La Russie ferme les bureaux locaux d'Amnesty et de HRW

Des policiers russes marchent le long de la Place Rouge au centre de Moscou (Photo, AFP).
Des policiers russes marchent le long de la Place Rouge au centre de Moscou (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 09 avril 2022

La Russie ferme les bureaux locaux d'Amnesty et de HRW

  • Ce tour de vis s'est renforcé depuis le début de l'intervention militaire russe en Ukraine
  • Les ONG ont été exclues en raison de «violations de la législation russe»

MOSCOU: La Russie a annoncé vendredi la fermeture des bureaux locaux de plusieurs ONG réputées de défense des droits humains, parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch.

Cette annonce est intervenue en plein bras de fer russo-occidental autour de l'Ukraine où la Russie mène une offensive militaire depuis le 24 février.

La représentation locale d'Amnesty (Royaume-Uni) et celle de HRW (Etats-Unis) ont "été exclues du registre officiel des organisations non-gouvernementales étrangères" en Russie, en raison de "violations de la législation russe", selon un communiqué publié dans la soirée par le ministère russe de la Justice.

Parmi les autres ONG exclues de ce registre --15 au total -- figurent la Fondation Carnegie pour la paix internationale (Etats-Unis), la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté (Allemagne) et la Fondation Friedrich Ebert (Allemagne).

Il s'agit de facto de leur fermeture, a précisé pour sa part Amnesty dans un communiqué.

"Aujourd'hui, les autorités russes ont fermé les représentations d'Amnesty International et d'autres ONG internationales", a-t-elle indiqué.

Les ONG ont ainsi été "punies pour avoir défendu les droits humains et avoir dit la vérité aux autorités russes", a estimé Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty, citée dans le communiqué.

"Les autorités se trompent profondément si elles croient qu'en fermant notre bureau à Moscou, elles pourront mettre fin à notre travail visant à documenter et à exposer les violations des droits humains", a-t-elle assuré.

«Redoubler d'efforts»

Amnesty va désormais "redoubler d'efforts pour exposer les violations flagrantes des droits humains par la Russie à la maison et à l'étranger", selon Mme Callamard.

Human Rights Watch, implantée en Russie depuis 30 ans, a également assuré qu'elle allait poursuivre son travail dans le pays.

"HRW a été présente en Russie depuis l'époque soviétique, quand c'était un Etat totalitaire fermé. Nous avons trouvé des moyens pour documenter les abus des droits humains à l'époque et nous allons le faire dans l'avenir", a déclaré dans un communiqué Rachel Denber, directrice adjointe de la division Europe et Asie centrale chez HRW.

Depuis le déclenchement de l'opération militaire en Ukraine, les sites de nombreux médias russes ou étrangers ont été bloqués en Russie.

En mars, les autorités ont également voté plusieurs lois réprimant de lourdes peines de prison ce qu'elles considèrent comme de "fausses informations" sur le conflit.

Fin mars, la Cour suprême de Russie a également confirmé la dissolution de l'ONG Mémorial, un pilier de la société civile russe et gardien de la mémoire des millions de victimes des crimes de l'URSS.

La justice russe a ordonné de dissoudre cette ONG en décembre, en lui reprochant de ne pas avoir précisé son statut d'"agent de l'étranger" dans certaines publications.

Ceux qui sont qualifiés d'"agent de l'étranger" en Russie, en vertu d'une loi votée en 2012, sont tenus de se présenter comme tel dans chacune de leurs publications, y compris sur les réseaux sociaux. Et les médias qui les mentionnent doivent également le préciser à chaque fois.

La loi concerne les organisations bénéficiant d'un financement de l'étranger et ayant une "activité politique", concept vague.

La dissolution de l'ONG Mémorial a mis en lumière l'ampleur de la répression tous azimuts dans la Russie de Vladimir Poutine depuis 2020.

Ce tour de vis s'est renforcé depuis le début de l'intervention militaire russe en Ukraine, le 24 février, avec le blocage de réseaux sociaux étrangers, de nombreux médias indépendants et l'arrestation de milliers de manifestants opposés à l'offensive.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.