L'ex-président du Honduras, accusé de trafic de drogue, comparaît devant un juge aux Etats-Unis

Des opposants à l'ancien président Juan Orlando Hernandez manifestent devant le tribunal fédéral de Manhattan le 22 avril 2022 à New York (Photo, AFP).
Des opposants à l'ancien président Juan Orlando Hernandez manifestent devant le tribunal fédéral de Manhattan le 22 avril 2022 à New York (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 23 avril 2022

L'ex-président du Honduras, accusé de trafic de drogue, comparaît devant un juge aux Etats-Unis

  • Juan Orlando Hernandez, qui a été extradé vers les Etats-Unis où il est accusé d'avoir participé à un gigantesque trafic de cocaïne
  • M. Hernandez, 53 ans, extradé la veille de Tegucigalpa, a été présenté devant une cour fédérale via liaison vidéo

NEW YORK: L'ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, qui a été extradé vers les Etats-Unis où il est accusé d'avoir participé à un gigantesque trafic de cocaïne, a comparu vendredi devant un tribunal de New York.

M. Hernandez, 53 ans, extradé la veille de Tegucigalpa, a été présenté devant une cour fédérale via liaison vidéo.

Il ne lui a pas été demandé de plaider coupable ou non coupable durant cette brève audience. Ses avocats n'ont pas demandé sa libération sous caution mais ont indiqué qu'ils le feraient ultérieurement.

Le juge, Stewart Aaron, a fixé l'audience préliminaire au 10 mai. C'est ce jour-là que l'ex-président, qui encourt la prison à perpétuité, doit dire s'il conteste les accusations.

La chute a été brutale pour JOH, comme il est appelé dans son pays. A peine venait-il de céder le pouvoir, le 27 janvier dernier, à la nouvelle présidente de gauche Xiomara Castro, que le tout frais ex-chef de l'Etat (2014-2022) se retrouvait enchaîné aux poignets et aux chevilles lors de son arrestation, le 15 février devant les caméras.

Selon les procureurs américains chargés du dossier à New York, M. Hernandez est un "co-instigateur" du trafic et a fait du Honduras un "narco-Etat" en impliquant l'armée et la police dans le trafic de drogue à destination des Etats-Unis.

Il aurait en outre reçu des millions de dollars de diverses organisations de trafiquants de drogue du Honduras, du Mexique et d'autres pays.

En échange de ces pots-de-vin, Juan Orlando Hernandez, accusé d'avoir participé au trafic de 500 tonnes de cocaïne entre 2004 et 2022, a "protégé les narcotrafiquants des enquêtes, (évitant leur) arrestation et leur extradition", assurent les autorités américaines.

Juan Orlando Hernandez, qui s'était présenté comme le champion de la lutte contre le trafic de drogue, avait d'abord été vu par les Etats-Unis comme un allié dans ce combat. Washington avait été en 2017 l'une des premières capitales à reconnaître sa réélection alors que l'opposition dénonçait des fraudes sur fond de manifestations qui ont fait une trentaine de morts.

M. Hernandez se dit innocent et "victime d'une vengeance des cartels".


Espagne: des migrants s'échappent d'un avion commercial après un faux atterrissage d'urgence

La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène (Photo d'illustration, AFP)
La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène (Photo d'illustration, AFP)
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  • L'avion a dû demander à 04h30 (03h30 GMT) à atterrir d'urgence car une femme à bord était sur le point d'accoucher
  • Lorsque l'appareil s'est posé, une ambulance et trois patrouilles de police sont venues évacuer la femme enceinte mais un groupe de 27 personnes a alors «quitté l'avion et a tenté de s'enfuir»

BARCELONE: La police espagnole était mercredi à la recherche de 12 migrants, passagers d'un vol commercial, qui se sont enfuis après l'atterrissage d'urgence de leur avion à l'aéroport de Barcelone à la suite d'une urgence médicale vraisemblablement mise en scène, ont annoncé les autorités.

Au total, une trentaine de personnes ont tenté de s'"échapper" de ce vol Pegasus Airlines reliant Casablanca à Istanbul peu après que l'appareil a dû atterrir en urgence dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport El Prat de Barcelone.

L'avion a dû demander à 04h30 (03h30 GMT) à atterrir d'urgence car une femme à bord était sur le point d'accoucher et que "cette passagère avait prétendument perdu les eaux", a expliqué une source de la préfecture de Catalogne.

