Le «metavers», popularisé par Mark Zuckerberg, commence à peine à sortir des limbes

Une personne joue à l'aide d'un casque de réalité virtuelle (VR) lors du salon de la technologie en réalité virtuelle, réalité augmentée et 3D "Laval Virtual", le 6 avril 2018, à Laval, dans le nord-ouest de la France. (AFP).
Une personne joue à l'aide d'un casque de réalité virtuelle (VR) lors du salon de la technologie en réalité virtuelle, réalité augmentée et 3D "Laval Virtual", le 6 avril 2018, à Laval, dans le nord-ouest de la France. (AFP).
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Publié le Vendredi 15 avril 2022

Le «metavers», popularisé par Mark Zuckerberg, commence à peine à sortir des limbes

  • «Internet a d'abord permis d'aller chercher de l'information, puis de se connecter avec d'autres. Avec le metavers, il va permettre d'avoir une expérience complète», tente de résumer Arnaud Dressen, le patron de Wonda
  • «Je vois plutôt des metavers qu'un metavers», explique Dressen, qui se réjouit de voir des architectes du monde réel s'intéresser aux constructions des mondes virtuels

LAVAL : Grand pari de Mark Zuckerberg et du monde connecté, le "métavers" est un concept prometteur mais encore très flou, selon les spécialistes de la réalité virtuelle et augmentée réunis cette semaine pour leur grand-messe en France.

"Internet a d'abord permis d'aller chercher de l'information, puis de se connecter avec d'autres. Avec le metavers, il va permettre d'avoir une expérience complète, une immersion, qui fait oublier les écrans", tente de résumer Arnaud Dressen, le patron de Wonda, qui vend à des entreprises des univers en 3D pour des formations.

Chez Wonda, le quartier général est installé dans un local virtuel en 3D. "Notre seul espace central, qui est toujours là pour tous, c'est un espace virtuel" où les collaborateurs se retrouvent sous forme d'avatar, explique l'entrepreneur. Un petit morceau de metavers, qu'il rêve de voir s'interconnecter avec d'autres. 

"Je vois plutôt des metavers qu'un metavers", explique Arnaud Dressen, qui se réjouit de voir des architectes du monde réel s'intéresser aux constructions des mondes virtuels. "Ils commencent à comprendre qu'il y a de vrais projets d'architecture à faire dans les mondes virtuels", assure-t-il.

"Pour ce faire, le metavers devra inclure beaucoup de gens différents. S'il est concentré entre quelques grandes plateformes, avec quelques personnes qui décident pour tout le monde, ca ne marchera pas", ajoute-t-il.

Sur un autre stand de Laval Virtual, le Polonais Chris Wrobel, patron d'une petite entreprise qui commercialise des robots conversationnels (chatbot) incarnés dans des avatars, voit le metavers comme une "opportunité commerciale".

Sa société cherche à "faire incarner des marques par des personnes virtuelles", en jouant sur leur tenue, leur voix, leur forme.

Il faut que les consommateurs puissent "devenir amis avec elles", dit-il.

Au stand d'à côté, Thibaut Daudin, ingénieur de recherche dans le laboratoire privé d'intelligence artificielle Spirops (une vingtaine de collaborateurs) présente ses travaux sur l'animation d'avatars. 

Spirops parvient à animer des personnages virtuels de manière réaliste, avec une quantité réduite de données.

Avatars animés artificiellement 

"Dans l'idéal, le metavers devrait être un système qui permet de concilier des technologies différentes" de mondes virtuels, pour les rendre compatibles ensemble, estime Thibaut Daudin. Il regrette par exemple qu'il n'y ait pas d'accord sur les formats techniques des avatars. 

Si c'était le cas "les petites entreprises pourraient dès maintenant s'adapter, investir" sans crainte d'avoir misé sur le mauvais cheval, regrette-t-il.

En attendant Spirops travaille notamment sur les foules - comment les reconstituer dans un univers virtuels. "L'erreur fondamentale c'est de penser qu'on va peupler le metavers avec uniquement des avatars d'êtres humains", dit-il. 

Loin de l'enfermement dans des casques de réalité virtuelle, Michel Ruiz, patron de la petite start-up Kaviar Tech (7 collaborateurs), voit lui l'avenir dans la réalité augmentée - des images, des formes sont projetées dans des lunettes pour se superposer au monde réel, sans le cacher.

"Le metavers, c'est une deuxième couche d'information que l'on pose sur le monde réel", explique-t-il. "Vous visitez un parc naturel quelque part, et grâce à vos lunettes de réalité augmentée, vous parlez à un hologramme mu par une intelligence artificielle, qui vous guide et vous informe".

Michel Ruiz ne croit pas aux mondes 100% virtuels, dans lequel "on se créerait un personnage idéal, à travers lequel on vivrait par procuration".  

En tout cas, le metavers "aura besoin d'un casque européen", qui "ne soit pas un casque chinois ou américain avec au-dessus un cloud qui vient pomper nos données", avertit de son côté Stan Larroque, le directeur général de Lynx, une start-up française d'une quinzaine de personnes qui s'apprête à livrer cet été ses premiers casques légers, intermédiaires entre réalité virtuelle et réalité augmentée.

"C'est maintenant que ca se joue" pour réussir à lancer un matériel européen, "sinon on se réveillera encore dans deux ou trois ans quand il sera trop tard", dit-il.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.