Ukraine, Oscars, Batiste, hommage aux morts: les temps forts des 64e Grammy Awards

La jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que «révélation de l'année». (AFP)
La jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que «révélation de l'année». (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 05 avril 2022

Ukraine, Oscars, Batiste, hommage aux morts: les temps forts des 64e Grammy Awards

  • Eilish, Bieber et Lil Nas X figuraient parmi les principaux candidats de la soirée en termes de nominations mais sont repartis bredouilles, malgré des performances mémorables sur scène
  • Si Olivia Rodrigo a bien été sacrée «révélation de l'année», un prix très convoité pour lancer une carrière, elle n'a pas réussi le grand chelem dans les quatre catégories majeures que certains lui prédisaient

La guerre en Ukraine, la gifle de Will Smith aux Oscars, le triomphe du musicien virtuose Jon Batiste, l'hommage aux disparus et l'échec de Barack Obama ont dominé dimanche la 64e édition des Grammy Awards à Las Vegas, la grande fête de l'industrie musicale américaine.

Gifle aux Oscars, humour aux Grammys

L'histoire se répète rarement. Mais la gifle décochée le 27 mars à la cérémonie des Oscars à Hollywood par la superstar Will Smith à l'humoriste Chris Rock était dans tous les esprits quand a commencé la soirée des Grammy Awards. Le présentateur, le comique sud-africain Trevor Noah, n'a pas résisté: "Nous allons écouter de la musique, danser, chanter, garder les noms des gens en dehors de nos bouches...", a-t-il lancé dans une allusion transparente au désormais mémorable "Laisse le nom de ma femme hors de ta putain de bouche!" hurlé par Smith à Rock après l'avoir giflé sur scène pour une mauvaise plaisanterie sur les cheveux de son épouse.

De même le musicien hip-hop Ahmir Questlove Thompson a mis les rieurs de son côté avant d'annoncer le lauréat de la chanson de l'année: "Je m'apprête à présenter cette récompense et je vous fais confiance pour rester à 500 pieds (150 mètres) de moi". C'est ce même Questlove, oscarisé dimanche dernier pour son documentaire "Summer of Soul" qui avait reçu sa récompense juste après la gifle de Smith à Rock.  

Grammy Awards: le président ukrainien Zelensky apparaît sur une vidéo enregistrée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est intervenu dimanche via une allocution enregistrée lors de la 64e édition des Grammy Awards, équivalent des Oscars pour la musique américaine, pour demander le soutien à son pays, en proie à une invasion de la Russie.

"La guerre. Qu'est-ce qui est l'exact opposé de la musique ? La silence des villes en ruines et des gens tués", a lancé le président Zelensky avec son habituel t-shirt kaki, avant une performance de John Legend, rejoint sur scène par des artistes ukrainiens, Mika Newton et Lyuba Yakimchukt.

"Nos musiciens portent des gilets pare-balles au lieu de smokings. Ils chantent pour les blessés dans les hôpitaux, même pour ceux qui ne peuvent les entendre. Mais la musique se fera entendre malgré tout", a poursuivi M. Zelensky.

"Nous défendons notre liberté de vivre, d'aimer, de nous faire entendre. Sur notre terre, nous combattons la Russie porteuse d'un horrible silence avec ses bombes. Un silence de mort. Remplissez ce silence avec votre musique", a exhorté le chef de l'Etat ukrainien.


"Dites la vérité sur la guerre sur vos réseaux sociaux, à la télé. Soutenez-nous de toutes les manières possibles, toutes sauf le silence. Et après viendra la paix", a-t-il poursuivi.

Batiste, musicien «spirituel»

La musique, "c'est plus qu'un divertissement pour moi, c'est une pratique spirituelle", a lancé tout sourire le musicien touche-à-tout Jon Batiste en recevant son cinquième Grammy Award le plus prestigieux, celui de l'album de l'année.


