Ukraine, Oscars, Batiste, hommage aux morts: les temps forts des 64e Grammy Awards

La jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que «révélation de l'année». (AFP)
La jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que «révélation de l'année». (AFP)
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Publié le Mardi 05 avril 2022

Ukraine, Oscars, Batiste, hommage aux morts: les temps forts des 64e Grammy Awards

  • Eilish, Bieber et Lil Nas X figuraient parmi les principaux candidats de la soirée en termes de nominations mais sont repartis bredouilles, malgré des performances mémorables sur scène
  • Si Olivia Rodrigo a bien été sacrée «révélation de l'année», un prix très convoité pour lancer une carrière, elle n'a pas réussi le grand chelem dans les quatre catégories majeures que certains lui prédisaient

La guerre en Ukraine, la gifle de Will Smith aux Oscars, le triomphe du musicien virtuose Jon Batiste, l'hommage aux disparus et l'échec de Barack Obama ont dominé dimanche la 64e édition des Grammy Awards à Las Vegas, la grande fête de l'industrie musicale américaine.

Gifle aux Oscars, humour aux Grammys

L'histoire se répète rarement. Mais la gifle décochée le 27 mars à la cérémonie des Oscars à Hollywood par la superstar Will Smith à l'humoriste Chris Rock était dans tous les esprits quand a commencé la soirée des Grammy Awards. Le présentateur, le comique sud-africain Trevor Noah, n'a pas résisté: "Nous allons écouter de la musique, danser, chanter, garder les noms des gens en dehors de nos bouches...", a-t-il lancé dans une allusion transparente au désormais mémorable "Laisse le nom de ma femme hors de ta putain de bouche!" hurlé par Smith à Rock après l'avoir giflé sur scène pour une mauvaise plaisanterie sur les cheveux de son épouse.

De même le musicien hip-hop Ahmir Questlove Thompson a mis les rieurs de son côté avant d'annoncer le lauréat de la chanson de l'année: "Je m'apprête à présenter cette récompense et je vous fais confiance pour rester à 500 pieds (150 mètres) de moi". C'est ce même Questlove, oscarisé dimanche dernier pour son documentaire "Summer of Soul" qui avait reçu sa récompense juste après la gifle de Smith à Rock.  

Grammy Awards: le président ukrainien Zelensky apparaît sur une vidéo enregistrée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est intervenu dimanche via une allocution enregistrée lors de la 64e édition des Grammy Awards, équivalent des Oscars pour la musique américaine, pour demander le soutien à son pays, en proie à une invasion de la Russie.

"La guerre. Qu'est-ce qui est l'exact opposé de la musique ? La silence des villes en ruines et des gens tués", a lancé le président Zelensky avec son habituel t-shirt kaki, avant une performance de John Legend, rejoint sur scène par des artistes ukrainiens, Mika Newton et Lyuba Yakimchukt.

"Nos musiciens portent des gilets pare-balles au lieu de smokings. Ils chantent pour les blessés dans les hôpitaux, même pour ceux qui ne peuvent les entendre. Mais la musique se fera entendre malgré tout", a poursuivi M. Zelensky.

"Nous défendons notre liberté de vivre, d'aimer, de nous faire entendre. Sur notre terre, nous combattons la Russie porteuse d'un horrible silence avec ses bombes. Un silence de mort. Remplissez ce silence avec votre musique", a exhorté le chef de l'Etat ukrainien.


"Dites la vérité sur la guerre sur vos réseaux sociaux, à la télé. Soutenez-nous de toutes les manières possibles, toutes sauf le silence. Et après viendra la paix", a-t-il poursuivi.

Batiste, musicien «spirituel»

La musique, "c'est plus qu'un divertissement pour moi, c'est une pratique spirituelle", a lancé tout sourire le musicien touche-à-tout Jon Batiste en recevant son cinquième Grammy Award le plus prestigieux, celui de l'album de l'année.


Pianiste virtuose mais aussi multi-instrumentiste, chef d'orchestre, militant anti-raciste, compositeur oscarisé, ce jazzman surdoué a dynamisé le MGM Grand Garden Arena en déclarant que "les arts créatifs sont subjectifs et (qu') ils touchent les gens à un moment de leur vie où ils en ont le plus besoin".

Grammy Awards: les principaux vainqueurs de la 64ème édition

Avec cinq trophées, dont celui de l'album de l'année, le jazzman touche-à-tout Jon Batiste est arrivé en tête de la 64e édition des Grammy Awards organisé dimanche à Las Vegas.


Le projet rétro Silk Sonic, porté par Bruno Mars et Anderson Paak, a remporté quatre prix au total, dont les trophées convoités de la chanson de l'année et de l'enregistrement de l'année, tandis que la jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que "révélation de l'année".

