IA: OpenIA à la conquête de votre imaginaire

Originale de la jeune fille à la perle, et sa variation (Photo, OpenAI).
Originale de la jeune fille à la perle, et sa variation (Photo, OpenAI).
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Publié le Samedi 09 avril 2022

IA: OpenIA à la conquête de votre imaginaire

  • Au simple énoncé d’une phrase, l’IA peut créer n'importe quel assemblage imaginable d’image
  • L’entreprise américaine a récemment publié une nouvelle version de son intelligence artificielle baptisée « DALL-E 2», en hommage au peintre Dali

CASABLANCA : Au titre des prouesses possiblement réalisables grâce à l’intelligence artificielle, OpenAI est assurément l’une des technologies les plus citées parmi les innovations les plus étonnantes de cette année. 

L'entreprise vient de mettre au point un réseau neuronal capable de générer des images qualifiées de «photoréalistes». Au simple énoncé d’une phrase, l’IA peut créer n'importe quel assemblage imaginable d’image. Vous demandez un sécateur surréaliste, ou une photographie animée d'une courgette parlante déambulant à Paris, le logiciel créera une image correspondant à la description que vous aurez formulé.

L’entreprise américaine a récemment publié une nouvelle version de son intelligence artificielle baptisée « DALL-E 2», en hommage au peintre Dali. Plus encore que la première version, celle-ci est capable de transformer un texte en visuel haute définition. La première version ne pouvait prétendre à imager qu’un dessin sur un fond uni. Cette dernière technologie réalise des conceptions bien plus complexes que la précédente et en meilleure qualité d’image rendue. 
 

Résultat pour «Un astronaute montant à cheval dans un style photoréaliste» OpenAI.
Résultat pour «Un astronaute montant à cheval dans un style photoréaliste» OpenAI (Photo, OpenAI).

 

En bref

La référence est identique : En raison des premières illustrations la dénomination de l’IA est un clin d’œil à l'artiste surréaliste Salvador Dali ainsi qu’au robot de Pixar, Wall-E, le prédécesseur du modèle, DALL-E, lancé l'année dernière.

OpenAI a reçu les financements d’Elon Musk et de Microsoft et concurrence directement DeepMind de Google.
Variantes d’images existantes 
 

Contrairement à ce que propose la concurrence, DALL-E 2 ne se contente pas de créer des paysages à partir de références textuelles. L'IA est, aussi et surtout, capable de créer une image réaliste qui associe, en fonction de la description soumise au logiciel, différents éléments combinés «un coléoptère animé survolant en faisant des grimaces».

Pour y parvenir, le logiciel s’appuie sur un réseau neuronal entraîné sur un nombre considérable d'images avec description, à l’instar de celles proposées sur le site des grandes agences de presse. L’IA a été, en ce sens, conçue pour cheminer à l’inverse et proposer, d’elle-même, une description aux images. Une deuxième étape permet de décoder le résultat de la première, aidant à figurer une image cohérente par rapport à la première description formulée.

Les deux premières versions d'OpenAI DALL-E et DALL-E-2 (Photo, OpenAI).
Les deux premières versions d'OpenAI DALL-E et DALL-E-2 (Photo, OpenAI).

Cette méthodologie en deux temps a également d’autres horizons d’application possibles en matière de manipulation d’images. Le logiciel est capable de prendre une illustration et d’en remplacer un élément pour en créer éventuellement des variantes inspirées de l'original, pouvant, à la fois, modifier l’angle de vue, ma forme du sujet, ainsi que la pose qu’il prend dans l’image.

Le risque d’abus n’étant jamais à exclure, d’après la volonté des concepteurs, cette IA ne peut pas générer d'images photoréalistes de visages humains.

Entre quelles mains ? 

DALL-E-2 n’est utilisable que dans sa version béta par des partenaires agréés par l’entreprise dans le cadre d’interdictions énoncées avant tout usage du logiciel.  L’IA ne permet aucune utilisation pornographique, haineuse et sur des thématiques sujettes à polémiques.

