L'Islande, terre de polars, s'inquiète d'une série d'actes violents

Des visiteurs observent une coulée de lave qui jaillit d'un tunnel près du cratère dans la vallée de Geldingadalir, au sud-ouest de la capitale islandaise Reykjavik, le 15 septembre 2021. (AFP)
Des visiteurs observent une coulée de lave qui jaillit d'un tunnel près du cratère dans la vallée de Geldingadalir, au sud-ouest de la capitale islandaise Reykjavik, le 15 septembre 2021. (AFP)
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Publié le Samedi 09 avril 2022

L'Islande, terre de polars, s'inquiète d'une série d'actes violents

  • Seuls quatre homicides par arme à feu ont eu lieu sur l’île depuis 2000. Mais en un peu plus d'un an, quatre fusillades se sont déjà produites, dont une mortelle
  • L’Islande est l’un des rares pays au monde où la police ne porte pas d’arme dans l’exercice de ses fonctions officielles

REYKJAVIK: Adieu, "pays le plus paisible du monde"? Plusieurs fusillades et attaques à l'arme blanche sont venues perturber ces derniers mois l’habituelle quiétude de l'Islande, liées selon la police à des bandes criminelles.


Au sommet de l’Indice mondial pour la paix (Global Peace Index) depuis son intégration au classement en 2008, la petite nation de 375.000 habitants est plus habituée aux récits de crimes dans ses célèbres polars qu'à la une des médias.


"Une arme à feu pour les Islandais symbolise le sport ou la chasse", souligne le sociologue Helgi Gunnlaugsson.


"Mais dans l’esprit collectif c’est très étranger d’utiliser une arme pour se protéger ou mettre quelqu’un en joue", dit-il à l'AFP.


Seuls quatre homicides par arme à feu ont eu lieu sur l’île depuis 2000. Mais en un peu plus d'un an, quatre fusillades se sont déjà produites, dont une mortelle.


L’assassinat d’un homme, froidement abattu de neuf balles devant son domicile d’un quartier résidentiel de Reykjavík, en février 2021 avait choqué les Islandais. Le meurtre était lié au crime organisé, selon la police.


"Les groupes criminels en Islande sont de plus en plus organisés", analyse la criminologue Margrét Valdimarsdóttir. "Ils ont plus de liens avec des groupes internationaux que ce que nous observions auparavant, ce qui peut être un défi pour nos forces de police".


En février, deux différends personnels entre individus déjà condamnés, sur fond de trafic de drogue, se sont soldés par des tirs jusque dans le centre-ville de la capitale, à deux jours d'intervalle.


"Nous avons coutume de dire qu’il faut cinq à dix ans pour voir en Islande ce que l’on observe ailleurs en Europe", explique Runólfur Thórhallsson, commissaire à l’unité d’élite de la police islandaise.


"Bien sûr, cela nous préoccupe", reconnaît-il.

Police non armée 


L’Islande est l’un des rares pays au monde où la police ne porte pas d’arme dans l’exercice de ses fonctions officielles.


Depuis fin 2015, les voitures de service sont cependant équipées d’armes de poing dans des coffres-forts spéciaux, une mesure prise après les attentats d’Oslo et d’Utøya en 2011.


Seul un nombre restreint de policiers de l’unité d’élite, la Viking squad, sont lourdement équipés en permanence : gilets pare-balles, armes semi-automatiques ou encore boucliers balistiques.


Introduite en 1982, l’essentiel de ses missions est d’assister la police nationale lorsque la présence d’armes est signalée. Le nombre de ses interventions a été multiplié par près de six depuis 2014.


"Nous observons une tendance où les individus de notre monde criminel sont moins hésitants à utiliser des armes, plus avec des couteaux d’ailleurs que des armes à feu", note M. Thórhallsson, reconnaissant être quelque peu...désarmé pour en expliquer les raisons.


Si l’armement de toutes les forces de l’ordre du pays n'est pas encore sérieusement considéré, le ministère de l’Intérieur envisage d'équiper en tasers les policiers.


Ces derniers y seraient favorables mais réclament surtout plus de moyens, selon Fjölnir Sæmundsson, président du syndicat national. 


