La banlieue rouge parisienne, terre électorale fertile pour Jean-Luc Mélenchon

Le candidat présidentiel du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, s'adresse aux partisans de son parti au Cirque d'Hiver à Paris le 10 avril 2022. (Photo, AFP)
Le candidat présidentiel du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, s'adresse aux partisans de son parti au Cirque d'Hiver à Paris le 10 avril 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 avril 2022

La banlieue rouge parisienne, terre électorale fertile pour Jean-Luc Mélenchon

  • À l'exception de Paris et une partie de sa proche banlieue, remportées par Emmanuel Macron, le chef de la France insoumise (LFI) est arrivé en tête dans cinq départements sur 8 en Ile-de-France
  • Mélenchon a réussi à convaincre un électorat jeune et populaire, désormais très courtisé par les deux qualifiés du second tour

PARIS : Une partie de la banlieue parisienne, la "ceinture rouge", fief historique des communistes où vit une forte population d'origine immigrée parfois éloignée de la politique, a massivement voté pour le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon au 1er tour de la présidentielle.

À l'exception de Paris et une partie de sa proche banlieue, remportées par Emmanuel Macron, le chef de la France insoumise (LFI) est arrivé en tête dans cinq départements sur 8 en Ile-de-France.

Il a même décroché près de la moitié des suffrages (49,09%) en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de métropole, le seul où il était arrivé en tête en 2017 avec 34% des voix. À Saint-Denis, l'une des principales villes de la proche banlieue, il totalise 61,1% des voix.

Il a réussi à convaincre un électorat jeune et populaire, désormais très courtisé par les deux qualifiés du second tour. 

Ces électeurs n'expriment pas un vote contre l'extrême droite mais, cette année, "un vote d'adhésion à certaines mesures" prônées par Jean-Luc Mélenchon, analyse la politologue Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye (près de Paris).  

Rien de surprenant, selon Mohamed Mechmache, président de la coordination "Pas sans nous" qui a fait un tour de France des quartiers pendant la campagne. "Les habitants se sont sentis très stigmatisés, pointés du doigt comme s'ils étaient le problème de la société française. Cette colère s'est traduite par un vote en direction de Mélenchon, peut-être un peu plus proche des préoccupations" de cette population, commente cet habitant de Clichy-sous-bois, également en Seine-Saint-Denis.

À Grigny, ville la plus pauvre de France métropolitaine et fief communiste, Jean-Luc Mélenchon a séduit 56,76% des électeurs du 1er tour et demeure celui qui était capable "d'apporter un peu de changement".

 Fort ancrage en banlieue 

Il y devance très largement le président candidat Emmanuel Macron, 2e avec 16,81%, la candidate d'extrême droite Marine Le Pen (11,16%) et le communiste Fabien Roussel, soutenu par le maire de la ville (4,46%).

"Il a une vraie compréhension d'une partie de la jeunesse, notamment des quartiers populaires", explique Randy Kalubi, 24 ans, étudiant en sciences politiques, qui remercie le candidat de "ne pas opposer deux France, une supposément rurale et une autre urbaine".

Retraité des douanes, Emile n'a pas voté Mélenchon mais comprend que les habitants "de cette commune de l'assistanat" où il vit depuis une vingtaine d'années l'aient adoubé puisque "la plupart sont bénéficiaires des aides sociales".

Beaucoup voteront Macron au second tour pour "faire barrage" à Marine Le Pen, mais ça ne sera pas le cas pour Jihene qui trouve la présidente du Rassemblement National "plus sincère". 

Le vote mélenchoniste est "une constante" à Grigny, a rappelé le maire Philippe Rio, Mélenchon. "Dans ces villes où on subit, il dit de relever la tête. Et ça, bien évidemment, ça résonne".

"Et il s'occupe des immigrés", estime Marie (prénom modifié), femme de ménage de 65 ans. 

Outre la logique de vote utile à gauche, le chef de file de la gauche radicale a capté des citoyens "parmi les plus difficiles à mobiliser dans un contexte de hausse de l'abstention", notamment les jeunes des quartiers populaires issus de l'immigration, confirme Céline Braconnier. 

Abstention au second tour ? 

"Parler de l'islam, du foulard, c'est bon on a compris ! Autour de moi la préoccupation c'est le pouvoir d'achat, le logement. Dans mon immeuble, il y a des petits retraités qui ne se chauffent plus, qui mangent juste pour survivre", pointe Saïd Ijjou, 43 ans, un habitant d'une cité HLM de Bobigny, autre ville de Seine-Saint-Denis qui a voté à 60,1% pour M. Mélenchon. 

Sans "le champion de la gauche qui pouvait changer les choses", l'affiche du second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, "c'est du réchauffé... une élection micro-ondes !", raille ce technicien de maintenance. 

Ce qui laisse entrevoir une abstention massive dans ces territoires le 24 avril et aux législatives, prédit Mme Braconnier.

"Il existe un réservoir de voix issues de ces quartiers. C'est à M. Macron d'envoyer des signes très forts en termes d'emploi, de santé, d'éducation, de justice sociale (...) Les quartiers feront l'élection aussi", prédit Mohamed Mechmache. 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.