Trois Palestiniens tués au cours d'opérations israéliennes en Cisjordanie occupée

L'armée israélienne a déclaré qu'elle avait "poursuivi ses récentes activités de lutte contre le terrorisme", une semaine après qu'un homme de Jénine a tué trois personnes à Tel Aviv, sans faire de commentaire sur les derniers décès palestiniens. (AFP)
L'armée israélienne a déclaré qu'elle avait "poursuivi ses récentes activités de lutte contre le terrorisme", une semaine après qu'un homme de Jénine a tué trois personnes à Tel Aviv, sans faire de commentaire sur les derniers décès palestiniens. (AFP)
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Publié le Jeudi 14 avril 2022

Trois Palestiniens tués au cours d'opérations israéliennes en Cisjordanie occupée

  • Selon des sources locales, les trois Palestiniens tués ont été identifiés comme étant Fawaz Hamayel, 45 ans et père de six enfants, ainsi que deux jeunes hommes, Moustafa Abou Al-Rab et Shaas Kamamji
  • Ils sont morts lors d'affrontements dans des villages situés autour de la ville de Jénine, bastion des mouvements armés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie

JENINE : Les autorités palestiniennes ont annoncé jeudi la mort de trois Palestiniens tués par des forces israéliennes en Cisjordanie occupée, où l'Etat hébreu dit mener depuis près d'une semaine des "opérations de contreterrorisme", après des attaques meurtrières en plein coeur de la métropole Tel-Aviv.

"Deux jeunes ont succombé à leurs blessures dues à une attaque israélienne jeudi dans le district de Jénine", bastion des mouvements armés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie occupée, a annoncé le ministère palestinien de la Santé dans un communiqué. 

Un troisième Palestinien est mort jeudi après avoir été "grièvement blessé par des balles israéliennes" la veille lors de heurts dans le village de Beita près de Naplouse, également dans le nord du territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, a indiqué la même source.

L'armée israélienne a lancé samedi une vaste opération en Cisjordanie pour traquer des suspects liés selon elle à de récentes attaques anti-israéliennes meurtrières.

Depuis le 22 mars, Israël a été frappé par quatre attaques, les deux premières menées par des Arabes israéliens liés à l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) et les deux dernières par des Palestiniens originaires du secteur de Jénine. 

Ces attaques ont fait au total 14 morts, tandis que 21 Palestiniens, incluant des assaillants, ont été tués dans des violences depuis cette date, selon un décompte de l'AFP.

Arrestations

L'armée israélienne a dit effectuer des "opérations de contre-terrorisme" en Cisjordanie, sans se prononcer dans l'immédiat sur les victimes rapportées par les autorités palestiniennes.

"Au cours de l'opération, des dizaines de Palestiniens ont violemment attaqué les soldats, tiré sur les forces (israéliennes) et lancé des engins explosifs sur eux, mettant leur sécurité en danger", a déclaré l'armée à l'AFP, ajoutant que ses "soldats avaient riposté avec des balles réelles".

Selon des sources locales, les trois Palestiniens tués ont été identifiés comme étant Fawaz Hamayel, 45 ans et père de six enfants, ainsi que deux jeunes hommes, Moustafa Abou Al-Rab et Shaas Kamamji. Ce dernier est le frère d'Ayham Kamamji, un membre du Jihad islamique qui s'était évadé d'une prison de haute sécurité en Israël en septembre avec cinq autres détenus avant d'être capturé. 

Selon le Club des prisonniers palestiniens, organisation civile de défense des détenus palestiniens écroués en Israël, l'Etat hébreu a arrêté plus de 200 Palestiniens depuis le début du mois d'avril, dont environ la moitié au cours des six derniers jours.

«Martyrs»

Faisant référence aux opérations des forces israéliennes à Jénine, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev, a promis mercredi que leur "intensité ne fera qu'augmenter".

Mercredi, Mohammad Assaf, un avocat palestinien des droits humains âgé de 34 ans et deux jeunes palestiniens, Qousaï Hamara, 16 ans et Amer Elyan, 18 ans, ont été tués par l'armée israélienne qui menait des opérations dans différents secteurs de Cisjordanie occupée, où les violences ont fait des dizaines de blessés selon le Croissant-Rouge palestinien.

Le Jihad islamique, principal mouvement islamiste armé après le Hamas, a salué dans un communiqué le "martyre héroïque" des deux jeunes palestiniens.

Amer Elyan, dont le corps porté par la foule était enveloppé d'un drapeau palestinien, a été enterré jeudi soir à Silwad, au nord de Ramallah (centre).

"L'unique voeu de mon fils était de devenir un martyr, comme toute sa génération, car ils ne voient ni futur ni horizon politique pour eux", a déclaré son père Mohammad à l'AFP.

Lundi, deux Israéliens ont été blessés par balles après être rentrés à Naplouse, l'un d'eux affirmant à la chaîne israélienne Kan avoir voulu visiter la tombe de Joseph, lieu de pèlerinage.


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".


L'Iran fait état d'un appel entre son chef de la diplomatie et le Premier ministre qatari

  • Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts"
  • Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis.

Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts et la coordination afin d'éviter une escalade des tensions dans la région", a précisé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha.


Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran

La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
  • A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens
  • Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi

NAJAF: La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran.

Cette étape irakienne des cérémonies organisées depuis samedi par l'Iran pour l'adieu à son dirigeant tué le 28 février, au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis, intervient alors que des hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran.

Après des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens.

Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran, ont déclaré la journée de mercredi fériée et annoncé le déploiement d'un important dispositif de sécurité.

A Najaf, la foule a afflué au départ de la procession, qui doit parcourir six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, où des dizaines de religieux se tenaient prêts à prier sur le cercueil.

Des fidèles se sont approchés pour toucher le cercueil de Ali Khamenei posé à l'arrière d'un camion. Plus tard dans la journée, la dépouille s'envolera vers Kerbala, plus au nord, jusqu'aux sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.

L'un des fils du défunt dirigeant, Moustafa, participe à cette étape irakienne. Son autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême, n'a pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars.

 "Occasion à ne pas manquer" 

"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole à Kerbala, tandis qu'une autre montre une photo de Khamenei avec la phrase: "Celui qui a humilié l'Amérique".

"C'est une occasion à ne pas manquer, de participer aux funérailles de celui qui a défié la puissance de l'Amérique et d'Israël", s'enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, à Najaf.

Haidar Jaafar, qui a voyagé pendant des heures depuis la ville de Bassora dit lui s'attendre à l'afflux de millions de personnes "simplement parce que (Khamenei) a été tué par des mains israélo-américaines".

La ville est le principal centre des séminaires chiites, où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné.

Alliés

Venu accompagner cet hommage, le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations".

Les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

Les deux pays sont devenus de proches alliés après sa chute en 2003 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.

Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient, en soutien à l'Iran, en attaquant des installations américaines en Irak.

Concluant ces obsèques nationales, l'inhumation aura lieu jeudi à Mashhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.