Aux Etats-Unis, même les chiens ont leur test ADN

Cette photo fournie par Embark Veterinary le 15 avril 2022 montre une personne prélevant un échantillon de son chien afin de tester l'ADN du chien. (Polycopié/Embark Veterinary/AFP)
Cette photo fournie par Embark Veterinary le 15 avril 2022 montre une personne prélevant un échantillon de son chien afin de tester l'ADN du chien. (Polycopié/Embark Veterinary/AFP)
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Publié le Samedi 16 avril 2022

Aux Etats-Unis, même les chiens ont leur test ADN

  • Les Américains ont dépensé près de 104 milliards pour leurs animaux en 2020, selon l'American pet products association, soit l'équivalent... du PIB de la Slovaquie
  • Dans ce pays très procédurier, si le chien adopté est à moitié pitbull, «ça pourrait poser problème» auprès d'un propriétaire trop regardant

WASHINGTON : Le rituel est devenu familier. Ouvrir le kit, faire tourner l'écouvillon, le plonger dans la solution et mélanger, puis attendre impatiemment le résultat. Sauf que cette fois, c'est au creux de la bajoue que l'on prélève le frottis et, surtout, il ne s'agit pas d'un dépistage du Covid-19 mais d'un test ADN pour chien.

La popularité de ces tests, apparus il y a une quinzaine d'années, a récemment explosé aux États-Unis, où près de 40% des familles possèdent au moins un de ces compagnons à poil.

Embark Vet, fondée en 2015 et qui commercialise l'un des kits les plus populaires aux Etats-Unis, assure par exemple à l'AFP avoir connu une croissance de 235% entre 2019 et 2020. Et la pandémie a encore amplifié le mouvement, confie une vétérinaire.

Ils ne sont pas donnés, de 100 à 200 dollars selon les kits. Mais au pays où le chien est roi, ce n'est pas un problème: les Américains ont dépensé près de 104 milliards pour leurs animaux en 2020, selon l'American pet products association, soit l'équivalent... du PIB de la Slovaquie.

- «Mettre fin aux rumeurs» -

Une fois l'échantillon envoyé par la poste, l'attente pourra durer entre deux semaines et un mois. Premier objectif, avoir le coeur net quant à la race du toutou.

Parfois, lorsque le maître a acquis un chien de race, il s'agit de vérifier qu'il n'y a pas eu erreur sur la marchandise. C'est le cas d'Ashley Ternyila, qui vit dans le New Jersey. Le berger allemand qu'elle avait acheté auprès d'un éleveur ressemblait un peu trop à un loup, malgré sa fourrure blanche, alors «pour mettre fin aux rumeurs, on l'a fait tester», dit-elle.

Mais pour les propriétaires ayant fait le choix de l'adoption auprès de refuges, il s'agit plutôt de tenter de combler les zones d'ombres de la vie d'avant de celui qui fait désormais partie intégrante de la famille.

«Avoir un chien, c'est aussi vouloir savoir d'où il vient, quelle est son histoire», explique Mila Bartos, avocate de 51 ans qui vit à Washington. Elle a adopté ses trois chiennes, Natty, Maisie et Mabel, et pour chacune a procédé à un test ADN, s'offrant ainsi un aperçu de leur arbre généalogique.

Elle a ainsi découvert que Natty, mélange de pitbull, beagle, chow-chow et berger allemand, avait un cousin vivant tout près, à Baltimore, ou encore que Maisie, pour moitié labrador et au brun pelage lustré, descendait d'une longue lignée de chiens de concours.

De son côté, Levi Novey, un consultant de 42 ans installé en Virginie, assure que le test lui a permis de «mieux comprendre» le comportement de Summer, sa minuscule chienne noire de 6 kilos, «son énergie, son instinct de chasseuse» et «la façon dont elle choisit les gens auxquels elle fait des câlins».

C'est notamment ce «désir de comprendre, prédire et anticiper les actions de leurs chiens» qui renforce la curiosité des propriétaires à l'égard de la race de leur toutou, analyse Allen McConnell, professeur de psychologie spécialisé dans le rapport des humains à leurs animaux de compagnie.