Avec 682 policiers en 2021, l'Islande compte les effectifs proportionnellement les plus faibles d'Europe derrière la Finlande, selon Eurostat, avec un niveau près de deux fois inférieur à la moyenne européenne. 

Un pays sûr 

Studlar, une institution gouvernementale située en périphérie de Reykjavík, s'occupe d'enfants et adolescents de 12 à 18 ans en difficulté - problèmes de drogue, criminalité, graves troubles du comportement...


Son directeur Funi Sigurdsson dit observer lui aussi une légère recrudescence des incidents violents.


Pour ce père de famille de 43 ans, avec "certains des enfants qui arrivent dans cette institution, on pouvait percevoir dès l’âge de six ans qu’ils finiraient ici".


"Si nous étions très bien intervenus dès ce moment, nous aurions peut-être pu éviter qu’ils se retrouvent dans cette situation".


Plusieurs des individus récemment impliqués dans des règlements de compte sont d’ailleurs passés par son établissement.


Mais si la situation préoccupe dans un pays peu habitué à la violence, elle n’est pas alarmante, soulignent les experts.


"C’est important de noter que l’Islande est toujours un pays qui a un taux de criminalité extrêmement bas", tempère Mme Valdimarsdóttir.


"Mais, du moins selon la police, nous voyons plus d'agressions violentes en Islande".


Traversées de la Manche: 39 arrestations font tomber un réseau de passeurs

Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
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  • Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau
  • Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10 000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est au cours des 12 à 18 derniers mois

LA HAYE: Un important réseau d'immigration clandestine, organisant des traversées de la Manche par bateaux, a été démantelé lors de la plus grande opération internationale de la sorte menant à 39 arrestations, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau, qui avait la mainmise sur le passage de migrants de la France vers le Royaume-Uni par la traversée de la Manche, selon les enquêteurs.

Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10.000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est de la France vers le Royaume-Uni au cours des 12 à 18 derniers mois avec de petites embarcations pneumatiques.

"Il s'agit de la plus grande opération internationale jamais menée contre les passeurs de petits bateaux", a déclaré Jean-Philippe Decouffe, directeur exécutif d'Europol, lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Les 39 arrestations ont été effectuées lors d'une opération internationale menée conjointement par la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, coordonnée par Europol et Eurojust, toutes deux basées à La Haye.

Au cours de plus de 50 perquisitions, 1.200 gilets de sauvetages, près de 150 bateaux pneumatiques et 50 moteurs ont été saisis, tout comme plusieurs milliers d'euros en liquidités, des armes et de la drogue, ont précisé les agences.

Ces chiffres sont provisoires puisque des perquisitions sont encore en cours.

Les suspects facturaient en moyenne 2.500 à 3.500 euros par migrant, selon la nationalité, générant pas moins de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les estimations d'Europol.

"L'organisation supervisait l'acheminement de personnes de toutes nationalités vers les plages et les traversées maritimes proprement dites", a déclaré lors de cette même conférence de presse Carole Etienne, procureure du tribunal de Lille, dans le nord de la France.

"L'opération a permis pour la première fois en France d'identifier" des "donneurs d'ordres" au sein des réseaux, a-t-elle soulevé.

Plusieurs cadres, des passeurs, des acteurs locaux et la tête du réseau, un homme de 26 ans d'origine irako-kurde, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

La tête du réseau "avait un rôle clé dans l'organisation et la logistique, il était très important", a souligné Matt Rivers, directeur régional des investigations de l'Agence nationale contre le crime (NCA) au Royaume-Uni, où l'homme a été arrêté.

En 2021, l'utilisation de petits bateaux est devenue le principal moyen de trafic de migrants de l'UE vers le Royaume-Uni, dépassant le trafic dans des camions, a indiqué Europol.

Près de 50.000 migrants en situation irrégulière ont tenté l'année dernière de traverser la Manche dans de petites embarcations, soit trois fois plus que l'année précédente.

Au cours des six premiers mois de 2022, plus de 11.500 migrants en situation irrégulière ont atteint le Royaume-Uni, générant près de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les organisations criminelles actives dans cette zone.


