Depuis la Floride, Trump promet une «défaite retentissante à Sleepy Joe»  

A l’approche des élections, les sondages qui donnent les démocrates en tête créent une fébrilité est chaque jour un peu plus dans le camp républicain (Photo, AFP).
A l’approche des élections, les sondages qui donnent les démocrates en tête créent une fébrilité est chaque jour un peu plus dans le camp républicain (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 17 octobre 2020

Depuis la Floride, Trump promet une «défaite retentissante à Sleepy Joe»  

  • Optant pour un registre de plus en plus agressif  « Joe Biden est un désastre (...), Joe Biden est un politicien corrompu », le locataire de la Maison Blanche jette toutes ses forces dans la bataille
  • Le président américain était également Géorgie, Etat où il avait largement devancé Hillary Clinton il y a quatre ans mais où il est derrière Joe Biden, 77 ans, dans les derniers sondages

OCALA, WASHINGTON: Rien n'est joué, bien sûr. Il reste 18 jours de campagne. « Nous allons assister à une vague rouge (la couleur des républicains) d'une amplitude jamais vue », a lancé, depuis Ocala, le président américain qui compte sur une intense campagne de terrain pour, comme en 2016, faire mentir les sondages.

Optant pour un registre de plus en plus agressif  « Joe Biden est un désastre (...), Joe Biden est un politicien corrompu », le locataire de la Maison Blanche jette toutes ses forces dans la bataille pour éviter que le « Sunshine State », qu'il avait emporté de justesse en 2016, ne bascule du côté démocrate.

Le jour de l'élection (...), nous allons infliger à Joe l'Endormi une défaite retentissante", a-t-il tonné devant une foule enthousiaste.

Le président américain, 74 ans, était également  Géorgie, Etat où il avait largement devancé Hillary Clinton il y a quatre ans mais où il est derrière Joe Biden, 77 ans, dans les derniers sondages.

A l’approche des élections, les sondages qui donnent les démocrates en tête créent une fébrilité est chaque jour un peu plus dans le camp républicain.

Selon les données transmises par l'institut Nielsen, le « town hall » (échange télévisé avec des électeurs) de l'ancien présentateur de télé-réalité jeudi soir a été moins regardé que celui de son adversaire démocrate (13.461.000 téléspectateurs contre 14.135.000).

Les deux rendez-vous télévisés étaient tenus au même moment, à la place du débat qui avait été finalement annulé entre les deux hommes.

Plusieurs ténors du « GOP » (Grand Old Party, le parti républicain) s'inquiètent désormais ouvertement d'un raz-de-marée démocrate.

Après les doutes exprimés à haute voix par les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham, c'est Ben Sasse, élu du Nebraska, qui a fait part de ses vives inquiétudes.

Donald Trump est un dirigeant « médiocre », a-t-il affirmé, jugeant sa défaite probable, dans un enregistrement révélé par les médias.

« Il se moque des évangéliques dans leur dos, sa famille a profité de la présidence comme une opportunité commerciale, il a flirté avec les suprémacistes blancs », a-t-il affirmé.

Frénésie de retweets

Les journées se suivent et se ressemblent pour Donald Trump avec, chaque matin, une frénésie de tweets et de retweets.

Avant même le lever du soleil vendredi, il a relayé à la hâte un message du site satirique The Babylon Bee, prenant au premier degré un article parodique.

« Twitter ferme tout son réseau pour ralentir la diffusion d'informations négatives sur Biden », pouvait-on lire, dans une allusion à la panne qui a touché le réseau jeudi soir. « Waouh, cela n'a jamais été fait dans l'histoire », a commenté le président américain.

Jeudi soir, lors de son échange avec des électeurs sur NBC, il n'a rien fait pour clarifier sa position par rapport à une série de théories du complot qu'il alimente depuis des semaines.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il avait retweeté un message sur la « fausse mort » du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden, le président américain, qui compte plus de 87 millions d'abonnés sur Twitter, a décliné toute responsabilité. « C'était un reweet, c'était l'opinion de quelqu'un », a-t-il avancé. « C'était un retweet, je mets ça sur la place publique, les gens peuvent se faire une opinion par eux-mêmes. »

Joe Biden avait pour sa part dénoncé vendredi les atermoiements de Donald Trump face aux suprémacistes blancs. L'ancien vice-président américain s'exprimait aux côtés de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, une farouche opposante de Donald Trump récemment visée par un complot d'hommes d'extrême droite qui voulaient l'enlever et la « juger » pour « trahison ».

Joe Biden mène de près de dix points de pourcentage dans la moyenne nationale des enquêtes d'opinion pour la présidentielle. Mais surtout, bien qu'avec une marge plus étroite, dans les Etats-clés qui font les élections aux Etats-Unis en basculant d'un parti à l'autre.

Biden  pourra compter sur le soutien de Barack Obama, qui a annoncé qu'il participerait mercredi à son premier événement de campagne sur le terrain en Pennsylvanie.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.