En Israël, des pro-Zemmour réfractaires à voter Le Pen

Un ressortissant français prépare son bulletin de vote avant de voter au second tour des élections présidentielles françaises, dans un bureau de vote à Jérusalem, le 24 avril 2022. (AFP)
Un ressortissant français prépare son bulletin de vote avant de voter au second tour des élections présidentielles françaises, dans un bureau de vote à Jérusalem, le 24 avril 2022. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 25 avril 2022

En Israël, des pro-Zemmour réfractaires à voter Le Pen

  • «Les juifs et Franco-Israéliens qui ont voté Zemmour l'ont fait car il était juif et ont été sensibles à sa rhétorique anti-arabe», explique Philippe Velilla, consultant politique, expert en vote des minorités
  • «Le Pen a une trop mauvaise image dans la communauté juive»

NETANYA: Le candidat d'extrême-droite Eric Zemmour avait récolté plus de 50% des voix au premier tour de la présidentielle chez les ressortissants français en Israël, qui n'ont pas reporté leurs voix sur Marine Le Pen, préférant le président sortant Emmanuel Macron.


Au lendemain du second tour de l'élection présidentielle française, les chiffres communiqués par l'ambassade de France en Israël indiquent qu'une écrasante majorité de Franco-israéliens ont voté pour M. Macron.


Ce dernier a récolté 85,8% des suffrages dans la circonscription de la métropole de Tel-Aviv contre 30% à l'issue du premier tour qui avait porté en tête Eric Zemmour avec 55% des votes, loin devant le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen (3%).


"Le Pen a une trop mauvaise image dans la communauté juive", souligne Philippe Velilla, consultant politique, expert en vote des minorités.


Pour lui, le "vote Zemmour était communautariste".


"Les juifs et Franco-Israéliens qui ont voté Zemmour l'ont fait car il était juif et ont été sensibles à sa rhétorique anti-arabe", explique M. Velilla.


"Quand Zemmour a appelé à voter Le Pen, j'ai été déçue, j'ai presque regretté d'avoir voté pour lui", a confié dimanche à l'AFP Karine Cohen, 53 ans.


"Je trouve qu'en tant que juif, voter Le Pen c'est un danger pour nous. Je n'ai jamais voté extrême et pour moi Zemmour ce n'était pas extrême, je trouvais qu'il avait un bon programme", explique cette électrice de Netanya, ville au nord de la métropole Tel-Aviv où résident de nombreux Franco-israéliens. 


"Par contre, voter Le Pen (c'est) non", lance cette auxiliaire de vie pour qui la candidate d'extrême-droite reste avant tout la fille de Jean-Marie Le Pen, ancien président du Front national -- devenu RN --, connu pour ses propos antisémites et révisionnistes.

«Roi des antisémites»
Eric Zemmour, candidat du parti Reconquête, avait lui vu sa popularité monter en flèche pendant la campagne auprès des Franco-israéliens, qui avaient majoritairement voté pour François Fillon (Les Républicains, droite) au premier tour de la présidentielle en 2017.


Et ce malgré la visite en Israël de proches de Valérie Pécresse, tenante de la bannière des Républicains cette année, ce parti n'a pas réussi à contrer la "vague Zemmour" au premier tour, néanmoins relative puisqu'un peu moins de 11% des électeurs inscrits dans les circonscriptions de Tel-Aviv et Jérusalem, les deux plus grandes villes du pays, ont alors voté. 


Pour le second tour, la participation est restée tout aussi faible.


M. Zemmour avait appelé à voter Le Pen au second tour mais les Franco-israéliens ont peu suivi cette consigne de vote.


"Est-ce qu'une ashkénaze qui a perdu toute sa famille (dans la Shoah, NDLR) peut voter pour Marine Le Pen? La réponse est non", dit une autre électrice de Netanya, sous couvert d'anonymat.


"C'est la fille de Monsieur Le Pen qui est le roi des antisémites. C'est inenvisageable", ajoute-t-elle.


A rebours des positions de nombreux responsables juifs, en tête desquels le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui avait appelé à ne pas voter pour les "extrêmes", qualifiant Eric Zemmour de "raciste".


Dans un tweet, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a salué la réélection d'Emmanuel Macron face à l'extrême-droite: "Sous votre direction, je ne doute pas que les liens entre Israël et la France vont continuer à se renforcer", a-t-il écrit.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
Short Url
  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Short Url
  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
Short Url
  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.