Le président indonésien invite Zelensky et Poutine au sommet du G20

Le président indonésien Joko Widodo a annoncé vendredi avoir invité son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et confirmé avoir invité le président russe Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en novembre en Indonésie (Photo, AFP).
Le président indonésien Joko Widodo a annoncé vendredi avoir invité son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et confirmé avoir invité le président russe Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en novembre en Indonésie (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

Le président indonésien invite Zelensky et Poutine au sommet du G20

  • Le président russe a confirmé qu'il y participerait au sommet prévu à Bali en novembre, a précisé le leader indonésien dans une allocution vidéo
  • L'Indonésie, qui préside le G20 cette année, a subi de fortes pressions des Occidentaux, les Etats-Unis en tête, pour exclure la Russie depuis le début de l'invasion de l'Ukraine

JAKARTA : Le président indonésien Joko Widodo a annoncé vendredi avoir invité son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et confirmé avoir convié le président russe Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en novembre en Indonésie.

"J'ai invité le président Zelensky à participer au sommet du G20", a indiqué le leader indonésien, suggérant qu'un compromis avait été trouvé en vue de la réunion prévue à Bali, alors que les membres du groupe sont profondément divisés depuis l'offensive russe en Ukraine.

L'Indonésie, qui préside le G20 cette année, a subi de fortes pressions des Occidentaux, les Etats-Unis en tête, pour exclure la Russie depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. 

Mais Jakarta a résisté, arguant que sa position d'hôte l'obligeait à rester "impartiale" et le président américain Joe Biden, notamment, avait suggéré une participation de l'Ukraine pour trouver un équilibre.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait indiqué mercredi dans un tweet avoir été invité par l'Indonésie au sommet, à l'issue d'une conversation téléphonique avec son homologue indonésien.

Joko Widodo s'est aussi entretenu avec le président russe jeudi. "A cette occasion, le président Poutine a remercié l'Indonésie pour l'invitation au sommet du G20 et a dit qu'il y participerait", a déclaré le président indonésien.

Doute russe

Au cours de cette conversation, M. Poutine a souhaité le "succès" de présidence indonésienne au G20 et a assuré que la Russie y contribuerait, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Mais "pour l'heure il est prématuré de communiquer les modalités de la participation russe", a-t-il précisé, laissant planer le doute sur le format de la participation russe.

Washington a, de son côté, fait part de ses réticences.

Le président américain Joe Biden "a exprimé publiquement son opposition à la présence du président Poutine au G20", a déclaré vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, saluant cependant l'invitation des Ukrainiens au sommet.

Elle a ajouté que les Etats-Unis étaient en contact avec les Indonésiens et que l'invitation de la Russie remontait à avant l'invasion, débutée le 24 février.

Il ne "faut pas faire comme si de rien n'était" concernant la participation de la Russie aux sommets internationaux, a également déclaré une porte-parole du département d'Etat, qui n'a pas dit si Washington refuserait, ou non, de rejoindre la réunion.

Depuis le début de l'offensive militaire russe en Ukraine, les Occidentaux cherchent à isoler la Russie sur la scène diplomatique.

Une réunion des ministres des Finances du G20 en avril à Washington a illustré les divisions profondes du groupe des grandes économies mondiales avec le boycott de certaines réunions par les Etats-Unis et plusieurs alliés, protestant contre la participation des Russes.

Pas d'armes

Mais l'Indonésie, comme la plupart des grands pays émergents, veut conserver une position de neutralité.

Joko Widodo a précisé vendredi que l'Indonésie n'enverrait pas d'armes en Ukraine, en réponse à une requête du président ukrainien.

"J'ai répété, en accord avec la constitution et les principes de la politique étrangère indonésienne, qu'il est interdit d'envoyer des armes à d'autres pays", a-t-il dit tout en proposant une aide humanitaire à Kiev.

La guerre en Ukraine et le G20 étaient aussi au menu d'une rencontre vendredi entre le leader indonésien et le Premier ministre japonais Fumio Kishida, à l'issue de laquelle ils ont affiché leurs convergences.

Joko Widodo a souligné le rôle de l'arène du G20 pour permettre le dialogue et résoudre l'impact humanitaire et économique du conflit en Ukraine, tout en appelant à une cessation immédiate des hostilités.

"J'ai convenu avec le président (indonésien) que les attaques militaires contre l'Ukraine étaient intolérables, et qu'une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale par la force et l'intimidation, et une tentative de changer le statu quo unilatéralement par la force, est intolérable dans toute région", a déclaré le Premier ministre japonais.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".