Pianiste virtuose mais aussi multi-instrumentiste, chef d'orchestre, militant anti-raciste, compositeur oscarisé, ce jazzman surdoué a dynamisé le MGM Grand Garden Arena en déclarant que "les arts créatifs sont subjectifs et (qu') ils touchent les gens à un moment de leur vie où ils en ont le plus besoin".

Grammy Awards: les principaux vainqueurs de la 64ème édition

Avec cinq trophées, dont celui de l'album de l'année, le jazzman touche-à-tout Jon Batiste est arrivé en tête de la 64e édition des Grammy Awards organisé dimanche à Las Vegas.


Le projet rétro Silk Sonic, porté par Bruno Mars et Anderson Paak, a remporté quatre prix au total, dont les trophées convoités de la chanson de l'année et de l'enregistrement de l'année, tandis que la jeune popstar Olivia Rodrigo, 19 ans, s'impose en tant que "révélation de l'année".

Album de l'année -"We Are" — Jon Batiste 

Enregistrement de l'année, attribué pour la performance globale d'un titre -"Leave The Door Open" — Silk Sonic

Chanson de l'année, attribuée aux auteurs et compositeurs -"Leave The Door Open" — Brandon Anderson, Christopher Brody Brown, Dernst Emile II & Bruno Mars, auteurs (Silk Sonic) 

Révélation de l'année -Olivia Rodrigo 

Meilleur clip vidéo -"Freedom" — Jon Batiste 

Meilleur album de rap -"Call Me If You Get Lost" — Tyler, The Creator 

Meilleure performance de rap -"Family Ties" — Baby Keem Featuring Kendrick Lamar 

Meilleur album de rock -"Medicine At Midnight" - Foo Fighters  

Meilleur album de pop vocale -"Sour" — Olivia Rodrigo

Meilleure performance pop en solo -"drivers license" - Olivia Rodrigo

Meilleur album de musique du monde -"Mother Nature" - Angélique Kidjo

Meilleur clip vidéo -"Freedom" - Jon Batiste

Hommage aux disparus

Un peu de réconfort pour le groupe de rock américain Foo Fighters qui a perdu brutalement fin mars son batteur Taylor Hawkins, mort à l'âge de 50 ans: trois Grammy Awards et une très belle interprétation sur scène de "Happier Than Ever" par la star de la pop Billie Eilish vêtue d'un long t-shirt à l'effigie du musicien disparu. Taylor Hawkins, décédé dans un hôtel de Bogota et dont l'analyse toxicologique de son organisme a révélé la présence de THC (cannabis), d'antidépresseurs et d'opiacés, a eu aussi droit à l'hommage de sa profession dans la longue liste des disparus de l'année passée dans l'industrie musicale.

Le jazzman Jon Batiste et les inattendus Silk Sonic triomphent aux Grammy Awards

L'éclectique jazzman afro-américain Jon Batiste et l'inattendu projet rétro Silk Sonic, porté par Bruno Mars, ont triomphé dimanche aux Grammy Awards, équivalent des Oscars pour la musique américaine.

Autre moment fort en émotions de cette soirée, l'apparition du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a demandé aux artistes et au monde de soutenir son pays envahi par la Russie.

Signe avant-coureur de leur succès, la soirée de gala de la 64e édition, déplacée de Los Angeles à Las Vegas pour cause de pandémie de Covid-19, s'était ouverte en début de soirée avec une performance toute en énergie de Silk Sonic.

Fine moustache pour Bruno Mars, déconcertante perruque au bol rappelant Mireille Mathieu pour Anderson .Paak, les deux hommes au coeur de ce projet inspiré des sons, paillettes et cols pelle à tarte des années 1970, sont revenus sur scène un peu plus tard pour recevoir le prix convoité de la "chanson de l'année".

Le public du MGM Grand Garden Arena les retrouvait encore un peu plus tard pour l'"enregistrement de l'année", une autre catégorie majeure des Grammy Awards.