Le champ des limitations à l’utilisation est encore plus large, mais circonscrit dans le temps. Pour l’heure, les testeurs agréés ne peuvent pas, non plus, exporter les conceptions de DALL-E-2 vers d’autres plateformes, y compris du même groupe. Des interdictions qui seront levées d’après OpenAI afin qu’elles puissent être alimentées ultérieurement par les fonctionnalités de DALL-E 2.

Les possibles utilisateurs espérant pouvoir recourir à cette technologie doivent, en premier lieu, s’inscrire sur une longue liste d’attente sur le site même d’OpenAI.

Source (OpenAI)


Subventions américaines: Macron veut que l'UE règle avec Washington le sujet des exemptions début 2023

Selon Emmanuel Macron, son «discours de vérité avec le président Biden» a porté malgré tout ses fruits (Photo, AFP).
Selon Emmanuel Macron, son «discours de vérité avec le président Biden» a porté malgré tout ses fruits (Photo, AFP).
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  • À la veille de sa visite à la Maison Blanche, il avait jugé «super agressifs» les subventions et crédits d'impôt massifs prévus pour les véhicules électriques
  • La France avait dit espérer arracher des exemptions

LA NOUVELLE-ORLÉANS: Emmanuel Macron a dit vendredi vouloir que la question des "exemptions" réclamées aux Etats-Unis pour les industries européennes dans le cadre de leur plan de subventions massives en faveur du climat (IRA) soit "réglée" d'ici au premier trimestre 2023.

"Pour moi, d'ici au début de l'année prochaine, il faut qu'on ait pu régler ce sujet", "il faut qu'on ait finalisé ces sujets", a dit le président français à la presse à la Nouvelle-Orléans au lendemain d'une rencontre avec son homologue américain Joe Biden à Washington.

À la veille de sa visite à la Maison Blanche, il avait jugé "super agressifs" les subventions et crédits d'impôt massifs prévus pour les véhicules électriques, batteries ou projets d'énergie renouvelable "made in USA" par l'Inflation Reduction Act (IRA), le plan climat de 420 milliards de dollars de Joe Biden adopté l'été dernier.

La France avait dit espérer arracher des exemptions.

Jeudi, le président américain s'est dit prêt à corriger des "défauts" de sa loi, qu'il a toutefois défendue bec et ongles, sans évoquer clairement des exemptions et renvoyant d'éventuelles concessions à des travaux techniques.

Selon Emmanuel Macron, son "discours de vérité avec le président Biden" a porté malgré tout ses fruits.

"C'était mon devoir de le poser (ce discours) en Européen, pas simplement au nom de la France" mais aussi "de toute l'Europe", a-t-il dit.

"Avant que je mette les pieds dans le plat, ça n'était d'ailleurs pas un débat du tout chez nous" ni "ici" aux Etats-Unis, a-t-il ajouté.

Plusieurs voix européennes s'étaient inquiétées des conséquences de l'IRA sur l'industrie du Vieux Continent, dont le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, qui avait menacé début novembre d'"aller devant l'OMC".

"Maintenant, tout le monde en parle, c'est une bonne chose. Le but, c'est que l'Union européenne (...) puisse avoir des exemptions. Ce que j'ai essayé de démontrer au président (Biden), c'est que c'est bon pour les Etats-Unis d'Amérique et c'est bon pour nous", a-t-il plaidé.

Il a estimé que les discussions se dirigeaient bien vers des "exemptions" pour ce que "produit" l'industrie européenne, "comme l'ont eu des pays de la région", à savoir le Canada et le Mexique.


