Cisjordanie: un Palestinien tué dans des heurts avec l'armée israélienne

Des femmes réagissent pendant les funérailles du Palestinien Chas Kamamji à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 14 avril 2022. (AFP)
Des femmes réagissent pendant les funérailles du Palestinien Chas Kamamji à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 14 avril 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 28 avril 2022

Cisjordanie: un Palestinien tué dans des heurts avec l'armée israélienne

  • Selon ces sources, un jeune homme, Ahmad Massad, a été tué et trois autres personnes blessées par des tirs de l'armée israélienne dans le secteur de Jénine
  • Dans la foulée d'une série d'attaques en Israël, les forces israéliennes ont multiplié ces dernières semaines les opérations en Cisjordanie

JÉNINE : Un Palestinien a été tué mercredi lors d'affrontements avec les forces israéliennes en marge d'une opération dans le nord de la Cisjordanie occupée, nouvel épisode d'un mois de violences dans les Territoires palestiniens et en Israël.

Ahmad Massa a été tué d'une balle dans la tête dans le secteur de Jénine, tandis que trois autres Palestiniens ont été blessés, a indiqué l'agence officielle palestinienne Wafa, citant des sources hospitalières.

Il était âgé de 18 ans, selon le ministère palestinien de la Santé, qui a précisé que les trois blessés, également touchés par des balles, étaient dans un état stable.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a affirmé mener des opérations de "contre-terrorisme" à Jénine, bastion des factions armées palestiniennes en Cisjordanie.

Dans une vidéo diffusée par l'armée, on voit des jeunes Palestiniens lançant des pierres sur des véhicules militaires.

"Des dizaines d'émeutiers palestiniens ont violemment attaqué des soldats", "ouvrant le feu, lançant des pierres et des engins explosifs en leur direction", a affirmé l'armée dans un communiqué, ajoutant que les soldats avaient riposté en tirant à balles réelles.

Douze Palestiniens ont été arrêtés lors d'opérations mercredi à travers la Cisjordanie, d'après la même source. Le Club des prisonniers palestiniens, organisation de défense des détenus écroués par Israël, a fait état de 17 personnes interpellées.

Des affrontements avec l'armée israélienne éclatent régulièrement en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l'Etat hébreu, en marge de manifestations contre la colonisation israélienne ou d'arrestations par les forces de sécurité de l'Etat hébreu.

Multiplication des opérations

Depuis mars, celles-ci ont multiplié les opérations dans le nord de la Cisjordanie après une série d'attaques perpétrées en Israël par des Palestiniens, dont certains étaient originaires de ce secteur.

Mercredi, lors de son opération à Jénine, l'armée israélienne a remis un ordre de démolition pour le logement de l'assaillant ayant tué trois Israéliens à Tel-Aviv le 7 avril.

Les raids de l'armée se sont concentrés à Jénine et dans le camp de réfugiés palestiniens limitrophe. De nombreux combattants des groupes islamistes comme le Jihad islamique et le Hamas y sont actifs, ainsi que les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, branche armée du parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, qui avait condamné des attaques en Israël.

Le Jihad islamique a salué mercredi en Ahmad Massa un "martyr héroïque".

"L'occupation (Israël, NDLR) a intensifié les meurtres, les assassinats et les destructions contre notre peuple", a affirmé l'organisation armée dans un communiqué. "Nous appelons notre peuple dans son ensemble à accroître la résistance sous toutes ses formes et à combattre les forces d'occupation".

Dans le village de Burqin près de Jénine, plus d'un millier de personnes, dont des hommes encagoulés et armés, ont assisté aux funérailles d'Ahmad Massa, enveloppé dans un drapeau du Jihad islamique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Flambée de violences

Ce nouvel incident survient sur fond de violences ayant débuté fin mars en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Depuis le 22 mars, 14 personnes ont été tuées dans des attaques anti-israéliennes.

Au total, 26 Palestiniens, dont des assaillants, ont été tués dans différents incidents ou des opérations, selon un décompte de l'AFP.

À Jérusalem-Est, autre territoire palestinien occupé, plus de 250 Palestiniens ont été blessés ces dernières semaines dans des affrontements avec les forces israéliennes sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme connu sous le nom de Mont du Temple.

Mercredi, le roi Abdallah II de Jordanie, qui a reçu le président palestinien Mahmoud Abbas à Amman, a dénoncé "les restrictions imposées aux fidèles" à Jérusalem, les qualifiant d'"inacceptables".

L'escalade des tensions dans les Territoires palestiniens fait craindre une montée des violences dans la bande de Gaza, où des groupes armés palestiniens ont récemment tiré plusieurs roquettes vers le territoire israélien, auxquelles l'armée israélienne a répondu par une série de frappes sur l'enclave, sous blocus israélien depuis 2007.

Cette nouvelle vague de violences intervient près d'un an après une guerre de 11 jours entre l'Etat hébreu et le Hamas, mouvement au pouvoir à Gaza.

En mai 2021, cette confrontation avait fait 260 morts à Gaza dans des raids israéliens, parmi lesquels des combattants selon les autorités locales, et 14 morts en Israël, dont un soldat.


Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran

La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
  • A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens
  • Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi

NAJAF: La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran.

Cette étape irakienne des cérémonies organisées depuis samedi par l'Iran pour l'adieu à son dirigeant tué le 28 février, au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis, intervient alors que des hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran.

