Ce que le quinquennat Macron a changé à l'Elysée

Pour financer une partie de ces travaux, l'Elysée a lancé des produits dérivés (mugs, espadrilles, T-shirts...), sur le site en ligne boutique.elysee.fr. (Photo, AFP)
Pour financer une partie de ces travaux, l'Elysée a lancé des produits dérivés (mugs, espadrilles, T-shirts...), sur le site en ligne boutique.elysee.fr. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 16 avril 2022

Ce que le quinquennat Macron a changé à l'Elysée

Pour financer une partie de ces travaux, l'Elysée a lancé des produits dérivés (mugs, espadrilles, T-shirts...), sur le site en ligne boutique.elysee.fr. (Photo, AFP)
  • Exit les tableaux monumentaux des chefs d'Etat qui intimidaient les visiteurs au premier étage. Ils sont remplacés par des œuvres d'artistes modernes ou contemporains
  • Employant quelque 800 personnes, l'Elysée est loin du modèle start-up cher à la Macronie, mais des efforts ont été entrepris pour rendre son fonctionnement moins opaque et plus efficace

PARIS: Les dorures sont toujours là, mais le siège de la présidence française s'est transformé en cinq ans sous l'impulsion d'Emmanuel et Brigitte Macron qui l'ont modernisé et ouvert au public, même s'il reste le palais des secrets du pouvoir. 

Coup de jeune 

La « première maison de France » avait peu changé sous les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. A leur arrivée, les Macron, premier couple officiel à s'y installer en une décennie, décident que l'hôtel d'Evreux a besoin d'un sérieux coup de jeune. 

Exit les tableaux monumentaux des chefs d'Etat qui intimidaient les visiteurs au premier étage. Ils sont remplacés par des œuvres d'artistes modernes ou contemporains issues des collections du Mobilier national, comme Soulages, Alechinsky ou Delaunay, tout comme les meubles et les tapis. 

La rénovation la plus audacieuse est celle de la salle des fêtes, la pièce la plus prestigieuse du palais: exit le rouge empire et les lourds rideaux à pompon, place au gris dans toutes ses nuances.  

Les imposantes tapisseries des Gobelins, dont certaines étaient accrochées depuis 40 ans, disparaissent de ses murs. Supervisé par Brigitte Macron, ce chantier terminé début 2019 a coûté 500 000 euros. 

Pour financer une partie de ces travaux, l'Elysée a lancé des produits dérivés (mugs, espadrilles, T-shirts...), sur le site en ligne boutique.elysee.fr. 

« Emmanuel Macron a utilisé le château comme un décor de sa propre mise en scène. Et il en a fait la vitrine de sa France idéale, éternelle et moderne... en même temps », résume la journaliste Julie Marie-Leconte dans son livre « L'Elysée, Visite privée » (L'Archipel, mars 2022).  

Youtubeurs et stars 

L'autre priorité du couple Macron est d'ouvrir les portes de l'Elysée au public. Cette ambition sera toutefois stoppée net par la crise du Covid. 

Outre les Journées du Patrimoine, très courues, des opérations portes ouvertes sont organisées, comme celles du « Fabriqué en France » où sont exposés les produits tricolores les plus innovants. 

Nettement plus ébouriffant: les concerts donnés dans la cour d'honneur à l'occasion de la Fête de la musique. Surtout lorsque Kiddy Smile, star de la scène électro, pose sur le perron avec un T-shirt où est inscrit « Fils d'immigré, noir et pédé ». Buzz et polémique assurés. 

Les codes sont aussi cassés avec la venue en 2021 des youtubeurs stars Macfly et Carlito pour un « concours d'anecdotes » avec le président, qui se termine dans le parc avec un mini-concert de métal. 

Avant le Covid, le couple Macron accueille au palais des stars internationales investies dans des causes humanitaires ou environnementales, comme Rihanna, Bono ou Arnold Schwartzenegger, ce qui renforce la notoriété du jeune président à l'international. 

L'Elysée aime aussi mettre les petits plats dans les grands pour des réceptions à thème: 1 000 jeunes agriculteurs reçus en février 2018, plus d'un millier de maires, 180 chefs étoilés ou 120 créateurs... « Quand j'ai reçu l'invitation de l'Elysée, je n'y croyais pas. C'est quand même un honneur d'être là », confesse Sébastien Favata, jeune éleveur de vaches en Ardèche. 

Efficacité et secret 

Employant quelque 800 personnes, l'Elysée est loin du modèle start-up cher à la Macronie, mais des efforts ont été entrepris pour rendre son fonctionnement moins opaque et plus efficace.  

Une réforme de son administration est engagée dès 2017 et s'accélère à la suite de la tonitruante affaire Alexandre Benalla, qui met en lumière ses faiblesses. Un directeur général des services est alors nommé pour superviser la réorganisation en quatre services, dont celui, très sensible, de la sécurité. 

Parallèlement, tout en multipliant les vidéos officielles sur les réseaux sociaux, l'Elysée cherche à maintenir un secret absolu sur les coulisses du pouvoir : interdiction aux ministres de parler à la presse après le Conseil des ministres, consignes de silence pour les conseillers, projet -finalement avorté- de fermer la salle de presse dans la cour de l'Elysée... 

Châteaux et résidences 

Le président aime sortir de l'Elysée pour recevoir ses hôtes dans d'autres palais prestigieux, comme le château de Versailles. 

Pour se reposer, le couple Macron retrouve le chemin des résidences de la République, délaissées par son prédécesseur: La Lanterne, dans le parc de Versailles, pour les week-ends, et le fort de Brégançon, sur la Côte d'Azur, pour les vacances.  

Au début du quinquennat, l'Elysée reprend la gestion directe de ce fort et y entreprend des travaux de rénovation, avec l'installation d'une piscine hors-sol pour un coût déclaré de 34 000 euros, ce qui provoque une polémique en 2018. 


Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
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  • D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger
  • Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

NANTES: Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

"Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre", a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger.

Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l'AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus "cagoulés" sont arrivés et ont ouvert le feu "un peu à l'aveugle" sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d'immeubles construites au milieu de la verdure au bord d'une rivière, a rappelé le ministre.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont "très probablement liés" au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n'indiquait que les adolescents visés par les tirs "et a fortiori" celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est "très convoité", la police ayant interpellé cinq personnes en mars et "quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire", a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon.

Le 11 mai à Nice, en plein après-midi, un homme déposé en voiture avec une trottinette avait tiré par rafales en direction d'un groupe devant un café et un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 ans et 39 ans. Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement.

Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie "d'intimidation" a conduit à la mort de trois personnes, "qui n'avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants", a rappelé M. Nuñez.

"Très peur" 

"Il y a des drames qui se produisent", mais "il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s'est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante" contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Vendredi matin, trois impacts de balles sont toujours visibles dans la porte d'entrée de l'immeuble du 3 rue de Pornichet, où les tirs se sont produits.

Une habitante de l'immeuble a décrit à l'AFP, sous couvert d'anonymat, comment elle a découvert l'un des adolescents touchés par balle "qui ne respir(ait) plus", disant avoir pensé à lui "toute la nuit".

Une voisine "envisage de quitter le quartier où elle a grandi". Son petit garçon de 10 ans a dit avoir "très peur". "Ça m'inquiète, j'en ai assez de tout ça", se désole le garçonnet qui ne veut plus dormir qu'au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines.

Le trafic s'est "installé petit à petit", a témoigné auprès de l'AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet "depuis 1995" et qui se dit "profondément choquée".

"Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint en fait et là ça fait vraiment peur à tout le monde", a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, "des plus grands, cagoulés, tout en noir".

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.