Ethiopie: le Tigré théâtre de «nettoyage ethnique» et «crimes de guerre», selon deux ONG

La guerre a éclaté il y a 17 mois au Tigré, après que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes destituer les autorités issues du Front de libération du peuple du Tigré (Photo, AFP).
La guerre a éclaté il y a 17 mois au Tigré, après que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes destituer les autorités issues du Front de libération du peuple du Tigré (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 avril 2022

Ethiopie: le Tigré théâtre de «nettoyage ethnique» et «crimes de guerre», selon deux ONG

  • «Ces attaques généralisées et systématiques contre la population civile tigréenne constituent des crimes contre l'humanité, ainsi que des crimes de guerre», déclarent Amnesty et HRW
  • Cette campagne s'est déroulée «avec l'assentiment et la possible participation des forces fédérales éthiopiennes», soulignent-elles, dénonçant l'inaction du gouvernement d'Addis Abeba

NAIROBI: Expulsions, exécutions, viols: forces de sécurité et milices se sont livrées à un "nettoyage ethnique" et à des exactions s'apparentant à des "crimes de guerre" et à des "crimes contre l'humanité" dans la région éthiopienne en guerre du Tigré, affirment deux ONG.

Dans un rapport commun publié mercredi, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) affirment que les civils tigréens ont été la cible d'"une campagne implacable de nettoyage ethnique" dans la partie occidentale du Tigré, région du nord de l'Ethiopie où un conflit a éclaté entre rebelles tigréens et troupes pro-gouvernementales en novembre 2020.

Durant les mois qui ont suivi, plusieurs centaines de milliers d'habitants ont été expulsés du Tigré occidental dans des camions et des bus ou ont fui les persécutions – viols, meurtres, pillages, privation d'aide humanitaire – menées par les forces de sécurité régionales et l'administration locale.

"Ces attaques généralisées et systématiques contre la population civile tigréenne constituent des crimes contre l'humanité, ainsi que des crimes de guerre", déclarent Amnesty et HRW dans leur rapport intitulé "Nous vous effacerons de cette terre".

Cette campagne s'est déroulée "avec l'assentiment et la possible participation des forces fédérales éthiopiennes", soulignent-elles, dénonçant l'inaction du gouvernement d'Addis Abeba.

La guerre a éclaté il y a 17 mois au Tigré, après que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes destituer les autorités issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le parti dirigeant la région qui contestait son pouvoir et qu'Addis Abeba accusait d'avoir orchestré des attaques contre des bases de l'armée.

«Purifier le sang»

Les forces fédérales et celles de la région voisine de l'Amhara se sont emparées du Tigré occidental, qui a été placé sous l'autorité d'une nouvelle administration.

Cette vaste zone fertile, située entre la rivière Tekezé et la frontière soudanaise, est contestée depuis des décennies par Amhara et Tigréens, deux des plus importants groupes ethniques d'Éthiopie.

Dès mars 2021, les Etats-Unis avaient dénoncé des "actes de nettoyage ethnique" menés par les forces amhara au Tigré occidental. Les autorités amhara avaient qualifié ces accusations de "propagande".

"Les forces de sécurité amhara, des milices et les autorités nouvellement nommées mènent depuis fin 2020 une campagne coordonnée de persécutions fondées sur l'origine ethnique", écrivent Amnesty et HRW, qui ont interrogé plus de 400 victimes et témoins.

Les ONG ont notamment documenté l'exécution sommaire d'une soixantaine d'hommes près de la rivière Tekezé, ainsi que l'esclavage sexuel et des viols collectifs sur des femmes tigréennes.

L'une d'entre elles a raconté que, pendant que plusieurs hommes la violaient, un milicien lui a lancé: "Vous, les Tigréens, devriez disparaître du territoire se trouvant à l'ouest. Vous êtes le diable, nous purifions votre sang."

Les autorités locales ont interdit l'utilisation de la langue tigréenne, placardé des affiches ordonnant aux Tigréens de partir et leur ont refusé l'accès aux terres agricoles et à l'aide humanitaire. 

Des milliers de personnes ont également été emprisonnées dans des camps. "Certains détenus sont morts des suites de tortures, faute de soins médicaux ou à cause du manque d’eau et de nourriture ; d'autres ont été tués par les gardiens", indique le rapport.

«Ampleur choquante»

Amnesty et HRW accusent le gouvernement fédéral de couvrir ces abus en restreignant l'accès au Tigré. 

"Les autorités éthiopiennes contestent inébranlablement l'ampleur choquante des crimes commis et s'abstiennent honteusement d'agir pour y mettre un terme", estime Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW. 

L'armée de l'Erythrée, pays frontalier du Tigré au nord et allié aux forces fédérales éthiopiennes, a également participé aux pillages des récoltes et du bétail et à l'expulsion des Tigréens, ajoutent les ONG.

Le conflit, qui s'est un temps propagé au-delà du Tigré, a fait des milliers de morts, plongé dans la faim des millions de personnes et les deux camps ont été accusés d'atrocités.

Addis Abeba a déclaré le 24 mars une "trêve humanitaire", acceptée par les rebelles à condition que l'aide humanitaire parvienne au Tigré. Un premier convoi terrestre a atteint la région vendredi.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.