Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine

Sur cette photo d'archive prise le 6 juin 2008, l'ancienne gymnaste russe Alina Kabaeva assiste à l'épreuve senior des Championnats d'Europe de gymnastique rythmique à Turin. (Photo, AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 6 juin 2008, l'ancienne gymnaste russe Alina Kabaeva assiste à l'épreuve senior des Championnats d'Europe de gymnastique rythmique à Turin. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 avril 2022

Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine

Dans cette photo d'archive prise le 6 juin 2008, l'ancienne gymnaste russe Alina Kabaeva assiste à l'épreuve senior des Championnats d'Europe de gymnastique rythmique à Turin. (Photo, AFP)
  • En 2008, un petit tabloïd, Moskovsky Korrespondent, avait affirmé que Poutine souhaitait épouser Alina Kabaeva
  • Mais cette relation entre Poutine et la gymnaste est restée dans les esprits et fait l'objet d'une enquête du dissident Alexei Navalny, publiée juste avant son arrestation en janvier 2021

PARIS: Les sanctions occidentales visant non seulement le cercle rapproché du président russe, mais aussi sa famille, ont jeté une lumière inhabituelle sur la vie privée de Vladimir Poutine, maintenue d'ordinaire dans une stricte opacité.  

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont annoncé les premières sanctions contre les deux filles adultes du chef de l'Etat issu de son premier mariage avec Lyudmila. La pression monte aussi en parallèle sur Alina Kabaeva, ancienne gymnaste dont certains médias et opposants affirment qu'elle serait sa maîtresse, allégations jamais confirmées par le Kremlin. 

Poutine est pour le moins discret sur sa vie privée. Les médias d'Etat le montrent habituellement travaillant ou voyageant seul, trop occupé à servir le pays pour jouir de loisirs privés.  

L'unique entorse à cette omerta fut son apparition publique avec Lyudmila à l'entracte d'un ballet à Moscou en 2013, l'occasion d'annoncer une séparation consommée finalement un an plus tard. 

Les médias russes prénomment les deux filles de cette union Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, mais Poutine n'y a jamais fait référence. « Mes enfants vont bien. Ils sont à Moscou (...). Tout va bien dans leur vie privée et leurs carrières professionnelles. Je suis fier d'eux », a-t-il déclaré dans un de ses rares commentaires publics en 2012. 

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a refusé de commenter les nouvelles sanctions contre Maria et Katerina, jugeant que cette décision « parlait d'elle même ». 

Mais les longues absences en public de leur mère Lyudmila, et son air maussade lorsqu'elle apparaissait, avaient suscité de multiples spéculations sur la vie privée de l'homme fort de Moscou bien avant son divorce.  

En 2008, un petit tabloïd, Moskovsky Korrespondent, avait affirmé que Poutine souhaitait épouser Alina Kabaeva. Furieux, celui-ci avait invité les journalistes à garder leur « nez plein de morve » à l'écart de sa vie privée. 

Le journal de l'homme d'affaires Alexander Lebedev, dont le fils Yevgeny est devenu une figure des médias en Grande-Bretagne, avait publié des excuses circonstanciées avant de fermer boutique définitivement. 

Mais cette relation entre Poutine et la gymnaste est restée dans les esprits et fait l'objet d'une enquête du dissident Alexei Navalny, publiée juste avant son arrestation en janvier 2021. 

« Cercle restreint »  

L'opposant affirmait que Kabaeva jouissait d'un réseau de propriétés de luxe en Russie, ainsi que d'un poste grassement payé au conseil d'administration du groupe public National Media Group (NMG), offert par l'oligarque Yuri Kovaltchouk, proche de Poutine et lui-même frappé de sanctions individuelles aujourd'hui. 

« Il ne fait pas de doute qu'Alina Maratovna Kabaeva a dansé mieux que quiconque avec un ballon et un ruban mais n'aurait aucune compétence à gérer des sociétés audiovisuelles et des journaux sans sa connexion avec Poutine », affirmait Navalny. 

Des informations sur les réseaux sociaux l'ont localisée actuellement en Suisse et une pétition revendiquant 75 000 signatures exige des sanctions à son encontre. « Pourquoi, vu le volume de sanctions contre la Russie, continuez-vous maintenant de l'accueillir avec sa famille quand Poutine détruit la vie de millions de gens ? », interroge le texte. 

Selon la télévision suisse RTS, citant un communiqué officiel, le gouvernement fédéral a examiné le dossier mais n'a trouvé « aucune indication que cette personne se trouvait en Suisse ».  

Georgy Alburov, chercheur au sein du fonds anti-corruption de Navalny, a jugé inconcevable qu'elle échappe à des sanctions. « Elle fait partie du cercle restreint de Poutine, elle est un membre de sa famille qui profite de sa situation », a-t-il estimé, précisant que son rôle dans un média officiel faisait d'elle une « propagandiste russe majeure ». 

Les opposants affirment aussi que la liaison prêtée à Poutine avec Kabaeva n'est pas exclusive. En novembre 2020, le site d'investigation en ligne Proekt a affirmé qu'une certaine Svetlana Krivonogikh s'était vu octroyer des parts dans la banque Rossia, et ce par le même Yuri Kovaltchouk.  

En 2003, elle a donné naissance à une fille avec Vladimir pour patronyme. Le Kremlin avait refusé de commenter un article dépourvu « d'éléments sérieux ». 


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.

 

 


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).