Lorsque l'appareil s'est posé, une ambulance et trois patrouilles de police sont venues évacuer la femme enceinte mais un groupe de 27 personnes a alors "quitté l'avion et a tenté de s'enfuir", a indiqué cette source.

Cinq sont retournées spontanément à bord de l'avion et onze autres, dont la femme enceinte, ont été arrêtées. La préfecture n'a pas précisé leur nationalité.

Un examen à l'hôpital a révélé que la femme enceinte "n'était pas sur le point d'accoucher, elle a donc été arrêtée pour trouble à l'ordre public", a ajouté cette source.

Mercredi soir, la police recherchait toujours les douze personnes qui ont réussi à s'enfuir.

Il s'agit du deuxième incident de ce type en Espagne en un peu plus d'un an.

Le 5 novembre 2021, un avion reliant Casablanca à Istanbul avait dû atterrir en urgence sur l'île espagnole de Majorque, dans les Baléares, quand l'un des passagers, apparemment diabétique, avait fait un malaise et semblait être dans le coma. Alors qu'il était évacué de l'avion avec un compagnon, 21 personnes avaient pris la fuite.

A son arrivée à l'hôpital, les médecins l'avaient trouvé en bonne santé mais son ami avait pris la fuite. Là encore, la police n'était pas parvenue à arrêter tous les fuyards, la plupart Marocains, et seules douze personnes avaient pu être retrouvées.


Pérou: le président dissout le Parlement et crée un «gouvernement d'exception»

Le président du Congrès péruvien Jose Williams Zapata (D) lit le résultat du vote pour destituer le président Pedro Castillo lors de la session plénière à Lima le 7 décembre 2022. (AFP)
Le président du Congrès péruvien Jose Williams Zapata (D) lit le résultat du vote pour destituer le président Pedro Castillo lors de la session plénière à Lima le 7 décembre 2022. (AFP)
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  • Jusqu'à l'établissement du nouveau Parlement, «le gouvernement sera régi par un décret-loi»
  • Le Parlement péruvien, dominé par la droite, devait débattre mercredi d'une nouvelle motion visant à le destituer pour «incapacité morale permanente»

LIMA: Le président péruvien Pedro Castillo a ordonné mercredi la dissolution du Parlement quelques heures seulement avant que celui-ci ne se réunisse pour débattre d'une motion visant à le destituer, et annoncé l'établissement d'un "gouvernement d'exception".

Dans un message à la nation prononcé depuis le palais présidentiel, le président de gauche a déclaré "dissoudre temporairement le Congrès de la République et établir un gouvernement d'urgence exceptionnel".

Il a également annoncé "convoquer dans les plus brefs délais un nouveau Congrès doté de pouvoirs constituants pour rédiger une nouvelle Constitution dans un délai ne dépassant pas neuf mois".

"Cette situation intolérable ne peut plus durer, et c'est pourquoi, en réponse aux demandes des citoyens... nous avons décidé d'établir un gouvernement d'urgence visant à rétablir l'Etat de droit et la démocratie", a-t-il indiqué avant de détailler les mesures prises.

Jusqu'à l'établissement du nouveau Parlement, "le gouvernement sera régi par un décret-loi", a poursuivi le président Castillo, annonçant également un "couvre-feu national à partir d'aujourd'hui" entre 22h00 et 04h00.

"Le système judiciaire, le pouvoir judiciaire, le ministère public, le conseil national de la justice, la cour constitutionnelle sont déclarés en réorganisation", a-t-il annoncé également, demandant "à toutes les personnes en possession d'armes illégales" de les "remettre à la police nationale dans un délai de 72 heures".

La police nationale "consacrera tous ses efforts à la lutte réelle et efficace contre le crime, la corruption et le trafic de drogue, ce pour quoi elle sera dotée des ressources nécessaires", a-t-il poursuivi, appelant les institutions de la société civile "à soutenir ces décisions qui nous permettront de mettre notre pays sur la voie du développement".

"Auto-coup d'Etat" 

"Le président Pedro Castillo a organisé un coup d'Etat. Il a violé l'article 117 de la Constitution péruvienne et est dans l'illégalité. C'est un auto-coup d'Etat", a réagi auprès de l'AFP Augusto Alvarez, un analyste politique indépendant.

"C'est un coup d'Etat voué à l'échec, le Pérou veut vivre en démocratie", a estimé Francisco Morales, président de la Cour constitutionnelle, à la radio RPP. "Personne ne doit obéissance à un gouvernement usurpateur", a-t-il ajouté.