"On fait tout notre possible pour rester humbles à ce stade, mais dans le métier, on appelle ça une victoire écrasante", a déclaré Anderson Paak. "On vous aime tous. C'est Silk Sonic qui paye la tournée ce soir", a-t-il lancé à ses adversaires malheureux.

Jon Batiste s'est montré plus élégant après avoir reçu le Grammy Award de l'album de l'année, considéré comme la récompense suprême de l'industrie musicale américaine.

"J'en suis profondément convaincu, il n'y a pas de meilleur artiste, de meilleur musicien, de meilleur danseur, de meilleur acteur. Les arts créatifs sont subjectifs et ils touchent les gens à un moment de leur vie où ils en ont le plus besoin", a lancé le musicien virtuose en recevant son prix, le cinquième de la journée.

Jon Batiste, 35 ans, était le grand favori de la soirée avec onze nominations. Il a notamment été récompensé pour la musique du film d'animation "Soul" qui lui avait valu un Oscar en 2021, mais il concourait dans presque tous les styles (R&B, jazz, classique, etc.)

«Le silence des villes en ruines»
Autre favorite, la jeune Olivia Rodrigo a vécu une soirée en demi-teinte. Si elle a bien été sacrée "révélation de l'année", un prix très convoité pour lancer une carrière, elle n'a pas réussi le grand chelem dans les quatre catégories majeures que certains lui prédisaient, comme Billie Eilish voici deux ans.

L'artiste de 19 ans révélée par Disney Channel a aussi reçu le prix de la "meilleure performance pop solo" pour son titre "Drivers licence", l'emportant face à des pointures comme Justin Bieber, Billie Eilish, Ariana Grande et Brandi Carlile.

Eilish, Bieber et Lil Nas X figuraient parmi les principaux candidats de la soirée en termes de nominations mais sont repartis bredouilles, malgré des performances mémorables sur scène.

Lady Gaga aussi assuré le spectacle en interprétant plusieurs chansons de "Love for Sale", son album en duo avec Tony Bennett, qui l'a présentée dans un court message vidéo.

Doja Cat a sauvé la mise en remportant le Grammy de la meilleure performance pop en duo, grâce à sa collaboration avec la chanteuse SZA sur le tube "Kiss Me More", mélange acidulé particulièrement réussi entre pop et rap saupoudrés de paillettes disco.

Le fantasque Kanye West était aussi en lice avec son album "Donda", dont deux titres ont été primés dimanche après-midi dans la catégorie rap, "Hurricane" et "Jail".

L'artiste n'avait visiblement pas fait le déplacement à Las Vegas. Il devait initialement se produire sur scène mais les organisateurs lui avaient fait savoir qu'il n'était plus le bienvenu. En cause: des attaques sur les réseaux sociaux contre l'humoriste Pete Davidson, en couple avec son ex-femme Kim Kardashian, et contre l'animateur de la soirée Trevor Noah qui ont valu à "Ye" une brève suspension d'Instagram.

Côté rockeurs, les Foo Fighters ont remporté les trois prix pour lesquels ils étaient en lice, une semaine après la mort soudaine de leur batteur Taylor Hawkins en Colombie, peu avant un concert.

Le groupe de Dave Grohl, l'ex-batteur de Nirvana, a reçu les Grammys du meilleur album de rock, de la meilleure chanson rock et de la meilleure performance rock.

Pas de troisième Grammy pour Obama

L'ancien président Barack Obama ne pourra pas, selon la Constitution des Etats-Unis, faire de troisième mandat. Et il n'a pas réussi non plus à décrocher un troisième Grammy dans la catégorie du meilleur album parlé et livre audio. Déjà récompensé en 2006 et 2008, il concourait pour la version audio de ses mémoires, "A Promised Land (Une terre promise)" mais s'est fait battre par l'acteur Don Cheadle (War Machine dans la saga "Avengers") auteur de "Carry On: Reflections for a New Generation from John Lewis".


Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es

Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
  • "L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada"
  • Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but

RABAT: Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat.

Le choc Maroc/Pays-Bas a tenu en haleine tout un pays. A peine la fin du match sifflée, de nombreux supporters ont conflué à pied, en voiture ou à moto vers l'avenue Mohammed V, l'une des principales artères du centre-ville de la capitale.

"Le Maroc entier est heureux de cette victoire. Nos Lions de l'Atlas ont fait preuve de combativité et de niaque", s'exclame l'un d'eux, Mehdi Bejdid.

Le stade Moulay El Hassan, à Rabat, a vibré au rythme de la ferveur des nombreux Marocains venus regarder le match sur un écran géant.

"L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada", s'est réjoui auprès de l'AFP Ahmed Al Khourassani après le match.

Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but (1-1, 3 tab à 2) à Monterrey, au Mexique.

"Match épique" 

"Honnêtement, les tirs au but et la tension du match ont été difficiles à gérer. Ça nous a rappelé les moments que nous avons vécus au Mondial-2022 contre l'Espagne. Dieu merci, nous avons gagné aujourd'hui", commente Yahia Bakhtaoui.

"Nous allons atteindre les demi-finales, puis la finale, pour remporter la coupe, si Dieu le veut. Dima Maghrib (vive le Maroc, en dialecte marocain)!", espère ce supporter de 20 ans qui a suivi le match au stade Moulay El Hassan.

Ce mardi matin, les médias marocains ont à l'unanimité encensé l'exploit de l'équipe nationale, parlant de "match épique" et de "qualification héroïque".

"Les Lions de l'Atlas continuent de faire rêver tout un peuple", écrit ainsi le site d'information Le360.

Sous la conduite de Mohamed Ouahbi, nommé il y a quatre mois seulement, le Maroc affrontera le Canada en 8e de finale. L'équipe a entamé ce Mondial-2026 sous de bons auspices en faisant d'abord match nul contre le Brésil (1-1), puis en battant l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2).

"C'est l'équipe nationale qu'on voulait et qui est capable de remporter la Coupe du monde", veut croire Samir Al Houti, 26 ans.


À Vision Golfe 2026, Athar accélère son ouverture internationale

Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
Mohamed Al Ayed, vice-président d’Athar et fondateur et directeur général de TRACCS, lors de la table ronde « La culture comme levier d’influence : synergies franco-golfiques dans le patrimoine et les industries créatives » à Vision Golfe 2026. (Photo: Arab News en français)
  • Pour sa première participation à Vision Golfe, Athar cherche à renforcer sa visibilité en Europe et à attirer davantage de participants internationaux vers son festival à Riyad
  • En trois ans, l’événement s’est imposé comme un acteur clé des industries créatives régionales et vise 10 000 visiteurs d’ici cinq à six ans, dont la moitié venus de l’étranger

PARIS: À l'occasion de sa première participation à Vision Golfe, le festival saoudien Athar affiche clairement ses ambitions internationales. L'événement souhaite séduire de nouveaux partenaires, intervenants et visiteurs étrangers afin de poursuivre son développement et de renforcer le rayonnement de l'écosystème créatif saoudien.

« L'objectif est de créer des synergies, d'identifier les opportunités et de révéler tout le potentiel de notre industrie », explique Mohamed Al Ayed, vice-président d'Athar et fondateur et directeur général de TRACCS.

Créé en 2023, Athar est né de la volonté de célébrer la créativité saoudienne tout en connectant le Royaume aux grands acteurs internationaux de la communication, du marketing et des industries créatives. En seulement trois éditions, le festival s'est imposé comme un rendez-vous de référence. L'édition 2025 a réuni près de 3 000 participants sur deux jours, dont un tiers venus de l'extérieur de l'Arabie saoudite.

