Présidentielle: Yannick Jadot ou les ambitions déçues de l'écologie

Présidentielle: Yannick Jadot ou les ambitions déçues de l'écologie
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Présidentielle: Yannick Jadot ou les ambitions déçues de l'écologie

Présidentielle: Yannick Jadot ou les ambitions déçues de l'écologie
  • Yannick Jadot, donné entre 4 et 5% au premier tour de la présidentielle, a appelé dimanche soir à «faire barrage à l'extrême droite»
  • Le promoteur de «l'écologie des solutions», 54 ans, qui faisait sa première campagne présidentielle

PARIS: Il avait l'ambition de devenir la première force à gauche. Mais le candidat écologiste Yannick Jadot a échoué dimanche à franchir, selon la quasi-totalité des estimations, la barre fatidique des 5% qui détermine le remboursement des frais de campagne, et arrive plus de 15 points derrière l'insoumis Jean-Luc Mélenchon.

Conformément à ses engagements, il a depuis son QG parisien très vite appelé à "faire barrage à l'extrême droite en déposant dans l'urne un bulletin Emmanuel Macron". Une consigne de vote chaleureusement applaudie par les militants. 

Il a également lancé un appel aux dons, un "soutien financier" indispensable pour poursuivre les "combats" de l'écologie. "Pour les finances du parti, on croise les doigts jusqu'à la fin de la soirée", veut encore croire son porte-parole, Benjamin Lucas.

Yannick Jadot fait mieux que la dernière candidate écolo, Eva Joly en 2012 (2,31%), mais moins bien que Noël Mamère en 2002 (5,25%), qui détient le score "vert" le plus élevé dans une présidentielle.

Au QG, l'émotion était palpable, les visages graves. "C'est une déception", regrette Pauline Le Roux, 31 ans, experte en relations internationales. "On a l'impression que la priorité des Français est loin de ce qui, pour moi, est la priorité numéro un: la protection de la biodiversité et le climat".

Même sentiment chez Mathis Gautier, 20 ans, étudiant: "Je suis très triste. Quand on est dans la campagne on a les yeux qui brillent, on pense que tout est possible. C'est ma première campagne et mon premier vote et j'ai juste envie de pleurer". 

L'euphorie des municipales, quand les écologistes avaient remporté plusieurs grandes villes dont Lyon, Bordeaux, Strasbourg, est bien loin.

Le promoteur de "l'écologie des solutions", 54 ans, qui faisait sa première campagne présidentielle, a peiné à mobiliser les défenseurs de la cause environnementale, pourtant une des premières préoccupations des Français derrière le pouvoir d'achat.

Ses détracteurs ont regretté une campagne trop lisse, sans coup d'éclat, voire poussive parfois pour électriser une "génération climat" portée au niveau mondial par la Suédoise Greta Thunberg.

Tirer des leçons

"Il faudra tirer des leçons" car "l’écologie ne s’est pas suffisamment distinguée dans sa différence et la rupture qu’elle incarne par rapport aux autres forces politiques", a réagi la porte-parole du candidat Delphine Batho.

Le candidat de l'"urgence climatique", pro-européen et tenant d'une ligne pragmatique, a dû en outre compter sur son rival de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, très présent sur les thèmes de l'écologie.

Pour le politologue Rémi Lefebvre, "le problème de l'écologie, c'est sa base sociale. Ca ne peut pas être les milieux populaires parce que les écologistes ne les rassurent pas du tout. Et la base plutôt aisée, diplômée, urbaine, a tendance à voter plus pour Macron".

Cette valse-hésitation au sein de la famille écolo s'était manifestée dès la primaire du mouvement en septembre. 

Yannick Jadot avait remporté de peu (51%) le duel avec la radicale Sandrine Rousseau. Cette victoire à la Pyrrhus allait laisser des traces. Et début mars, Sandrine Rousseau a été exclue de son équipe de campagne après la publication dans la presse de propos au vitriol.