Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose

Emmanuel Macron tient son premier grand meeting d'entre-deux-tours, à Marseille. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron tient son premier grand meeting d'entre-deux-tours, à Marseille. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 16 avril 2022

Écologie, jeunesse, gauche: à Marseille, Macron du vert au rose

Emmanuel Macron tient son premier grand meeting d'entre-deux-tours, à Marseille. (Photo, AFP)
  • Proposition choc: Emmanuel Macron a promis un Premier ministre «directement chargé de la planification écologique», «appuyé par deux ministres forts»
  • «Le 24 avril, c'est un référendum pour ou contre l'Union européenne»

MARSEILLE: En annonçant lors d'un meeting à Marseille vouloir un Premier ministre « directement chargé de la Planification écologique », concept cher à Jean-Luc Mélenchon, le candidat Macron a tendu la main samedi aux électeurs de gauche et à la jeunesse, clé du second tour. 

« La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas »: le président-candidat a martelé vouloir « changer de paradigme », dans les jardins du Pharo où il a passé la grande partie de son discours à parler climat et avenir. 

Annonce-phare : le Premier ministre « sera directement chargé de la planification écologique », « parce que cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements; bref, toutes les politiques », a énuméré Emmanuel Macron. 

La proposition n'est pas sans rappeler celle de Jean-Luc Mélenchon, 22% des suffrages au premier tour, neuf points de plus à Marseille, alors que l'équipe du candidat Macron entend parler à ces électeurs de gauche, et singulièrement aux jeunes. 

A une semaine du second tour, le tournant - ou « l'enrichissement » du projet, selon le vocable macronien - se voulait spectaculaire. 

Dans cette nouvelle architecture gouvernementale, le chef du gouvernement sera(it) épaulé de deux ministres: l'un chargé de la « Transition énergétique », l'autre de la « Planification écologique territoriale ». 

Objectif: « Faire de la France la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon », a plaidé le candidat toujours favori des sondages, qui a pris le temps de tacler sa rivale d'extrême droite: « même incompétente, elle est climatosceptique ». 

Sobriété énergétique, développement du solaire, de l'éolien, de la filière hydrogène, construction de nouvelles centrales nucléaires, développement du fret ferroviaire et fluvial: le candidat a rappelé les fondamentaux de son programme. 

Il y a ajouté un accent sur la qualité de l'air, en voulant lancer « immédiatement un effort massif de purification de l'air dans nos écoles, nos hôpitaux et tous les bâtiments publics », en insistant sur les 50 000 morts dus à la pollution, « dont certains enfants ». 

La plantation de 140 millions d'arbres d'ici 2030 est également annoncée, avant une « Fête de la nature », sur le modèle de celle de la musique, chaque quatrième samedi du mois du mai. 

« Référendum pour ou contre la République »  

Au-delà des mesures, c'est la promesse de « renouvellement complet », que le candidat a mis en avant, jurant n'avoir « aucune envie de faire ‘5 ans de plus’. Non, je ne veux pas les faire en plus » mais « je veux complètement refonder », a-t-il lancé, en tentant de retrouver les accents de la « Révolution » de sa campagne d'il y a cinq ans, lorsqu'il s'agissait de « renverser la table ». 

Outre l'écologie, il a aussi vanté l'intégration, la « fraternité », et appelé à ne pas stigmatiser les musulmans, dénonçant « le grand rabougrissement » promis, selon lui, par Marine Le Pen. 

Les électeurs de gauche peuvent-ils l'entendre? A Marseille, devant un parterre de personnalités ex-LR devenues soutien du président-candidat (Christian Estrosi, Renaud Muselier, Eric Woerth, Hubert Falco, Martine Vassal), l'absence du maire PS Benoît Payan, dont la venue était un temps espérée, a jeté une ombre sur la carte postale. 

Cet électorat, qui a glissé un vote Mélenchon dimanche dernier - « mais souvent davantage comme un vote utile pour soutenir la gauche que par adhésion à la radicalité de LFI », selon un stratège macroniste - est plus que jamais crucial pour Emmanuel Macron. 

Qui n'a d'ailleurs pas hésité à évoquer à deux reprises « l'avenir en commun », l'intitulé du programme de Jean-Luc Mélenchon! 

Mais, plus encore qu'un vote pour Mme Le Pen, c'est l'abstention ou le vote blanc qui est craint, le 24 avril. 

« On vous a farci la tête (en vous disant que l'extrême droite et moi), c'était la même chose: non, ça n'est pas la même chose », a alors affirmé Emmanuel Macron, en haussant le ton. 

Avant de poser les enjeux, selon lui, du scrutin: « Le 24 avril, c'est un référendum pour ou contre l'Union européenne ». En recourant à l'anaphore, il déroule: « un référendum pour ou contre l'écologie », « un référendum pour ou contre notre jeunesse », « un référendum pour ou contre notre République ». 


Macron va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.