Bouclier tarifaire: Le gouvernement devra débourser 6 milliards de plus

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire s'exprime lors de la première lecture du budget de l'Etat 2023 au Sénat, le 17 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire s'exprime lors de la première lecture du budget de l'Etat 2023 au Sénat, le 17 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Les sénateurs se sont plaints du dépôt tardif de cet amendement dans le cadre de l'examen des crédits pour l'écologie
  • Sur les six milliards, deux sont destinés aux «structures collectives d’habitat» pas encore concernées par le bouclier

PARIS: Le Sénat a approuvé vendredi un amendement du gouvernement au projet de budget 2023 qui réhausse de six milliards d'euros le coût prévu des boucliers tarifaires sur les énergies, afin de couvrir notamment des bâtiments supplémentaires, mais qui sera compensé selon Bercy.

Les sénateurs se sont plaints du dépôt tardif de cet amendement dans le cadre de l'examen des crédits pour l'écologie.

"Ce n'est pas acceptable", a déploré l'élu LR Jean-François Husson. "Nous sommes condamnés à vous faire confiance", a renchéri la rapporteure Christine Lavarde, du même parti.

Sur les six milliards, deux sont destinés aux "structures collectives d’habitat" pas encore concernées par le bouclier, soit "les EHPAD, les résidences autonomie, les casernes de gendarmerie, logements diffus de structures collectives", précise le texte de l'amendement adopté à main levé.

Ils doivent aussi répondre à "l’extension, par un décret en cours d’élaboration, du bouclier tarifaire électricité à l'ensemble de l’habitat collectif pour le chauffage des parties communes".

L'autre partie de la rallonge, soit trois milliards d'euros, est destinée à combler le manque à gagner dans le secteur des énergies renouvelables, suite à "des ruptures anticipées de contrats à l'initiative des producteurs intervenues depuis l'été 2022, et non connues lors du dépôt" du projet de budget de l’État pour 2023.

Pendant des années l’État a soutenu ces entreprises nécessitant de lourds investissements mais aujourd'hui certains producteurs préfèrent se désengager et rompre les contrats d’achat à prix fixes garantis par l’État.

Actuellement, comme les prix du marché s'emballent, certains préfèrent vendre leur production au meilleur prix directement et quitter le dispositif pour ne pas avoir à reverser de l'argent à l'Etat, ce qui va coûter trois milliards d'euros aux pouvoirs publics.

"Ces ruptures de contrats rendront néanmoins ces producteurs redevables de la contribution sur les rentes inframarginales de l’électricité, permettant à l’État de récupérer pour partie les sommes correspondantes sous forme de recettes fiscales", précise l'amendement.

Cet amendement "réhausse de 6 milliards d'euros le coût budgétaire net des boucliers qui était jusqu'à présent de 15 milliards d'euros", a précisé le ministère de la Transition énergétique.

Interrogé par l'AFP, Bercy a précisé que ce coût supplémentaire serait "compensé au regard de la réévaluation à la hausse de la contribution sur les rentes inframarginales des électriciens, soit de 7 à 11 milliards". Cette contribution est appliquée aux producteurs d'électricité qui ont des coûts de revient largement inférieurs au cours du marché à l'heure actuelle.


Le pétrole russe plafonné à 60 dollars après l'accord du G7 et de l'Australie

Un pétrolier est amarré au complexe Sheskharis (Photo, AP).
Un pétrolier est amarré au complexe Sheskharis (Photo, AP).
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  • Seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars pourra continuer à être livré
  • Les ministres des Finances des pays du G7 s'étaient entendus début septembre sur cet outil, conçu pour priver Moscou des moyens de financer sa guerre

BRUXELLES: Le prix du pétrole vendu par la Russie aux pays occidentaux sera plafonné à 60 dollars le baril à partir des prochains jours, les pays de l'Union européenne, puis ceux du G7 et l'Australie ayant trouvé vendredi un accord à trois jours de l'entrée en vigueur de l'embargo européen.

"Le G7 et l'Australie (...) sont parvenus à un consensus sur un prix maximum de 60 dollars américains le baril pour le pétrole brut d'origine russe transporté par voie maritime", ont annoncé ces pays dans un communiqué commun.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a salué dans un communiqué cette annonce, qui "est l'aboutissement de mois d'efforts de notre coalition".