Album de l'année -"We Are" — Jon Batiste 

Enregistrement de l'année, attribué pour la performance globale d'un titre -"Leave The Door Open" — Silk Sonic

Chanson de l'année, attribuée aux auteurs et compositeurs -"Leave The Door Open" — Brandon Anderson, Christopher Brody Brown, Dernst Emile II & Bruno Mars, auteurs (Silk Sonic) 

Révélation de l'année -Olivia Rodrigo 

Meilleur clip vidéo -"Freedom" — Jon Batiste 

Meilleur album de rap -"Call Me If You Get Lost" — Tyler, The Creator 

Meilleure performance de rap -"Family Ties" — Baby Keem Featuring Kendrick Lamar 

Meilleur album de rock -"Medicine At Midnight" - Foo Fighters  

Meilleur album de pop vocale -"Sour" — Olivia Rodrigo

Meilleure performance pop en solo -"drivers license" - Olivia Rodrigo

Meilleur album de musique du monde -"Mother Nature" - Angélique Kidjo

Meilleur clip vidéo -"Freedom" - Jon Batiste

Hommage aux disparus

Un peu de réconfort pour le groupe de rock américain Foo Fighters qui a perdu brutalement fin mars son batteur Taylor Hawkins, mort à l'âge de 50 ans: trois Grammy Awards et une très belle interprétation sur scène de "Happier Than Ever" par la star de la pop Billie Eilish vêtue d'un long t-shirt à l'effigie du musicien disparu. Taylor Hawkins, décédé dans un hôtel de Bogota et dont l'analyse toxicologique de son organisme a révélé la présence de THC (cannabis), d'antidépresseurs et d'opiacés, a eu aussi droit à l'hommage de sa profession dans la longue liste des disparus de l'année passée dans l'industrie musicale.

Le jazzman Jon Batiste et les inattendus Silk Sonic triomphent aux Grammy Awards

L'éclectique jazzman afro-américain Jon Batiste et l'inattendu projet rétro Silk Sonic, porté par Bruno Mars, ont triomphé dimanche aux Grammy Awards, équivalent des Oscars pour la musique américaine.

Autre moment fort en émotions de cette soirée, l'apparition du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a demandé aux artistes et au monde de soutenir son pays envahi par la Russie.

Signe avant-coureur de leur succès, la soirée de gala de la 64e édition, déplacée de Los Angeles à Las Vegas pour cause de pandémie de Covid-19, s'était ouverte en début de soirée avec une performance toute en énergie de Silk Sonic.

Fine moustache pour Bruno Mars, déconcertante perruque au bol rappelant Mireille Mathieu pour Anderson .Paak, les deux hommes au coeur de ce projet inspiré des sons, paillettes et cols pelle à tarte des années 1970, sont revenus sur scène un peu plus tard pour recevoir le prix convoité de la "chanson de l'année".

Le public du MGM Grand Garden Arena les retrouvait encore un peu plus tard pour l'"enregistrement de l'année", une autre catégorie majeure des Grammy Awards.

"On fait tout notre possible pour rester humbles à ce stade, mais dans le métier, on appelle ça une victoire écrasante", a déclaré Anderson Paak. "On vous aime tous. C'est Silk Sonic qui paye la tournée ce soir", a-t-il lancé à ses adversaires malheureux.

Jon Batiste s'est montré plus élégant après avoir reçu le Grammy Award de l'album de l'année, considéré comme la récompense suprême de l'industrie musicale américaine.

"J'en suis profondément convaincu, il n'y a pas de meilleur artiste, de meilleur musicien, de meilleur danseur, de meilleur acteur. Les arts créatifs sont subjectifs et ils touchent les gens à un moment de leur vie où ils en ont le plus besoin", a lancé le musicien virtuose en recevant son prix, le cinquième de la journée.

Jon Batiste, 35 ans, était le grand favori de la soirée avec onze nominations. Il a notamment été récompensé pour la musique du film d'animation "Soul" qui lui avait valu un Oscar en 2021, mais il concourait dans presque tous les styles (R&B, jazz, classique, etc.)

«Le silence des villes en ruines»
Autre favorite, la jeune Olivia Rodrigo a vécu une soirée en demi-teinte. Si elle a bien été sacrée "révélation de l'année", un prix très convoité pour lancer une carrière, elle n'a pas réussi le grand chelem dans les quatre catégories majeures que certains lui prédisaient, comme Billie Eilish voici deux ans.

