En visite en Ukraine, le Premier ministre espagnol condamne les « atrocités» russes

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez écoute le président ukrainien Volodymyr Zelensky prononcer un discours lors de leur conférence de presse à Kiev le 21 avril 2022. (Photo, AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez écoute le président ukrainien Volodymyr Zelensky prononcer un discours lors de leur conférence de presse à Kiev le 21 avril 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

En visite en Ukraine, le Premier ministre espagnol condamne les « atrocités» russes

  • « Choqué de voir les horreurs et les atrocités de la guerre de Poutine dans les rues de Borodianka», a déclaré le dirigeant socialiste dans un message sur son compte Twitter
  • L'Espagne va livrer à l'Ukraine 200 tonnes de matériel militaire a annoncé le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez dans la capitale ukrainienne

MADRID : Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a condamné jeudi les "atrocités" imputées aux forces russes dans la ville de Borodianka, près de Kiev, lors d'une visite en Ukraine avec son homologue danoise.

"Choqué de voir les horreurs et les atrocités de la guerre de Poutine dans les rues de Borodianka", a déclaré le dirigeant socialiste dans un message sur son compte Twitter, accompagné d'une vidéo le montrant marchant dans la ville en ruines aux côtés de la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

"Nous ne laisserons pas le peuple ukrainien seul", a-t-il ajouté.

Les corps de neuf civils ont été retrouvés mercredi à Borodianka, certains présentant des "signes de torture", a annoncé la police de la capitale ukrainienne dans la nuit de mercredi à jeudi.

Depuis le retrait des forces russes il y a trois semaines de la région de Kiev, des centaines de corps de civils ont été retrouvés par les autorités ukrainiennes, qui dénoncent avec les Occidentaux des "crimes de guerre" des soldats russes. Une accusation rejetée par la Russie.

Une responsable ukrainienne a indiqué jeudi à l'AFP que plus de 1 000 corps de civils se trouvaient dans les morgues de la région de Kiev. 

Pedro Sanchez et Mette Frederiksen devaient rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev lors de cette visite. Une comparution des trois devant la presse est ensuite prévue.

L'annonce de ce déplacement du dirigeant espagnol, dans le sillage d'autres dirigeants européens depuis l'invasion russe du 24 février, avait été faite mardi mais le gouvernement espagnol n'avait pas fourni la date exacte pour des raisons de sécurité.

 

L'Espagne envoie 200 tonnes de matériel militaire à l'Ukraine

L'Espagne va livrer à l'Ukraine 200 tonnes de matériel militaire, un envoi qui représente le double de l'aide militaire envoyée jusqu'ici par Madrid à Kiev, a annoncé jeudi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez dans la capitale ukrainienne.

"C'est l'envoi le plus important effectué (par l'Espagne). Il fait plus que doubler ce que nous avions envoyé jusqu'ici", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la Première ministre danoise Mette Frederiksen.

"Un navire de la Marine espagnole, le 'Ysabel', a quitté aujourd'hui un port espagnol à destination de la Pologne chargé de 200 tonnes de munitions modernes et de matériel", a ajouté le dirigeant espagnol.

"Ce bateau transporte 30 camions, plusieurs véhicules spéciaux de transport lourd et 10 petits véhicules chargés de matériel militaire qui sera ensuite transféré en Ukraine", a détaillé M. Sánchez.

Madrid a envoyé jusqu'ici en Ukraine une douzaine d'avions chargés de matériel militaire, avait indiqué lundi la ministre de la Défense, Margarita Robles.

Lors de sa visite jeudi en Ukraine, le Premier ministre espagnol a notamment condamné les "atrocités" imputées aux forces russes dans la ville de Borodianka, près de Kiev.

Mercredi, M. Sanchez avait indiqué qu'il transmettrait au président ukrainien, lors de ce déplacement, "l'engagement sans faille, clair, de l'Union européenne" et de l'Espagne "pour la paix".

L'Espagne continuera à travailler pour la paix en Ukraine, mais elle continuera également à envoyer "toute l'aide humanitaire et l'aide militaire" nécessaire, tout en garantissant "l'accueil sur notre territoire" des réfugiés ukrainiens, avait-il encore dit.

L'Espagne a accueilli 134 000 Ukrainiens, et 64 000 d'entre eux ont obtenu une protection provisoire, incluant un logement et un permis de travail.

Madrid a envoyé en Ukraine une douzaine d'avions avec à leur bord "des centaines de tonnes" d'armes et de matériel humanitaire, a indiqué pour sa part lundi la ministre de la Défense, Margarita Robles.

Autre signe de l'engagement de l'Espagne à l'égard de l'Ukraine, Pedro Sanchez avait annoncé lundi la réouverture "dans quelques jours" de l'ambassade d'Espagne à Kiev qui avait été fermée au lendemain du début de l'offensive russe pour des raisons de sécurité.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.