Manifestations à Beyrouth contre le projet de loi sur le contrôle des capitaux

Un vendeur de change affiche des billets en livres libanaises dans un magasin de change à Beyrouth, au Liban, en mars. (Photo, Reuters)
Un vendeur de change affiche des billets en livres libanaises dans un magasin de change à Beyrouth, au Liban, en mars. (Photo, Reuters)
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Publié le Mardi 19 avril 2022

Manifestations à Beyrouth contre le projet de loi sur le contrôle des capitaux

  • Les contrôles formels des capitaux font partie des recommandations politiques du Fonds monétaire international (FMI)
  • Les déposants se sont rassemblés près du Parlement pour empêcher les députés d’assister à la séance

BEYROUTH: Mardi, des manifestations ont eu lieu à Beyrouth contre un projet de loi sur le contrôle des capitaux, alors même que des commissions parlementaires examinaient ce projet de loi.
Les contrôles formels des capitaux font partie des recommandations politiques du Fonds monétaire international (FMI). Le Liban espère bénéficier d’un programme d’aide du FMI après l’implosion du système financier du pays en 2019, qui a paralysé le système bancaire et bloqué l’accès des déposants à leurs comptes en dollars américains.
Les déposants se sont rassemblés près du Parlement pour empêcher les députés d’assister à la séance. Les membres des syndicats des professions libérales ont également organisé des sit-in devant leurs sièges pour protester contre le projet de loi.
Ils estiment que ce dernier est injuste pour les déposants qui, selon eux, sont contraints de subir les conséquences de la crise économique et de la corruption dans le pays.
«La question de l’argent des déposants est l’une des plus immorales au Liban. C’est une question nationale, humanitaire et sociale par excellence. Nous avons perdu toutes les économies de notre vie et maintenant, après plus de deux ans, ils veulent imposer un contrôle de capitaux», indique le bâtonnier de Beyrouth, Nader Gaspard.
«Les banques n’ont pas fermé leurs portes et les propriétaires ont toujours leurs jets privés et leurs villas luxueuses. Maintenant, ils veulent parler de la répartition des pertes sans aucun plan concret?»
«Nous allons intensifier notre action. Une grève n’est pas suffisante. La Constitution doit être respectée et nous n’accepterons pas des lois qui légitiment la mainmise sur l’argent des déposants.»
«Il est interdit de toucher à l’argent des déposants. La Fédération participera à toutes les actions pour faire face à ceux qui tentent de s’emparer de leur argent», déclare la Fédération des syndicats des employés des banques.
L’ordre des journalistes libanais s’est également opposé à la tentative d’adoption d’un projet de loi sur le contrôle des capitaux, ainsi qu’au maintien des restrictions sur les dépôts et les fonds syndicaux.
«Les syndicats ont des dépôts dans les banques et certains fonds mutuels déposent des sommes importantes dans les banques, à savoir des souscriptions et des dons pour assurer les retraites des gens. Est-ce que cela veut dire que l’argent d’environ un million de personnes s’est évaporé?», se demande le président de l’ordre, Joseph Kossaifi.
Dans une lettre adressée au Premier ministre, Najib Mikati, l’Association des banques du Liban (ABL) écrit: «La proposition du FMI de faire supporter les pertes aux banques est injuste, tout comme la proposition d’imputer une grande partie de ces pertes aux déposants revient à exonérer l’État et la Banque du Liban de la dette et des pertes.»
«Si cela devait se produire, les banques, les actionnaires et les déposants engageraient des poursuites contre l’État et la BDL, qui ont bénéficié des fonds des banques et des déposants et refusent toujours de trouver des solutions satisfaisantes pour résoudre le problème.»
Mardi, M. Mikati a assuré à une délégation de l’ABL que «l’une des priorités du gouvernement dans le processus économique est de préserver les droits des déposants. Le plan de relance donne la priorité à la préservation des droits des personnes, à la réactivation des différents secteurs productifs et à la préservation du secteur bancaire.»
Comme le gouvernement insiste sur ses amendements au projet de loi et exige que le Parlement l’approuve rapidement après avoir conclu un accord préliminaire avec le FMI, le président de la commission de l’administration et de la justice, le député George Adwan, a annoncé à l’issue des réunions de la commission parlementaire que «le gouvernement n’a présenté aucun plan de relance». «Nous avons supprimé certains articles du projet de loi afin que personne ne puisse dire que le Parlement ne veut pas de la loi sur le contrôle des capitaux», ajoute-t-il.
M. Adwan a ajouté que les affirmations de M. Mikati concernant le non-gaspillage des dépôts des citoyens sont «de simples paroles sans aucune action concrète».
Par ailleurs, les pharmacies libanaises ont fermé leurs portes mardi en signe de protestation contre l’instabilité sécuritaire dans le pays et le meurtre d’une pharmacienne sur son lieu de travail, lundi, dans le village de Mrouj, au Mont-Liban.
Leila Rizk a été retrouvée morte dans les toilettes de la pharmacie lundi soir. La pharmacienne, mère de trois enfants, a exercé ce métier pendant vingt ans.
Joe Salloum, président de l’ordre des pharmaciens, a condamné ce crime et a demandé aux forces de sécurité de protéger les pharmacies en raison du «chaos sécuritaire actuel».
Bien que l’enquête préliminaire n’ait pas révélé les raisons du crime, les informations semblent indiquer qu’il ne s’agissait pas d’un vol d’argent ou de médicaments.
Le président Michel Aoun a appelé M. Salloum et lui a assuré que des instructions avaient été données aux services de sécurité pour «poursuivre et arrêter» les auteurs de ces actes.
Mardi, M. Aoun a rencontré l’ambassadeur du Liban en Arabie saoudite, Fawzi Kabbara, avant son départ pour le Royaume. Quant à l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban, Walid Boukhari, il est rentré à Beyrouth la semaine dernière.
«Le président a toujours veillé à assurer les meilleures relations entre le Liban et les pays arabes frères en général, et les pays du Golfe en particulier, notamment l’Arabie saoudite», a souligné M. Kabbara. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.