Présidentielle: Macron-Le Pen, le match retour

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font face mercredi soir lors d'un débat télévisé à gros enjeux à quatre jours du second tour. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font face mercredi soir lors d'un débat télévisé à gros enjeux à quatre jours du second tour. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

Présidentielle: Macron-Le Pen, le match retour

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font face mercredi soir lors d'un débat télévisé à gros enjeux à quatre jours du second tour. (Photo, AFP)
  • C'est le pouvoir d'achat, thème phare de la campagne de la candidate d'extrême droite, qui ouvrira le bal de 2H30
  • Température ambiante: 19 degrés. Temps de parole: 2h30 à partir de 21h00. L'un, Emmanuel Macron, sera à gauche de l'écran, l'autre, Marine Le Pen, à droite soit le positionnement inverse d'il y a cinq ans

PARIS: Le décor est planté: les deux finalistes à la présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font face mercredi soir lors d'un débat télévisé à gros enjeux à quatre jours du second tour. 

Température ambiante: 19 degrés. Temps de parole: 2h30 à partir de 21h00. L'un, Emmanuel Macron, sera à gauche de l'écran, l'autre, Marine Le Pen, à droite soit le positionnement inverse d'il y a cinq ans. 

Et pour les arbitrer dans un studio de la Seine-Saint-Denis: les journalistes vedettes de TF1 et France 2, Gilles Bouleau et Léa Salamé. 

Après moult tractations et tirages au sort de ce rendez-vous incontournable de toute présidentielle, c'est finalement la candidate RN qui s'exprimera en premier et en dernier. 

Egalement tiré au sort, le pouvoir d'achat sera le premier thème abordé. Il reste la principale préoccupation des Français, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria auprès de plus de 12.000 personnes et publié mercredi. 

Selon les experts, l'exercice ne bouleverse habituellement pas les dynamiques d'intentions de vote. Mais il pourrait servir à remobiliser certains électorats et "déplacer davantage de voix que ce qu'on a observé depuis le début de la Ve République", indique Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France. D'autant qu'une éventuelle forte abstention pourrait brouiller le jeu dimanche. 

Quelque 69% des sondés se disent certains d'aller voter, selon le sondage Ipsos, soit une baisse de six points par rapport à l'enquête des 30 avril et 1er mai 2017. 

Même si la candidate d'extrême droite est "en progrès" par rapport à 2017, où elle était apparue mal préparée et fatiguée, cela "ne signifie pas qu'elle puisse déplacer cinq points d'intentions de vote, ce dont elle aurait besoin pour se mettre au niveau de son adversaire", relève cependant Emmanuel Rivière de l'institut Kantar Public. 

A quatre jours du second tour, les sondages donnent invariablement l'avantage au président sortant, avec 54 à 56,5% des intentions de vote contre 43,5 à 46% pour Marine Le Pen. Soit un écart de 8 à 12 points.  

Un écart plus serré qu'en 2017 donc, quand M. Macron l'avait emporté avec une avance de 32 points (66% contre 34%).   

Emmanuel Macron "va insister sur les incohérences de Marine Le Pen, qui a quand même dit tout et son contraire sur tout en cinq ans, et singulièrement sur les sujets géopolitiques, stratégiques", a assuré le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, en citant l'Ukraine et le président russe Vladimir Poutine. 

La guerre en Ukraine, qui a longtemps éclipsé la campagne, s'est de nouveau invitée dans les débats mercredi.  

L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a appelé à voter pour Emmanuel Macron, accusant le parti de sa rivale Marine Le Pen de compromission avec Vladimir Poutine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité la candidate RN à admettre qu'elle s'était "trompée" sur la Russie, en souhaitant ne pas "perdre" ses relations avec le président Macron. 

Les deux candidats divergent sur l'Ukraine, les relations avec la Russie, comme quasiment tout le reste: des retraites à l'écologie en passant par le port du voile, les libertés publiques et les institutions, le pouvoir d'achat et l'Union européenne. 

Le "point faible" du président sortant "et peut-être aussi son point fort, c'est de ne jamais douter de lui-même", a affirmé le président du RN Jordan Bardella sur France 2.  

Alors que le "véritable point fort" de Marine Le Pen, selon lui, "est de parler du quotidien des gens". La défense du pouvoir d'achat a été placée au coeur de la campagne de la candidate d'extrême droite.  

"Il n'y a pas de stress mais un peu d'appréhension parce qu'on sait que beaucoup de Français vont se décider sur ce débat", a-t-il ajouté. 

« Jouer comme Lendl » 

Contrairement à 2017, M. Macron se présente cette fois avec un bilan de président sortant à défendre et sera attaqué par sa concurrente sur son "mépris" et son "arrogance" supposés à l'égard des Français. 

Un angle d'attaque anticipé par le camp Macron: il faut "qu'il se débarrasse de cette image d'élite car les gens ont besoin d'empathie. Il faut surtout apaiser le rejet qu'il dégage", souligne un responsable de la majorité.  

Un autre explique lui que "la difficulté c'est qu'il faut la jouer comme Ivan Lendl: fond de court et renvoyer la balle. Et pas comme (John) McEnroe en montant au filet et en mettant un point où l'on dira qu'il est arrogant". 

Mais le président sortant tentera aussi de pousser sa rivale dans ses retranchements concernant son programme, et de détricoter l'image lissée de celle qui reste à ses yeux "l'héritière" du "clan" Le Pen. 

Marion Maréchal et Guillaume Peltier, vice-présidents du parti Reconquête! d'Eric Zemmour, se sont d'ailleurs rappelés au bon souvenir de Marine Le Pen, l'appelant à "ne pas oublier les valeurs de la droite" face à celles de gauche privilégiées pour attirer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (LFI). 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.