Suède: Un mort dans une attaque au couteau lors d'un événement politique

Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
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  • Une femme d'une soixantaine d'années a été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland
  • La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen

STOCKHOLM: La police suédoise a annoncé mercredi qu'une femme d'une soixantaine d'années avait été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland, où les principaux responsables politiques du pays sont réunis pour un événement annuel.

"Malheureusement, je peux vous annoncer qu'une femme a succombé à ses blessures", a déclaré Fredrik Persson, chef de la police de Gotland, lors d'une conférence de presse où il a été précisé que l'agression s'est produite peu avant 14H00 (12H00 GMT) à Visby, la seule ville de l'île.

Il a annoncé qu'un homme de 33 ans avait été arrêté peu après les faits et qu'il était soupçonné de meurtre.

"Une enquête approfondie est en cours. Il s'agit notamment d'établir le mobile et les antécédents de la personne arrêtée", a poursuivi le chef de la police.

Il a ajouté que les enquêteurs se penchaient sur une série de questions "puisque cela s'est produit dans un lieu très public, où il y avait beaucoup de monde dans le centre de Visby en milieu de journée".La police n'a pas souhaité s'exprimer sur le mobile, bien que M. Persson ait admis qu'un motif politique ne pouvait être exclu à ce stade précoce de l'enquête.

La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen, un événement annuel rassemblant l'élite suédoise et où les partis politiques présentent souvent leur nouvelle politique et lancent leurs campagnes.

Le journal Expressen a rapporté que le suspect aurait des liens avec le groupe néo-nazi NMR, ce que la police n'a pas voulu le confirmer.


Otan: La Suède condamne l'action de députés posant avec le drapeau du PKK

Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
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  • La Suède et la Finlande ont signé un accord avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays dans l'Otan
  • La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier promptement et minutieusement des demandes d'extradition turques

STOCKHOLM: La Première ministre suédoise a déploré mercredi l'action de députés d'un parti de gauche ayant posé avec le drapeau du PKK kurde, au moment où Stockholm s'efforce d'amadouer la Turquie pour entrer dans l'Otan.

"Le PKK est sur la liste des organisations terroristes, pas seulement en Suède mais ausis dans l'UE, et poser avec ce genre de drapeaux est extrêmement déplacé", a affirmé Magdalena Andersson dans une interview à l'agence TT.

La Suède et la Finlande ont signé un accord mardi dernier avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays nordiques dans l'alliance.

Le texte confirme que Stockholm et Helsinki considèrent le PKK comme une organisation terroriste et que les deux capitales s'engagent à ne pas soutenir divers groupes honnis par Ankara, dont le mouvement armé kurde YPG en Syrie.

La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier "promptement et minutieusement" des demandes d'extradition turques.

L'accord a suscité des inquiétudes dans l'importante communauté kurde de Suède et des critiques au sein de partis de gauche suédois, qui accusent le gouvernement d'avoir trop cédé au président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'action de plusieurs parlementaires du parti de gauche a eu lieu mardi lors d'une semaine d'universités d'été des partis politiques suédois sur l'île du Gotland, où on les voit poser avec des drapeaux du PKK, mais aussi des YPG et du mouvement armé de femmes kurdes YPJ.

La députée Lorena Delgado Varas, l'une de ceux qui a posé avec les drapeaux, a déploré l'hypocrisie de Stockholm vis-à-vis des groupes kurdes en Syrie qui ont combattu l'organisation jihadiste de l'Etat islamique.

"Maintenant ils font volte-face, pour se rapprocher du dictateur Erdogan. Tout ça pour joindre l'Otan", a-t-elle écrit sur Twitter.

Hostile à l'adhésion à l'Otan, le parti de Gauche (ex-communiste) est un appui parlementaire de Magdalena Andersson, sans faire partie du gouvernement.

Si la Turquie a donné son feu vert à la première phase de la candidature d'adhésion de la Suède et de la Finlande, le Parlement turc doit encore ratifier cette entrée.

Ankara a prévenu que cette ratification serait conditionnée au respect des engagements pris par Stockholm et Helsinki.

Le président Erdogan avait affirmé la semaine dernière que la Suède avait "promis" d'extrader 73 "terroristes" vivant sur son sol et voulus par Ankara, même si aucun engagement de cette sorte ne figure dans l'accord signé en marge du sommet de l'Otan à Madrid.