Cette dynamique s'inscrit dans le parcours de Mohamed Al Ayed, figure reconnue de la communication au Moyen-Orient. En 1998, il fonde TRACCS à Djeddah, aujourd'hui devenu le plus grand cabinet indépendant de conseil en communication de la région MENA. L'entreprise est présente sur une dizaine de marchés, avec un réseau de bureaux couvrant notamment les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Liban et plusieurs autres pays de la région.

Athar poursuit désormais une stratégie d'internationalisation. Après une présence remarquée aux Cannes Lions 2026 et un agenda qui se déploie entre Riyad, Londres, Nice et Paris, le festival utilise sa participation à Vision Golfe comme une porte d'entrée vers les écosystèmes européens de la création. « Pourquoi Paris ? Pour donner envie aux acteurs de la création, de la communication et du marketing de venir découvrir Athar à Riyad », résume Mohamed Al Ayed.

L'événement rassemble aujourd'hui des participants de plus de vingt nationalités. Environ 85 % des participants sont des décideurs issus d'organisations publiques et privées, saoudiennes comme internationales. Le festival accueille également des étudiants et des établissements académiques afin de contribuer à la formation de la nouvelle génération de professionnels. Son programme comprend une trentaine de conférences réparties sur cinq scènes, offrant un espace d'échanges entre leaders de l'industrie, créatifs émergents et experts internationaux. Le point d'orgue de ces deux journées est la cérémonie des Athar Awards, qui récompense les campagnes, les talents et les initiatives les plus remarquables des secteurs de la communication, du marketing et des industries créatives dans la région.

À plus long terme, Athar vise une nouvelle étape de son développement : atteindre 10 000 visiteurs dans les cinq à six prochaines années, avec une audience composée pour moitié de participants internationaux. Au-delà de la croissance de sa fréquentation, le festival ambitionne de bâtir une marque internationale de référence, capable de connecter les écosystèmes créatifs du Royaume avec ceux d'Europe et du reste du monde.

Pour Mohamed Al Ayed, la participation à Paris s'inscrit pleinement dans cette stratégie d'ouverture. « Nous voulons créer davantage de synergies et d'opportunités, tout en faisant d'Athar une plateforme incontournable pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l'avenir des industries créatives en Arabie saoudite. »

Dans le cadre de Vision Golfe 2026, Mohamed Al Ayed est également intervenu lors de la table ronde « Culture as Soft Power: Franco-Gulf Synergies in Heritage and Creative Economies », aux côtés de représentants de TV5 Monde, de COFREX, de France Muséums, d'Atout France et du Groupe Novelty. Les échanges ont porté sur le rôle de la culture, du patrimoine et des industries créatives comme leviers de coopération et d'influence entre la France et les pays du Golfe.


Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle

Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
Des passionnés de Vespa venus du monde entier participent au défilé des Vespa World Days, organisé à l'occasion du 80ᵉ anniversaire de la célèbre marque italienne de scooters, à Rome, le 27 juin 2026. (AFP)
  • La Vespa célèbre ses 80 ans à Rome, réunissant plus de 10 000 passionnés venus du monde entier pour rendre hommage à cette icône du style et du savoir-faire italiens
  • Symbole de liberté, de mobilité et d’émancipation sociale depuis 1946, la Vespa a dépassé le statut de simple scooter pour devenir un véritable phénomène culturel mondial

ROME: De "Vacances romaines" à "Journal intime" en passant par "La Dolce vita", elle est devenue à l'écran une icône mondiale du mode de vie à l'italienne: la légendaire Vespa, un scooter né en même temps que la République italienne, fête ce week-end ses 80 ans à Rome.

Samedi dans la matinée, des milliers de Vespa ont envahi les rues de la capitale italienne, créant un chaos coloré et bon enfant.

Qui en blouson de motard, défiant la chaleur romaine, qui en tee-shirt, en couple ou seul sur la selle, ces amoureux du célèbre scooter ont défilé dans le centre, y compris dans des rues d'ordinaire fermées au trafic de véhicules privés.

