Référendum au Mexique: le président conforté, faible participation

Un homme passe devant un mur portant un graffiti promouvant la consultation populaire sur la révocation du mandat du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador à Chimalhuacan, dans l'État de Mexico, au Mexique, le 10 avril 2022. (AFP)
Un homme passe devant un mur portant un graffiti promouvant la consultation populaire sur la révocation du mandat du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador à Chimalhuacan, dans l'État de Mexico, au Mexique, le 10 avril 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

Référendum au Mexique: le président conforté, faible participation

  • Le PAN a évoqué une consultation populaire marquée «par l'illégalité, le mensonge et le détournement des ressources publiques»
  • Soupçonné par ses opposants de vouloir utiliser ce référendum pour se faire réélire en 2024, Lopez Obrador a démenti, affirmant: «Je suis démocrate. Et je ne suis pas à faveur de la réélection»

MEXICO: Pari gagné, sur fond d'abstention: le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, va rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat en 2024, conforté dimanche par un référendum mais avec une participation inférieure à 20%.


Plus de 90% des votants (90,3% à 91,9%) ont souhaité que le leader de gauche nationaliste, 68 ans, aille jusqu'au terme de son mandat unique de six ans, d'après les résultats de l'Institut national électoral (INE), qui a également annoncé une participation de 17 à 18,2% des 93 millions d'inscrits.


"Plus de 15 millions de Mexicains sont contents et veulent que je continue jusqu'en septembre 2024", s'est félicité le président dans un message vidéo, imputant l'abstention au manque de bureaux de vote mis à disposition par l'INE.


Soupçonné par ses opposants de vouloir utiliser ce référendum pour se faire réélire en 2024, il a démenti, affirmant: "Je suis démocrate. Et je ne suis pas à faveur de la réélection".


Les Mexicains devaient répondre à la question suivante: "Etes-vous d'acord pour révoquer le mandat du président pour perte de confiance, ou pour qu'il continue à la présidence de la République jusqu'à la fin de son terme?".


Devant les journalistes, AMLO - ses initiales, son surnom - a glissé dans l'urne un bulletin barré de la mention manuscrite "Vive Zapata!", un héros de la Révolution mexicaine (1910-17).


Des files d'attente se sont formées par endroits. "J'apprécie le président, et puisqu'il me le demande, me voici", a déclaré à l'AFP Carmen Sobrino, une femme au foyer de 64 ans.


Mayra Marruenda, 29 ans, pensait s'abstenir la veille du vote. "En vérité, je crois qu'il nous a tous déçus. Je pense que c'est un jeu, une manipulation, et je ne pense pas y participer". 


Le président avait lui-même inscrit dans la Constitution en 2019 cette "consultation révocatoire", sur le modèle d'autres pays latino-américains comme le Venezuela.


«Pas en faveur de la réélection»

"On ne peut pas gouverner sans l'appui du peuple", a répété Lopez Obrador dimanche soir.


Trois partis d'opposition avaient appelé à l'abstention (PAN, de droite, PRD de gauche et l'ex-parti-Etat du PRI).


Le PAN a évoqué une consultation populaire marquée "par l'illégalité, le mensonge et le détournement des ressources publiques".


Le PRI a accusé le parti au pouvoir, Morena, d'avoir transformé le référendum en "plaisanterie", selon l'un de ses responsables sur Twitter, Alejandro Moreno.


Pour certains de ses opposants, AMLO voulait s'appuyer sur un plébiscite pour envisager une réélection, un tabou politique au Mexique depuis le "Porfiriato" : le président Porfirio Diaz - un dictateur pour certains historiens - était resté au pouvoir pendant près de 30 ans de 1884 à 1911, avant son exil et sa mort à Paris.


L'actuel président a donc démenti, ajoutant vouloir "terminer l'oeuvre de transformation (du Mexique)" et "donner la préférence aux humbles et aux pauvres".


Le Parlement examine en commission ces jours-ci une réforme du secteur de l'électricité qui veut renforcer l'entreprise publique CFE. 


Les Etats-Unis dénoncent un danger pour leurs investisseurs et agitent la menace de "litiges sans fin" dans le cadre du traité de libre-échange d'Amérique du Nord.


AMLO a également confié à l'armée la gestion des grands chantiers comme le train touristique Maya, contre lequel des défenseurs de l'environnement multiplient les recours en justice.


En trois ans, le gouvernement a considérablement augmenté le salaire minimum, tout en maintenant une politique d'austérité budgétaire, alors que la pandémie de Covid faisait près de 325 000 morts. Le Mexique a été l'un des seuls grands pays à maintenir ses frontières ouvertes, sans restrictions.


La loi prévoit un seuil de participation de 40% pour que le résultat de ce type de référendum soit contraignant pour les pouvoirs en place. 


En d'autres termes, même si le "non" l'avait emporté dimanche, le président n'était pas légalement obligé de démissionner avec un taux de participation largement inférieur à 40%.


"L'enjeu était la capacité de mobilisation de Lopez Obrador et de ses partisans. Nous avons vu que cette capacité était forte", a déclaré à l'AFP l'analyste politique Hernán Gómez Bruera.


Moins de 8% des Mexicains s'étaient déplacés en août pour un précédent référendum sur d'éventuelles poursuites judiciaires envers plusieurs prédécesseurs du chef de l'Etat.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.