L'artiste de 19 ans révélée par Disney Channel a aussi reçu le prix de la "meilleure performance pop solo" pour son titre "Drivers licence", l'emportant face à des pointures comme Justin Bieber, Billie Eilish, Ariana Grande et Brandi Carlile.

Eilish, Bieber et Lil Nas X figuraient parmi les principaux candidats de la soirée en termes de nominations mais sont repartis bredouilles, malgré des performances mémorables sur scène.

Lady Gaga aussi assuré le spectacle en interprétant plusieurs chansons de "Love for Sale", son album en duo avec Tony Bennett, qui l'a présentée dans un court message vidéo.

Doja Cat a sauvé la mise en remportant le Grammy de la meilleure performance pop en duo, grâce à sa collaboration avec la chanteuse SZA sur le tube "Kiss Me More", mélange acidulé particulièrement réussi entre pop et rap saupoudrés de paillettes disco.

Le fantasque Kanye West était aussi en lice avec son album "Donda", dont deux titres ont été primés dimanche après-midi dans la catégorie rap, "Hurricane" et "Jail".

L'artiste n'avait visiblement pas fait le déplacement à Las Vegas. Il devait initialement se produire sur scène mais les organisateurs lui avaient fait savoir qu'il n'était plus le bienvenu. En cause: des attaques sur les réseaux sociaux contre l'humoriste Pete Davidson, en couple avec son ex-femme Kim Kardashian, et contre l'animateur de la soirée Trevor Noah qui ont valu à "Ye" une brève suspension d'Instagram.

Côté rockeurs, les Foo Fighters ont remporté les trois prix pour lesquels ils étaient en lice, une semaine après la mort soudaine de leur batteur Taylor Hawkins en Colombie, peu avant un concert.

Le groupe de Dave Grohl, l'ex-batteur de Nirvana, a reçu les Grammys du meilleur album de rock, de la meilleure chanson rock et de la meilleure performance rock.

Pas de troisième Grammy pour Obama

L'ancien président Barack Obama ne pourra pas, selon la Constitution des Etats-Unis, faire de troisième mandat. Et il n'a pas réussi non plus à décrocher un troisième Grammy dans la catégorie du meilleur album parlé et livre audio. Déjà récompensé en 2006 et 2008, il concourait pour la version audio de ses mémoires, "A Promised Land (Une terre promise)" mais s'est fait battre par l'acteur Don Cheadle (War Machine dans la saga "Avengers") auteur de "Carry On: Reflections for a New Generation from John Lewis".


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.


La nouvelle saison de l’IMA démarre, par un événement dédié au mariage dans le Maghreb

La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
La présidente de l'IMA, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu de la saison 2026/2027, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes. (Photo Arlette Khouri)
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  • Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026/2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large qui est de faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant, et tourné vers les nouvelles générations
  • Sous l’impulsion de Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures

PARIS: Le 4 juillet prochain, les rues de Paris, ou du moins celles reliant l’Institut du monde arabe (IMA) au Grand Palais, deux bâtiments emblématiques de la capitale française, vibreront au rythme du Maghreb.

Des voitures de mariage décorées selon les traditions des différents pays du Maghreb sillonneront les rues reliant les deux institutions ainsi que celles de plusieurs communes périphériques, avec à la clé des cérémonies de henné, de la musique orientale et des concerts de youyous.

C’est l’innovation la plus originale et la plus cocasse de la saison 2026-2027 de l’IMA, dont la présidente, Anne-Claire Legendre, a dévoilé le contenu, conçu « sous le signe de la jeunesse », selon ses termes.

Un événement festif

Il s’agit d’un événement festif, reflet des joies de la vie réelle, imaginé par Mohamed Bourouissa, plasticien algérien qui s’est inspiré des rituels du mariage pour concevoir une création mêlant mémoire, musique et célébration collective.

Au-delà de cette parade spectaculaire, la saison 2026-2027 de l’Institut du monde arabe s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’institution un lieu pleinement ouvert, vivant et tourné vers les nouvelles générations.

Sous l’impulsion d’Anne-Claire Legendre, cette programmation entend conjuguer héritage et création contemporaine, transmission et innovation, dans un dialogue constant entre les cultures.

Dès l’été, l’IMA investira son vaste parvis, conçu par Jean Nouvel, en le transformant en un espace de convivialité accessible à tous, avec du mobilier urbain, une offre de restauration légère et des espaces de détente invitant les visiteurs à s’approprier ce lieu comme un véritable espace de rencontre.

Ce dispositif s’accompagnera d’une programmation estivale riche, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, revisitée à travers une création poétique et musicale inspirée de l’écrivain libanais Gibran Khalil Gibran.

