Selon l’émissaire saoudien, la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme est une «escalade»

Le représentant permanent adjoint saoudien auprès de l'ONU, Mohammed Abdelaziz Alateek. (SPA/archives)
Le représentant permanent adjoint saoudien auprès de l'ONU, Mohammed Abdelaziz Alateek. (SPA/archives)
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Publié le Vendredi 08 avril 2022

Selon l’émissaire saoudien, la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme est une «escalade»

  • Le Royaume a souligné que les questions relatives aux droits de l'homme ne devaient pas faire l'objet de «sélectivité, de deux poids, deux mesures ou de politisation»
  • Les Émirats arabes unis ont déclaré que l'ONU n'avait pas été conçue comme «un club pour les personnes qui partagent les mêmes idées»

NEW YORK: L'Arabie saoudite a qualifié la décision prise jeudi par l'Assemblée générale des nations unies de suspendre la Russie du Conseil des droits de l'homme d’«escalade» susceptible d’aggraver une situation déjà tendue.
Le Royaume a souligné que les questions relatives aux droits de l'homme ne devaient pas faire l'objet de «sélectivité, de deux poids, deux mesures ou de politisation».
Le représentant permanent adjoint de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Mohammed Abdelaziz Alateek, a déclaré que cette démarche n'était pas seulement une forme de politisation, mais qu'elle était unilatérale dans la mesure où elle donne à certains États plus de droits qu'à d'autres.
L'Assemblée générale a voté la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme, qui compte quarante-sept membres, pour «violations et abus flagrants, systématiques, des droits de l'homme».
Lors du vote sur la motion, menée par les États-Unis, quatre-vingt-treize pays ont voté pour, vingt-quatre contre et cinquante-huit, dont l'Arabie saoudite, se sont abstenus.
Alateek a déclaré que le Royaume a décidé de s'abstenir parce qu'il estime que toute aggravation d'une situation déjà tendue nuirait aux pourparlers en cours entre les Russes et les Ukrainiens «en vue de parvenir à un règlement pacifique qui épargne à la région et au monde d'autres effets néfastes en termes politiques, économiques ou humanitaires».
La suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme (CDH) constitue un «précédent grave qui menace le travail multilatéral et va à l'encontre des principes du droit international et nuit à la mission des organisations internationales», a-t-il ajouté.
L'ambassadeur a condamné les actes qui violent le droit humanitaire international «sous toutes les formes et où qu'ils se produisent». Il a déploré la détérioration de la situation en Ukraine et a appelé à la protection des civils et des sites civils.
Lana Nusseibeh, représentante permanente des EAU auprès de l'ONU, a réitéré la «condamnation énergique par son pays de toutes les violations du droit international humanitaire» en Ukraine.
«Les civils font les frais de ce conflit et cela doit cesser; ils doivent être épargnés et les parties se conformer à leurs obligations en vertu du droit international», a-t-elle souligné.
Pour expliquer la décision des Émirats arabes unis (EAU) de s'abstenir lors du vote, elle a déclaré que «déterminer les faits sur le terrain est important pour que justice soit rendue aux victimes, mais aussi, à plus long terme, pour permettre aux communautés de guérir, de se réconcilier et de construire une paix durable».
En tant que membre du CDH, les EAU ont précédemment voté en faveur de la création d'une commission d'enquête internationale indépendante chargée d'enquêter sur les violations présumées des droits de l'homme et du droit humanitaire international en Ukraine.
Mme Nusseibeh a fait savoir que la commission venait juste de commencer ses investigations et que «la procédure régulière exige que les mécanismes d'enquête puissent conclure leur travail».
«Aujourd'hui, nous avons décidé de nous abstenir sur cette résolution, car nous devons nous assurer que toute décision que nous prenons dans cette Assemblée générale soit basée sur une procédure régulière.»
Elle a ajouté: «L'ONU est fondée sur le principe du dialogue et de l'engagement constructif, les uns avec les autres, et même avec ceux qui ont des opinions opposées aux nôtres.»
«Les organisations qui composent notre système international n'ont pas été créées pour servir de club aux personnes partageant les mêmes idées. Nous devons préserver des espaces dans l'arène multilatérale pour nous parler les uns aux autres, et pas seulement les uns contre les autres. Et cette idée est dans l'ADN fondamental de cette organisation.»
Mme Nusseibeh a appelé à redoubler d'efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat en Ukraine. Elle a exprimé son soutien aux négociations en cours entre Moscou et Kiev et a offert le «soutien total de son pays à tous les efforts de médiation», concluant: «Notre force collective réside dans notre inclusivité.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.