importante que celle de pauvres paysans des provinces reculées. » « La priorité, ce sont les missiles, mais cela ne signifie pas qu'il oublie les paysans », dit-il

Depuis 2011, un formidable coup d'accélérateur a été donné dans les programmes nucléaire et balistique du Nord. D'où les sanctions internationales toujours plus dures.

Mais son isolement international et ses difficultés économiques sont bien plus anciennes.

Ancienne analyste à la CIA, Soo Kim avance que Kim pourrait « utiliser les larmes pour compenser ses échecs vis-à-vis de son peuple ».

Et elle est convaincue que cette stratégie sera payante.

« Il est capable de se poser en leader bienveillant dont les larmes disent la tristesse et la douleur », observe-t-elle. « On s'attend, bien sûr, à ce que la population y croit. »

Au Sud, le quotidien JoongAng Daily s'est empressé dans un éditorial de dénoncer « les larmes de crocodile » de Kim.

La preuve, selon le journal : « Kim Jong Un, tout à coup, est devenu euphorique quand sont apparus dans le défilé les missiles balistiques intercontinentaux. »


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"