Liban: Le Parlement interrompt sa session sur le contrôle des capitaux

La session du Parlement libanais a été ajournée mercredi après que des déposants protestataires ont jeté des pierres sur les députés (Photo, AFP).
La session du Parlement libanais a été ajournée mercredi après que des déposants protestataires ont jeté des pierres sur les députés (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Liban: Le Parlement interrompt sa session sur le contrôle des capitaux

  • Le système de santé au Liban est au bord de l'effondrement selon un responsable de l'Unicef
  • Le vice-président du Parlement a percuté des manifestants avec sa voiture

BEYROUTH: Des jets de pierre visant des députés ont interrompu mercredi la session du Parlement libanais qui examinait le projet de loi de contrôle des capitaux.
Le projet avait fait l'objet d'une refonte par le gouvernement avant sa révision par le Parlement, sans qu'un accord ne puisse aboutir.
Le contrôle formel des capitaux est une recommandation du Fonds monétaire international (FMI). Le Liban espère obtenir un programme d'aide de l'organisme depuis l'implosion de son économie. Le système bancaire du pays du cèdre est paralysé et les comptes en dollars des dépositaires libanais sont gelés.
Certains membres  du Parti des Forces libanaises et du Courant patriotique libre ont refusé de discuter du projet de loi avant l'examen du plan de relance économique, qui, selon eux, «vise à siphonner l'argent des dépositaires».
«Le plan permettra d'effacer 60 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) de dettes mais ce sont les dépositaires qui paieront la facture» selon George Adwan, chef de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice.
Adwan souhaite l'élaboration d'«un plan qui définit clairement les responsabilités de chacun» dans la débâcle, avant même de s'attaquer au «contrôle des capitaux». Toute tentative de réforme qui omettrait de désigner des coupables et de répartir les pertes plongerait selon lui «le pays dans l'inconnu».
«Les gens ont des droits qui doivent être préservés» abonde  Ibrahim Kanaan, chef de la commission parlementaire des Finances et du Budget. «Le dépositaire ne doit pas être tenu responsable de l'usure de l'État, ce devrait être plutôt la Banque du Liban, les banques privées et l'État» qui en fassent selon lui les frais.
Le vice-président du Parlement Elie Ferzli a percuté les manifestants avec sa voiture en entrant dans l'enceinte du bâtiment. Les images de l'incident sont vite devenues virales sur les médias sociaux.
Alors qu'il quittait la salle de réunion du Parlement, Ferzli s'est moqué des manifestants, déclarant à un journaliste qu'il était «prêt à recommencer».
«Le Parlement est l'un des ardents défenseurs des droits des dépositaires. L'un des articles du projet de loi  établit des contrôles exceptionnels et temporaires sur les transferts bancaires et les retraits d'espèces qui ne portent pas atteinte aux droits des personnes ou aux actifs de leurs dépôts.»
Pour Jassim Ajaka, expert en économie «il y a une sorte de confusion politique dans le traitement de la question de l'argent des dépositaires et il semble que l'État ait abandonné ses responsabilités.»
«J'ai lu à plusieurs reprises le plan de relance économique et je n'y ai trouvé aucune garantie des droits des dépositaires de 100 000 dollars ou moins, dans les différents formats proposés. Cet argent n'est pas protégé, alors que l'Etat est exonéré de tous ses crimes antérieurs.»
Si tous les actifs des banques étaient vendus, les bénéfices ne couvriraient pas la valeur des dépôts, explique Ajaka.
«Comment se fait-il que pendant le soulèvement de 2017, aucun député n'a osé défier les manifestants, alors qu'ils semblent ne pas s'en soucier aujourd'hui ?» s'interroge-t-il, en réaction aux actes d'Elie Ferzli.
La loi sur le contrôle des capitaux est une condition préalable pour que le FMI puisse poursuivre son programme de coopération avec le gouvernement libanais.
Ettie Higgins, représentante intérimaire de l'Unicef au Liban, a prévenu que le système de santé du pays avait atteint le point d'effondrement suite aux multiples crises ayant frappé le pays. De nombreuses familles n'ont plus accès aux soins de santé primaires pour leurs enfants, avertit l'organisation.
«L’exode massif du personnel de santé, avec la stagnation du processus de recrutement dans les établissements de santé du pays, et les restrictions à l'importation de médicaments et d'équipements médicaux ont gravement affecté la qualité des soins de santé pour les femmes et les enfants», a-t-elle soutenu.
«La vaccination systématique des enfants a diminué de 31%, ce qui les expose aux maladies et à leurs effets nuisibles.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques

Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
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  • Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer
  • Mais ce groupe a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés

HASSAKE: Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local.

Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).

Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés.

Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.

"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il ajouté.

Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer.

Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie.

"Comme un rêve" 

L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.

À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.

"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier.

Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux".

Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.

"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.

Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn.

Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.

Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.