L'accord a été permis par le consensus trouvé plus tôt dans la journée par les 27 pays de l'Union européenne, qui ont réussi à rallier la Pologne.

Les ministres des Finances des pays du G7 s'étaient entendus début septembre sur cet outil, conçu pour priver Moscou des moyens de financer sa guerre en Ukraine.

Concrètement, le prix fixé doit être suffisamment élevé pour que la Russie ait intérêt à continuer à leur vendre du pétrole, mais inférieur au cours pour limiter les revenus qu'elle pourra en tirer.

Le mécanisme entrera en vigueur lundi "ou très peu de temps après", précisent le G7 et l'Australie. C'est en effet lundi que débute l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime.

Ainsi, seul le pétrole vendu par la Russie à un prix égal ou inférieur à 60 dollars pourra continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il sera interdit pour les entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance, etc.).

Actuellement, les pays du G7 fournissent les prestations d'assurance pour 90% des cargaisons mondiales et l'UE est un acteur majeur du fret maritime - d'où un pouvoir de dissuasion crédible, mais aussi un risque de perdre des marchés au profit de concurrents.

Ajustement du prix
La Russie, deuxième exportateur mondial de brut, avait de son côté prévenu qu'elle ne livrerait plus de pétrole aux pays qui adopteraient ce plafonnement.

Sans ce plafond, il lui serait facile de trouver de nouveaux acheteurs au prix du marché. Le cours du baril de pétrole russe (brut de l'Oural) évolue actuellement autour de 65 dollars, soit à peine plus que le plafond européen, impliquant un impact limité à court terme.

"Nous serons prêts à examiner et à ajuster le prix maximum le cas échéant", assurent G7 et Australie dans leur communiqué. Et un plafond devrait également être trouvé pour les produits pétroliers russes à partir du 5 février 2023.

L'embargo européen intervient plusieurs mois après celui déjà décidé par les États-Unis et le Canada. Mais les Occidentaux doivent aussi composer avec les intérêts des puissants assureurs britanniques ou armateurs grecs.

"L'UE reste unie et est solidaire avec l'Ukraine", s'est félicitée la présidence tchèque du Conseil de l'UE dans un tweet.

La Russie a tiré 67 milliards d'euros de ses ventes de pétrole à l'UE depuis le début de la guerre en Ukraine, tandis que son budget militaire annuel s'élève à environ 60 milliards, rappelle Phuc-Vinh Nguyen, un expert des questions énergétiques à l'Institut Jacques-Delors.

Craintes de déstabilisation
L'instrument proposé par Bruxelles prévoit d'ajouter une limite fixée à 5% en-dessous du cours du marché, dans le cas où le pétrole russe passerait sous les 60 dollars.

De fait, certains experts craignent une déstabilisation du marché mondial et s'interrogent sur la réaction des pays producteurs de l'Opep, qui se réunissent dimanche à Vienne.

"Ce plafonnement contribuera à stabiliser les marchés mondiaux de l'énergie (...) et bénéficiera directement aux économies émergentes et aux pays en développement", puisque le pétrole russe pourra leur être livré à des prix inférieurs au plafond, a au contraire assuré sur Twitter la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

A compter de lundi, l'embargo de l'UE sur le pétrole russe acheminé par voie maritime va supprimer les deux tiers de ses achats de brut à la Russie. L'Allemagne et la Pologne ayant par ailleurs décidé d'arrêter leurs livraisons via un oléoduc d'ici à la fin de l'année, les importations russes totales seront touchées à plus de 90%, affirment les Européens.

En revanche, "un plafond de prix du pétrole, ça ne s'est jamais vu. On est dans l'inconnu", s'alarme Phuc-Vinh Nguyen, soulignant que la réaction des pays de l'Opep ou de gros acheteurs comme l'Inde et la Chine sera cruciale.

Seul certitude, selon lui: un plafonnement, même à un prix élevé, enverra "un signal politique fort" au président russe Vladimir Poutine, car, une fois en place, ce mécanisme pourra être durci.