Zelensky exhorte la Grèce à «exercer son influence» au sein de l'UE pour aider Marioupol

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle la Grèce à user de son influence au sein de l'Union européenne pour «organiser le sauvetage de Marioupol». (Photo, AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle la Grèce à user de son influence au sein de l'Union européenne pour «organiser le sauvetage de Marioupol». (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

Zelensky exhorte la Grèce à «exercer son influence» au sein de l'UE pour aider Marioupol

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle la Grèce à user de son influence au sein de l'Union européenne pour «organiser le sauvetage de Marioupol». (Photo, AFP)
  • «Je vous exhorte à utiliser votre influence en tant que membre de l'UE pour mieux organiser tout sauvetage possible à Marioupol», a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky
  • «Je pense que la priorité, clairement, est Marioupol», a affirmé le directeur de la branche européenne de l'OMS, Hans Kluge

ATHÈNES/ LVIV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté jeudi la Grèce à « utiliser son influence » en tant que membre de l'Union européenne pour aider Marioupol, ville « presque détruite » par les forces russes, lors d'un discours télévisé en direct devant le Parlement grec. 

« Marioupol a besoin d'un soutien imminent », notamment par l'aide humanitaire, « les Russes l'attaquent avec des forces terrestres, aériennes et maritimes (...) mais avec le soutien de la Grèce, nous allons gagner », a-t-il affirmé, invité devant le Parlement par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. 

« Je vous exhorte à utiliser votre influence en tant que membre de l'UE pour mieux organiser tout sauvetage possible à Marioupol », a-t-il souligné, selon une traduction officielle. 

M. Zelensky a imploré l'aide d'Athènes dans « votre Marioupol, ville qui a toujours été le foyer d'une importante communauté grecque ». 

Il a évoqué la « coexistence paisible », avant la guerre, entre les Ukrainiens et la communauté grecque orthodoxe dans cette ville industrielle au bord de la mer Noire, où sont restés quelque 100 000 habitants malgré les combats. 

« La grande majorité des bâtiments ont été détruits (...) les Russes ont attaqué les civils, il faut les arrêter », a imploré le président ukrainien en réitérant son appel à la communauté internationale à arrêter « les barbares ». 

Le président ukrainien a aussi évoqué « les menaces » contre l'important port d'Odessa, « un autre centre de culture grecque » avec plus de 2 000 habitants de souche hellénique.   

Il a également appelé à interdire « l'accès des tankers ayant des intérêts russes aux ports européens », et exhorté à « fermer la porte » du système financier international aux banques russes. 

L'OMS réclame l'accès humanitaire à Marioupol

L'Organisation mondiale de la santé a demandé jeudi l'accès humanitaire à la ville ukrainienne de Marioupol assiégée par les forces russes, en condamnant à nouveau les agressions contre le système de santé ukrainien, avec désormais 91 attaques confirmées. 

« L'OMS a été capable de livrer du matériel permettant de sauver des vies à de nombreuses zones touchées, mais il est vrai que certaines restent très difficiles », a reconnu le directeur de la branche européenne de l'OMS, Hans Kluge, lors d'une conférence de presse diffusée depuis Lviv dans l'ouest de l'Ukraine.  

« Je pense que la priorité, clairement, est Marioupol », a-t-il affirmé. 

Jusqu'à présent, l'OMS « a pu livrer 185 tonnes de matériel médical aux zones les plus touchées du pays, permettant d'atteindre un demi-million de personnes », selon M. Kluge.  

L'OMS a également relevé à 91 son dernier bilan d'attaques confirmées contre le système de santé ukrainien (hôpitaux, ambulances, soignants...) 

« C'est clairement une violation du droit humanitaire international », a déploré M. Kluge.  

L'organisation n'a pas directement attribué la responsabilité de ces attaques, soulignant « ne pas avoir de mandat » pour le faire. 

Le responsable onusien a exprimé son inquiétude pour la suite, alors que la Russie concentre désormais ses troupes dans l'est de l'Ukraine en vue d'une probable nouvelle offensive. 

L'OMS « envisage tous les scénarios », allant »de devoir continuer à traiter des victimes en masse » à « des attaques chimiques », a-t-il affirmé. 

« Il n'y a pas d'assurance que la guerre ne va pas empirer », a reconnu M. Kluge. 

Le président ukrainien a brièvement donné la parole à deux combattants gréco-ukrainiens, qui ont aussi demandé de l'aide dans une brève vidéo pré-enregistrée.  

L'un d'eux a cependant déclaré être membre du régiment Azov, l'unité nationaliste accusée de liens avec l'extrême droite. 

Peu après, l'ancien Premier ministre de gauche Alexis Tsipras et chef du principal parti d'opposition a qualifié cette intervention de « provocation », soulignant que « les nazis n'ont pas leur place au parlement » grec.  

Le porte-parole du gouvernement Yiannis Economou a aussi jugé que le président ukrainien avait fait une « erreur » en incluant cette vidéo. 

A l'issue de son discours d'un quart d'heure, Volodymyr Zelensky a été chaleureusement applaudi par les parlementaires grecs. 

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a ensuite qualifié cette séance parlementaire d'« historique, car pour la première fois au XXIe siècle (le parlement) a accueilli le chef d'un peuple qui se bat pour sa patrie ». 

Les députés du parti communiste grec KKE et ceux du parti nationaliste Elliniki Lisi étaient absents de l'assemblée, dénonçant le soutien inconditionnel du gouvernement grec au président ukrainien. 

Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias avait déjà proposé il y a deux semaines d'acheminer une aide humanitaire à Marioupol.  

La France avait également annoncé qu'une aide humanitaire avec la participation de la Grèce et de la Turquie devrait être envoyée à Marioupol. 

Le discours de Volodymyr Zelensky intervient au lendemain de l'annonce d'Athènes de l'expulsion de douze diplomates russes. 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.