A Athènes, les réfugiés ukrainiens célèbrent Pâques orthodoxe

Une fidèle orthodoxe chrétienne ukrainienne qui vit en Grèce célèbre la cérémonie de Pâques orthodoxe dans une église d'Athènes le 23 avril 2022 (Photo, AFP).
Une fidèle orthodoxe chrétienne ukrainienne qui vit en Grèce célèbre la cérémonie de Pâques orthodoxe dans une église d'Athènes le 23 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 avril 2022

A Athènes, les réfugiés ukrainiens célèbrent Pâques orthodoxe

  • «Personne, ni Poutine, ni aucun autre dictateur, ni le Diable, n'a le droit de nous enlever la joie de célébrer Pâques»
  • Des Ukrainiens de confession orthodoxe vêtus en tenue traditionnelle attendent que le feu sacré leur soit distribué

ATHÈNES: "Personne, ni Poutine, ni aucun autre dictateur, ni le diable, n'a le droit de nous enlever la joie de célébrer Pâques tous ensemble". A Athènes, des réfugiés ukrainiens arrivés récemment en Grèce célèbrent samedi soir la fête orthodoxe de Pâques, pour la première fois en exil.

Sur le parvis de l'église catholique de la Sainte Trinité dans le quartier athénien d'Aghios Nikolaos, des Ukrainiens de confession orthodoxe, vêtus en tenue traditionnelle ou portant des drapeaux ukrainiens, attendent que le feu sacré leur soit distribué, comme le veut la tradition orthodoxe lors de la veillée pascale.

Devant eux, des paniers, spécialement confectionnés pour l'occasion, sont remplis de nourriture et de bougies allumées. 

Inna Filtanovitch, une Ukrainienne de 38 ans, a emballé des œufs ornés, une brioche, un concombre et du sel dans son panier. "En Ukraine, on y ajoute de la viande et du beurre qui rappellent l'abondance. Aujourd'hui, (les paniers) sont plus modestes et couverts aux couleurs de l'Ukraine", explique-t-elle.

Plus de 22.000 Ukrainiens ont gagné la Grèce depuis le début de la guerre. Inna est arrivée à Athènes le 20 mars, fuyant les bombes larguées sur la ville de Mikolaïv (sud). 

Elle se rend à l'église pour prier et pour retrouver un semblant de paix: "Ici, je me sens libre. C'est un endroit où nous avons la chance de pouvoir être ensemble et de ne pas avoir peur".

Au sous-sol de l'église de la Sainte Trinité, une petite chapelle accueille l'église catholique ukrainienne. Mais ce samedi soir, la majorité est de confession orthodoxe.

«Ni Poutine, ni le diable»

Toutes les trente minutes, le jeune prêtre ukrainien Roman Skripnyuk sort de la chapelle et bénit le contenu des paniers. 

Son prêche rythme la cérémonie : "Personne, ni Poutine, ni aucun autre dictateur, ni le Diable, n'a le droit de nous enlever la joie de célébrer Pâques tous ensemble", dit-il.

Pour les centaines d'Ukrainiens présents, cette cérémonie rappelle l'environnement chaleureux des festivités d'avant guerre, avant l'invasion russe de leur pays, le 24 février. Mais certains visages paraissent sombres et marqués. 

Olesya Roupa, une Ukrainienne de 20 ans, s'est rendue seule à l'église. Elle s'est installée chez sa grand-mère à Athènes le 10 mars, tandis que ses parents sont restés en Ukraine.

"C'est un jour très étrange. Mes amis m'appellent et me demandent d'embrasser toute ma famille de leur part. Mais aujourd'hui, nous sommes séparés", raconte-t-elle.

"Nous sommes tristes parce que nous ne sommes pas chez nous avec nos proches, comme nous le ferions d'habitude pour Pâques", note aussi Maria Chuprina, 30 ans, arrivée d'Izmaïl dans la région d'Odessa avec son mari Oleksi et leurs enfants, Maxim et Milana.

«La Grèce est très loin»

"La Grèce est très loin, nous ne savions rien de ce pays, mais nous sommes accueillis très chaleureusement", ajoute sa sœur Darya Fedorenko, 24 ans. Tous sont logés gratuitement dans des appartements prêtés par un armateur grec. 

Et ce pays partage les mêmes traditions orthodoxes, et comme en Ukraine, on y célèbre Pâques avec des œufs et des brioches.

Cristina Shabli vient de Ternopol, en Ukraine. Elle est récemment arrivée en Grèce avec son bébé de trois mois, sa mère et ses frères mineurs. Son mari et son père sont tous les deux restés à Ternopol, où ils sont responsables du respect du couvre-feu.

Elle est accueillie en Grèce par la grand-mère de son mari, qui travaille depuis longtemps en tant que femme de ménage à Athènes. 

Un permis de séjour d'un an lui a été accordé ainsi qu'un numéro de sécurité sociale. Cependant, elle souhaite rentrer dès que la guerre sera terminée.

"Jusqu'ici, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui ne souhaitait pas rentrer en Ukraine. Mais si la guerre s'éternise, alors nous devrons nous habituer à célébrer Pâques ici en Grèce," renchérit Inna.

Mais Maria Modelyuska, une Ukrainienne de 59 ans installée à Athènes depuis 23 ans, l'assure: "Nous savons que c'est nous qui gagnerons cette guerre".


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.