Le Parlement péruvien, dominé par la droite, devait débattre mercredi d'une nouvelle motion visant à le destituer pour "incapacité morale permanente".

Le débat sur cette motion était prévu à 15h00 (20h00 GMT). Pour qu'il puisse être destitué, il fallait que la motion recueille un minimum de 87 voix sur les 130 que compte le parlement. L'opposition en disposait d'environ 80.

M. Castillo a déjà échappé à deux motions similaires, dont la dernière en mars 2022.

A l'époque, l'opposition l'accusait d'être intervenu dans une affaire de corruption présumée opérée par son entourage et d'avoir commis une "trahison" en se déclarant ouvert à un référendum sur un débouché sur l'océan Pacifique pour la Bolivie voisine, privée d'accès à la mer. Elle lui reprochait également les crises ministérielles à répétition et la formation de quatre gouvernements en huit mois, fait inédit au Pérou.

Il s'agissait alors de la sixième motion de destitution du Parlement péruvien pour "incapacité morale" contre un président en exercice depuis 2017, après Pedro Pablo Kuczynski (droite) en 2018 et Martin Vizcarra (centre) en 2020.

L'éviction de M. Vizcarra avait déclenché des manifestations violemment réprimées qui avaient fait deux morts et une centaine de blessés. Son départ avait conduit le Pérou à avoir trois présidents en cinq jours.


Colis menaçant l'Ukraine: l'adresse d'expédition est un concessionnaire allemand de Tesla

Un policier espagnol se tient près de l'ambassade d'Ukraine à Madrid, le 2 décembre 2022. Un certain nombre de missions diplomatiques ukrainiennes dans l'Union européenne ont reçu des colis contenant des yeux d'animaux dans ce que Kiev a décrit le 2 décembre 2022 comme une "campagne de terreur bien planifiée". (AFP).
Un policier espagnol se tient près de l'ambassade d'Ukraine à Madrid, le 2 décembre 2022. Un certain nombre de missions diplomatiques ukrainiennes dans l'Union européenne ont reçu des colis contenant des yeux d'animaux dans ce que Kiev a décrit le 2 décembre 2022 comme une "campagne de terreur bien planifiée". (AFP).
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  • «Au cours des deux derniers jours, des colis suspects sont arrivés aux ambassades en Italie, en Pologne, au Portugal, en Roumanie et au Danemark, ainsi qu'au consulat de Gdansk» en Pologne
  • «Les menaces contre nos diplomates continuent d'affluer», a-t-il déploré, une semaine jour pour jour après qu'une lettre piégée eut explosé et blessé légèrement un employé de l'ambassade d'Ukraine à Madrid (Espagne)

KIEV: L'Ukraine a affirmé mercredi que ses ambassades ont reçu 31 colis en une semaine, et que chacun avait pour adresse d'expédition celle d'un concessionnaire automobile de l'américain Tesla en Allemagne.

"Au cours des deux derniers jours, des colis suspects sont arrivés aux ambassades en Italie, en Pologne, au Portugal, en Roumanie et au Danemark, ainsi qu'au consulat de Gdansk" en Pologne, portant leur nombre à "31 dans 15 pays", a affirmé sur Facebook le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba.

"Les menaces contre nos diplomates continuent d'affluer", a-t-il déploré, une semaine jour pour jour après qu'une lettre piégée eut explosé et blessé légèrement un employé de l'ambassade d'Ukraine à Madrid (Espagne).

Kiev avait alors ordonné une "sécurité renforcée" pour toutes ambassades puis dénoncé, deux jours plus tard, une "campagne planifiée de terreur" de Moscou, sans avancer pour autant de preuves.

Ce jour-là, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, avait annoncé que plusieurs représentations diplomatiques ukrainiennes en Europe avaient reçu des enveloppes "sanglantes" contenant "des yeux d'animaux".

Selon Dmytro Kouleba mercredi, "toutes les enveloppes ont la même adresse d'expédition: le concessionnaire automobile Tesla dans la ville allemande de Sindelfingen", dans la banlieue de Stuttgart (sud-ouest), a-t-il indiqué dans son communiqué, donnant pour la première fois des détails sur les enquêtes en cours.

"L'envoi (des colis) a été effectué dans des bureaux de poste qui n'étaient pas équipés de systèmes de vidéosurveillance", a-t-il précisé.

M. Kouleba a dit noter "le niveau de professionnalisme" des "criminels" qui ont également "pris des mesures pour ne pas laisser de traces ADN sur les colis", rendant ainsi plus difficile l'enquête pour les retrouver.