Les races de chiens sont en effet porteuses de stéréotypes -- «les labradors interagissent bien avec les enfants, les pitbulls sont des chiens de garde agressifs» -- qui, même s'ils se révèlent parfois inexacts, peuvent aider à interpréter la conduite de l'animal, détaille-t-il.

- Marqueurs génétiques -

Levi Novey a aussi été rassuré de voir que Summer ne présentait pas de prédisposition à une quelconque maladie génétique. Car c'est l'un des arguments de vente pour ces tests: les plus chers permettent de passer en revue l'ADN à la recherche des gènes provoquant anomalies cardiaques, trouble des fonctions rénales, surdité prématurée...

Mais attention, prévient Sarah Bowman, vétérinaire à Washington, ce n'est pas parce qu'un chien possède «le marqueur génétique (d'une pathologie) qu'il est atteint de la maladie». Tout au plus ces tests permettent-ils d'avoir conscience du risque et d'exercer une plus grande vigilance en la matière, explique-t-elle.

L'association des vétérinaires américains encourage d'ailleurs à consulter l'un de ses praticiens «avant de prendre une quelconque décision sur la foi des résultats de ces tests».

Et puis, les apprentis testeurs devraient peut-être aussi prendre garde aux répercussions... juridiques. Aux États-Unis comme ailleurs, certaines races de chiens sont vues comme agressives, à l'instar des pitbulls ou les staffordshire terriers, et se trouvent donc bannies de certains appartements.

Or dans ce pays très procédurier, si le chien adopté est à moitié pitbull, «ça pourrait poser problème» auprès d'un propriétaire trop regardant, prévient Mila Bartos en sa qualité d'avocate. «Et si vous ne souhaitez pas connaître cette information, alors vous ne devriez probablement pas faire de test ADN.»


L'armée américaine arraisonne un bateau suspecté de se diriger vers un port iranien

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
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  • L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations
  • En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné un navire marchand dans la mer d'Arabie, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien", a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"A ce jour, 39 navires ont été redirigés afin de garantir le respect" du blocus, a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une vidéo montrant un hélicoptère au-dessus du navire alors que les Marines américains descendaient en rappel sur des conteneurs empilés sur le bateau.

L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit.

En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth avait affirmé aux journalistes en avril que Washington maintiendrait son blocus "aussi longtemps qu'il le faudra".

"Ce blocus s'applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens", avait précisé le chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, présent aux côtés de Pete Hegseth.

 

 


Donald Trump presse l'Iran de faire «vite» pour conclure un accord

 Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
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  • Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril
  • Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social

TEHERAN: Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Les conséquences se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale iranienne, le rial, a atteint mercredi un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.

Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le nucléaire: on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

"Devenir intelligents" 

Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social.

Dans le même message est publié un photo-montage du président portant un fusil d'assaut au milieu d'un décor de guerre, avec ce commentaire : "FINI DE JOUER LES GENTILS!".

Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz.

L'Iran le verrouille depuis le début de la guerre et les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, repoussant à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.

 "Plus de risques" 

Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un long blocus des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.

D'après le journal, M. Trump estime pouvoir forcer Téhéran à suspendre l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.

L'Iran réaffirme de son côté régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.

Selon des responsables américains cités par le WSJ, Donald Trump considère en outre que bloquer les infrastructures portuaires iraniennes permettrait de continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole.

Le locataire de la Maison Blanche "a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus", ont indiqué ces responsables.

Téhéran a appelé de son côté Washington à renoncer à ses exigences "irrationnelles", estimant que les Etats-Unis n'étaient "plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes".

Audition de Hegseth 

Alors que l'Iran annonce régulièrement des arrestations ou pendaisons de personnes accusées de liens avec Israël ou les Etats-Unis, le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU a affirmé mercredi que 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit.

L'Iran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.

Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise.

Chaque camp accuse l'autre de violer une trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.

Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fournie.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.