"Nous avons amené notre Vespa depuis les États-Unis. Nous sommes passés par l’Allemagne, puis par Vienne (...) et j’ai ensuite roulé avec ma Vespa de l’Autriche à Rome, pendant deux semaines", a déclaré à l'AFP-TV David Baamonde, un habitant du Texas.

"Pour moi, la Vespa, c’est un art de vivre, une insouciance, profiter de l’instant présent, découvrir les paysages — c’est un mode de vie", déclare pour sa part l'Italien Andrea Musco.

"L'histoire de la Vespa, qui accompagne littéralement la naissance et l'essor de l'Italie après la Deuxième Guerre mondiale, est en quelque sorte un symbole iconique de notre histoire, de notre culture", avait rappelé le maire de la capitale italienne, Roberto Gualtieri, à l'occasion de la présentation des festivités.

La Vespa, qui signifie "guêpe" en italien - une référence au bruit du moteur de son prototype -, est née le 23 avril 1946, lorsque le premier brevet sur sa fabrication a été déposé en Italie par Piaggio. Elle continue depuis d'être produite notamment sur le site de Pontedera, en Toscane (centre-nord de l'Italie).

- "La Vespa, c’est spécial" -

Plus de 10.000 "Vespistes" en provenance du monde entier sont attendus sur leurs engins de toutes les époques, reconnaissables à leurs lignes arrondies, leur carrosserie en métal aux couleurs éclatantes et leur phare rond monté sur le guidon.

Parmi eux, Andrew Ward, 57 ans, et sa soeur Julie Stover, 63 ans, qui ont fait le déplacement depuis les Etats-Unis. Les deux Californiens ont loué une Vespa à Rome pour pouvoir participer au défilé.

"Nous avons eu des scooters et des motos toute notre vie. Mais j'ai toujours voulu une Vespa. (...) Maintenant, j'en ai deux", explique à l'AFP Andrew, coutumier des rassemblements de "Vespistes" dans son pays.

"C'est un scooter de grande qualité. Et il est associé à un certain statut. C'est classe, vous voyez. Ce n'est pas comme les petits scooters bon marché qu'on voit tout le temps sur la route. La Vespa, c'est spécial", poursuit sa soeur.

- Emancipation sociale -

Conçue pour être un moyen de transport populaire et accessible, la Vespa - qui a bénéficié de toutes sortes d'innovations dérivées de l'aviation, le coeur de métier de Piaggio - est aussi devenue le symbole d'une certaine émancipation sociale.

Son histoire est entremêlée avec "l'histoire d'un pays qui sort de l'après‑guerre, qui veut bouger, qui veut se relever", a commenté Matteo Colaninno, le président exécutif du groupe Piaggio, à la présentation des célébrations.

"Et ce désir de bouger n'est pas seulement une mobilité physique", c'est aussi "une sorte d'élan vers la mobilité économique et surtout la mobilité sociale", a-t-il expliqué.

"Aujourd'hui, la Vespa est devenue un phénomène mondial, nous sommes à l'aube des 20 millions de véhicules produits" depuis 1946, a relevé M. Colaninno.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni photographiée jeudi assise sur une Vespa blanche dans les salons du Palazzo Chigi, sa résidence officielle, a salué dans le fameux scooter non seulement "une excellence industrielle" mais aussi "l'une des icônes italiennes les plus appréciées au monde, symbole de la créativité et du style italiens".

Mais pour Illac Diaz, originaire des Philippines, le plus "beau avec la Vespa", ce sont les amitiés qu'elle fait naître.

"Il n'y a aucun endroit où tu te gares sans que les gens deviennent des amis. Donc, la Vespa, c'est comme une famille", souligne cet homme de 52 ans, qui vient tout juste d'acheter une maison à Trieste, dans le nord de l'Italie, où il prévoit d'acquérir au plus vite... une nouvelle Vespa.