Après des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens.

Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran, ont déclaré la journée de mercredi fériée et annoncé le déploiement d'un important dispositif de sécurité.

A Najaf, la foule a afflué au départ de la procession, qui doit parcourir six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, où des dizaines de religieux se tenaient prêts à prier sur le cercueil.

Des fidèles se sont approchés pour toucher le cercueil de Ali Khamenei posé à l'arrière d'un camion. Plus tard dans la journée, la dépouille s'envolera vers Kerbala, plus au nord, jusqu'aux sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.

L'un des fils du défunt dirigeant, Moustafa, participe à cette étape irakienne. Son autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême, n'a pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars.

 "Occasion à ne pas manquer" 

"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole à Kerbala, tandis qu'une autre montre une photo de Khamenei avec la phrase: "Celui qui a humilié l'Amérique".

"C'est une occasion à ne pas manquer, de participer aux funérailles de celui qui a défié la puissance de l'Amérique et d'Israël", s'enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, à Najaf.

Haidar Jaafar, qui a voyagé pendant des heures depuis la ville de Bassora dit lui s'attendre à l'afflux de millions de personnes "simplement parce que (Khamenei) a été tué par des mains israélo-américaines".

La ville est le principal centre des séminaires chiites, où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné.

Alliés

Venu accompagner cet hommage, le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations".

Les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

Les deux pays sont devenus de proches alliés après sa chute en 2003 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.

Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient, en soutien à l'Iran, en attaquant des installations américaines en Irak.

Concluant ces obsèques nationales, l'inhumation aura lieu jeudi à Mashhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.


Après la défaite face à l'Argentine, les Egyptiens entre déception et fierté

  • Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs
  • "Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène"

LE CAIRE: Même si leur équipe a perdu mardi face à l'Argentine 3-2, les Egyptiens ont applaudi avec "fierté" ces joueurs qui ont porté le pays en huitièmes de finale, un niveau jamais atteint par ce pays en Coupe du monde de football.

"Nous avons le cœur brisé parce que nous croyions pouvoir aller encore plus loin", confie Ismaïl Fawzy, 39 ans, qui a regardé le match avec des centaines de supporters dans un café du quartier huppé d'Héliopolis, dans l'est du Caire.

"Mais quand on pense à tout ce que cette équipe a accompli, on ne peut qu'être fier. Elle nous a offert des souvenirs que nous n'oublierons jamais", ajoute-t-il. "Certes nous avons perdu, mais nous avons déjà écrit l'histoire".

Pour la première fois de son histoire, l'Egypte a remporté un match du Mondial, dépassé la phase de poules et atteint les matchs à élimination directe, ajoutant une page à l'histoire de son football national.

Dans le café d'Héliopolis, les émotions ont oscillé entre déception et fierté.

Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs.

"Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène".

"Rêver plus grand" 

Pendant des décennies, l'histoire de l'Egypte en Coupe du monde avait été faite de rendez-vous manqués.

"Avant cette Coupe du monde, les gens considéraient la qualification comme le rêve", relate Mme Hamdy.

"Maintenant, nous avons atteint les huitièmes de finale. La prochaine génération rêvera encore plus grand grâce à cette équipe", se réjouit-elle auprès de l'AFP.

Le sentiment de fierté s'étend bien au-delà des frontières égyptiennes.

A plus de 1.000 kilomètres de là, dans la bande de Gaza près de la frontière égyptienne, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans des cafés improvisés, installés sous des tentes ou construits à partir de tôles ondulées récupérées sur des bâtiments endommagés par la guerre avec Israël.

Des éclairages alimentés par des générateurs illuminent des espaces de visionnage bondés, tandis que des câbles électriques et internet entremêlés courent entre des rangées d'abris.

Des drapeaux égyptiens flottent aux côtés de drapeaux palestiniens, des portraits de l'entraîneur Hossam Hassan et de stars comme Mohamed Salah et Omar Marmoush décorent les lieux.

Tout le monde est là: hommes, femmes, enfants, et blessés avec béquilles et fauteuils roulants abîmés.

Le bourdonnement persistant des drones israéliens se fait entendre au-dessus des têtes, ponctué parfois par des coups de feu, mais les spectateurs restent malgré tout absorbés par le match.

En Cisjordanie occupée, des milliers de personnes se sont également rassemblées à Ramallah, où une zone industrielle avait été transformée en fan-zone.

"Pour les Palestiniens, l'Egypte est bien plus qu'un pays frère ou un voisin", raconte Mohammed Saad, 60 ans, vantant notamment une "histoire partagée".

Le sélectionneur Hossam Hassan a été salué par les Palestiniens après avoir brandi leur drapeau sur le terrain après la victoire contre l'Australie au tour précédent et après l'avoir dédiée au peuple palestinien.

"Cela nous a donné un sentiment de joie et de liberté", dit Moussa Abou Ismaïl, 28 ans, originaire de la ville de Gaza. "Nous avons le sentiment que l'équipe nationale d'Egypte a redonné vie à Gaza".


Iran: une agence de presse fait état d'explosions à Bouchehr, dans le sud-ouest du pays

L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
  • "Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs"
  • Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier

TEHERAN: L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, qui compte la seule centrale nucléaire civile d'Iran, après une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis.

"Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs" a écrit Mehr sans plus de précisions. Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90% du brut iranien.