Pompeo accuse la Turquie d'enflammer la situation dans la région du Haut-Karabakh

À Washington, DC, des Américains d'origine arménienne protestent contre le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'enclave arménienne du Haut-Karabakh et contre le soutien que la Turquie apporte à l'Azerbaïdjan. (AFP)
À Washington, DC, des Américains d'origine arménienne protestent contre le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'enclave arménienne du Haut-Karabakh et contre le soutien que la Turquie apporte à l'Azerbaïdjan. (AFP)
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Publié le Samedi 17 octobre 2020

Pompeo accuse la Turquie d'enflammer la situation dans la région du Haut-Karabakh

  • Erdogan attise la colère des membres de l'UE en étendant la confrontation avec la Grèce à l'est de la Méditerranée
  • Le Haut-Karabakh est reconnu par la communauté internationale comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais il est peuplé et gouverné par des Arméniens de souche

ANKARA : Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a accusé la Turquie d'avoir attisé la situation dans l'enclave du Haut-Karabakh en armant les Azéris.

Les forces arméniennes et azéries ont eu de nouveaux affrontements vendredi, compromettant ainsi les espoirs de mettre fin à près de trois semaines de combats.

Pompeo a déclaré que la Turquie a intensifié le conflit en fournissant des ressources à l'Azerbaïdjan. Il convient donc de trouver une solution diplomatique, plutôt que « des pays étrangers qui viennent ajouter leur puissance militaire à une situation qui ressemble déjà à un baril de poudre », affirme M. Pompeo lors d'une interview sur la radio WSB Atlanta.

Ankara reproche à l'Arménie d'occuper illégalement le territoire azéri. Pour l'Arménie, la Turquie a encouragé l'Azerbaïdjan à rechercher une solution militaire au conflit, exposant ainsi les civils arméniens au danger.

En outre, la Turquie a augmenté ses exportations militaires de six fois cette année vers son allié, l'Azerbaïdjan.  Vendredi, d'autres signes suggèrent que le cessez-le-feu, conclu samedi dernier sous l'égide de la Russie et qui permet aux deux parties d'échanger des détenus et les dépouilles des victimes, est pratiquement inexistant.

Le Haut-Karabakh est reconnu par la communauté internationale comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais il est peuplé et gouverné par des Arméniens de souche.

L'Arménie et la Grèce « sont confrontées au même problème - la Turquie », souligne  M. Dendias, accusant Ankara d' « ignorer les appels de l'UE à respecter le droit international ».

La confrontation de la Turquie avec la Grèce en Méditerranée orientale s'est intensifiée, après que de puissants États membres de l'UE ont accusé Ankara de « provoquer » Bruxelles par ses actes.

Dans ce contexte, la décision de la Turquie de renvoyer son navire, Oruc Reis, dans les eaux contestées au large des îles grecques et de relancer l'exploration gazière a suscité la colère de l'UE. Les dirigeants du bloc se sont donc réunis pour discuter de la crise.

Selon le rapport final de la réunion, « le Conseil européen exhorte la Turquie à revenir sur ces actions et à œuvrer pour apaiser les tensions de manière cohérente et durable ».

 « La Turquie maintient son comportement agressif », a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Charles Ellinas, membre du Conseil de l'Atlantique, estime que le président turc Recep Tayyip Erdogan a raté une bonne opportunité en renvoyant le navire Oruc Reis.

« En agissant de la sorte, il a provoqué une rupture avec l'UE et en particulier avec l'Allemagne qui a tant fait pour amener la Grèce et la Turquie à renoncer à la confrontation et à reprendre les discussions », affirme-t-il.

« Ils laisseront encore du temps à Ankara, peut-être jusqu'au début du mois de décembre, pour retourner aux plans initiaux et entamer des discussions avec la Grèce. L'UE privilégie cette approche. Toutefois, si les actions agressives se poursuivent au-delà de cette date, l'UE sera contrainte d'agir ».


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"