L’été sera également rythmé par une offre renforcée de médiation culturelle, ouverte dès le plus jeune âge. Des ateliers de calligraphie, des contes, des carnets de voyage ou encore des stages linguistiques viendront compléter cette volonté d’ancrer l’IMA dans une dynamique familiale.

La promenade du « Paris arabe historique », organisée chaque semaine, prolongera cette immersion en dehors des murs de l’institution.

Mais au cœur de la saison, un premier grand axe intitulé « Héritage et circulation » mettra en lumière les continuités culturelles entre passé et présent.

Trois expositions majeures

Trois expositions majeures structureront cette réflexion. La première, consacrée aux rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains.

Des costumes, des objets et des témoignages constitueront le socle d’une programmation de débats et de rencontres autour des réalités sociales du mariage.

IMA
L'exposition sur les rituels du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, prolongera la parade inaugurale en explorant les traditions et leur réinterprétation par des artistes contemporains. (Photo Arlette Khouri)

Une seconde exposition immersive plongera les visiteurs dans les splendeurs de l’Alhambra. À travers objets, reconstitutions et dispositifs sensoriels, elle offrira une exploration des arts nasrides, de la calligraphie aux jeux d’eau en passant par les motifs géométriques.

Enfin, une troisième exposition, en partenariat avec l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, rappellera l’urgence de préserver les sites culturels menacés, de Mossoul à Alep, en passant par Beyrouth.

Dans cette même logique de transmission, l’IMA valorisera sa riche photothèque, forte de plus de 86 000 clichés, dont une sélection consacrée à la Palestine. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de numérisation et d’accessibilité du patrimoine.

Parallèlement, la saison fera la part belle aux « nouvelles scènes » du monde arabe. Littérature, poésie, musique, cinéma, design et mode seront réunis dans une programmation foisonnante.

Une semaine dédiée à la langue arabe, en décembre, mettra à l’honneur auteurs, traducteurs et éditeurs, tandis que le Prix de la littérature arabe gagnera en visibilité, notamment auprès des lycéens.

La poésie occupera une place centrale, avec des rencontres régulières et un événement inédit, « Poésie sous les étoiles », parrainé par le grand poète Adonis, qui mettra en lumière une nouvelle génération de poétesses.

Côté musique, l’IMA poursuivra son exploration des traditions arabo-andalouses sous la houlette de l’ancien ambassadeur François Gouyette, tout en lançant un nouveau festival, « Arab Touch », consacré aux expressions contemporaines, du rap à l’électro.

Le cinéma constituera également un pilier de cette saison, avec des avant-premières régulières et de nouveaux partenariats, notamment autour de l’adaptation d’œuvres littéraires.

Le spectacle vivant ne sera pas en reste, avec le retour du festival « L’IMA fait son festival » et une programmation mêlant théâtre, danse et humour.

Les figures marquantes seront également à l’honneur avec l’inauguration de la bibliothèque Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine, ainsi qu’une soirée dédiée au musicien Ziad Rahbani, avec la participation de Toufic Farroukh, son ami de longue date et musicien lui aussi.

Dans le domaine des industries créatives, l’IMA renforcera sa présence lors des grands rendez-vous parisiens. Prix du design, prix de la mode et lancement d’un prix d’art contemporain du monde arabe témoigneront de cette volonté de soutenir les talents émergents et de créer des passerelles professionnelles.

La langue arabe

Troisième pilier de la saison, la « Fabrique des savoirs » proposera un éclairage sur les grandes questions historiques et contemporaines. Les Journées de l’histoire seront consacrées aux sciences arabes, tandis que des débats aborderont les enjeux géopolitiques et sociétaux actuels.

Mais c’est l’attention portée à la jeunesse qui constitue la véritable nouveauté de cette saison. Pour la première fois, une exposition entièrement dédiée aux enfants permettra de découvrir le monde arabe de manière ludique et pédagogique.

Des projets participatifs, notamment avec le dramaturge et ancien directeur du Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, offriront aux jeunes un espace d’expression et de réflexion.

Cette ouverture se veut également sociale et territoriale. L’IMA multipliera les actions en direction des publics éloignés, notamment à travers des programmes d’art-thérapie ou des dispositifs adaptés aux personnes en situation de handicap.

Enfin, la question de la langue arabe occupe une place stratégique dans cette programmation. L’IMA ambitionne de contribuer à son enseignement à l’échelle nationale en proposant des formations certifiées et en accompagnant les bibliothèques dans le développement de fonds en langue arabe.

Plus que jamais, affirme Anne-Claire Legendre, l’Institut entend être « ce lieu singulier où les récits se croisent sans se confondre » et où la culture « fait ce qu’elle sait faire le mieux : maintenir vivant ce qui nous relie », en dépit des vents contraires.