Une journaliste tuée dans une frappe sur un immeuble de Kiev, proche d'un site militaire

Des sauveteurs transportent le corps de Vera Ghyrytch, productrice de Radio Liberty, hors d'un immeuble endommagé à la suite de frappes russes à Kiev, le 29 avril 2022, dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les frappes russes se sont abattues sur Kiev le 28 avril au soir, alors que le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, était en visite. (AFP)
Des sauveteurs transportent le corps de Vera Ghyrytch, productrice de Radio Liberty, hors d'un immeuble endommagé à la suite de frappes russes à Kiev, le 29 avril 2022, dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les frappes russes se sont abattues sur Kiev le 28 avril au soir, alors que le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, était en visite. (AFP)
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

Une journaliste tuée dans une frappe sur un immeuble de Kiev, proche d'un site militaire

  • La frappe a surpris chez elle Vera Ghyrytch, journaliste pour Radio Free Europe/Radio Liberty, a confirmé la radio, financée par les Etats-Unis
  • L'explosion a aussi blessé dix personnes et endommagé suffisamment le bâtiment pour l'obliger à déménager. Elle est survenue alors que le secrétaire général de l'ONU effectuait sa première visite à Kiev

KIEV : Mykhaïlo Vovtchynsky venait juste d'emménager dans un nouvel immeuble proche du centre de Kiev, quand ce dernier a été touché jeudi par un missile russe. Il frémit en apprenant que Moscou a confirmé vendredi avoir tiré un missile de "haute précision" pour toucher une usine militaire, de l'autre côté de la rue.

L'explosion a tué une journaliste, blessé dix personnes et endommagé suffisamment le bâtiment pour l'obliger à déménager. Elle est aussi survenue alors que le secrétaire général de l'ONU effectuait sa première visite à Kiev.

"Si c'est ça une attaque de haute précision, c'est vraiment cynique. C'est inhumain", a indiqué vendredi à l'AFP cet homme de 22 ans, après que lui et sa petite amie eurent retiré de l'immeuble les affaires qu'ils y avaient apportées il y a deux semaines. 

Pendant qu'il parle, des machines dégagent les décombres et des équipes de secours nettoient les bris de verre et inspectent l'immeuble, dont la façade a été détruite sur trois niveaux par la frappe.

Les secouristes ont aussi retiré du bâtiment, sur un brancard, un corps emballé dans un sac et emporté à la morgue: la frappe a surpris chez elle Vera Ghyrytch, journaliste pour Radio Free Europe/Radio Liberty, a confirmé la radio, financée par les Etats-Unis. 

"Nous avons perdu notre collègue bien-aimée, particulièrement appréciée pour son professionnalisme et son dévouement à sa mission", a déclaré James Fly, président de RFE/RL, dans un communiqué.

Depuis le début de la guerre, la Russie est accusée de frapper délibérément des zones d'habitation, même si Moscou assure faire tout pour épargner les civils. 

«Les Russes n'ont peur de rien»

La route qui traverse le quartier touché jeudi est bordée d'un côté d'immeubles d'habitation, de l'autre par le site de l'entreprise Artem qui était apparemment la cible de Moscou. 

La Russie a indiqué avoir visé les ateliers de cette entreprise spatiale. Selon le site d'information du ministère ukrainien de la Défense armyinform.com.ua, Artem est l'une des entreprises du complexe militaro-industriel public ukrainien UkrOboronProm et fabrique des missiles.   

Sollicitée, UkrOboronProm n'a pas immédiatement confirmé ces informations. L'AFP a pu constater que certains des bâtiments de l'usine étaient en ruines et noircis par les flammes.

L'explosion a aussi brisé les vitres et fissuré les murs à des centaines de mètres à la ronde, endommageant sérieusement une clinique publique à proximité. 

"Je crois que les Russes n'ont peur de rien, pas même du jugement du reste du monde", a déclaré à l'AFP Anna Gromovytch, vice-directrice de la clinique.

A l'intérieur, portes brisées et pans de plafond se mêlent à des jouets d'enfants dans la salle d'attente. 

La frappe de jeudi, survenue moins d'une heure après la fin d'une conférence de presse donnée par Antonio Guterres à quelques kilomètres de là, a aussi mis fin à une période relativement calme pour la capitale ukrainienne et sa région, qui n'avaient plus subi de frappe depuis le 17 avril. 

Depuis que les troupes russes se sont retirées des abords de la capitale le 31 mars, la ville a repris un semblant de vie normale - malgré la persistance des barrages routiers, du hurlement des sirènes d'alerte aérienne, ou les pénuries d'essence. 

La frappe de jeudi est venue rappeler que la guerre est toujours là. 

"Nous avions déjà eu une frappe dans notre zone, donc nous n'en attendions plus. On se disait, +On ne se baigne pas deux fois dans la même eau+", dit Natalia Karpenko, 55 ans, propriétaire d'une agence de recrutement, qui vit près du lieu de la frappe. Le quartier de Chevtchenkivsky, tout proche, avait déjà subi une frappe le 23 mars, qui avait fait quatre blessés.

Mais malgré la menace, elle n'a pas l'intention de quitter l'Ukraine, comme l'ont déjà fait plus de 5,4 millions d'Ukraniens depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

"Nous avons planté des fleurs près de chez nous hier. La guerre est la guerre", dit-elle en haussant les épaules.


Ukraine: le directeur général de la centrale de Zaporijjia libéré

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le 11 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «Je salue la libération d'Igor Mourachov», a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. «J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf»
  • Il avait été interpellé par une «patrouille russe» alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom

VIENNE: Le directeur général de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, arrêté vendredi par la Russie qui contrôle le site, a été libéré, a annoncé lundi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dispose d'experts sur place. 

"Je salue la libération d'Igor Mourachov", a tweeté le chef de l'instance onusienne, Rafael Grossi. "J'ai reçu la confirmation qu'il est rentré chez lui sain et sauf". 

Il avait été interpellé par une "patrouille russe" alors qu'il se rendait depuis la centrale vers la ville d'Ernogodar, contrôlée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien Energoadom. 

Le véhicule transportant le directeur de la centrale avait été stoppé et ce dernier extrait de la voiture puis "conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue", d'après la même source. 

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba avait condamné samedi cette "détention illégale" au motif inconnu. 

"Ce crime est un nouvel acte de terrorisme d'État de la part de la Russie et représente une grave violation du droit international", avait-il fustigé. 

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, est occupée depuis début mars par les troupes russes, mais se trouve non loin de la ligne de démarcation entre les territoires contrôlés par Kiev et ceux occupés par Moscou. 

Elle est située dans la région de Zaporijjia, l'un des territoires ukrainiens officiellement annexés vendredi par la Russie. 

Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est rendue début septembre sur place. Deux de ses inspecteurs y sont toujours. 

Face aux bombardements réguliers faisant craindre un accident nucléaire majeur, l'agence onusienne prône la mise en place d'une zone de sécurité autour du site. 

Dans cette optique, M. Grossi a entamé des consultations avec Kiev et Moscou, où "il devrait se rendre" cette semaine, avait indiqué l'AIEA ce week-end. 


Covid-19: Kiev recommande le retour du port du masque

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent. (Photo, AFP)
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  • «Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques» en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram.
  • Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé

KIEV: La capitale ukrainienne Kiev a recommandé lundi le retour au port du masque dans les lieux publics face à une nouvelle vague de Covid-19, alors que le système de santé est sous pression du fait de l'invasion russe. 

"Les autorités de la ville appellent les résidents de Kiev à porter de nouveau les masques" en raison de l'essor des cas de coronavirus, a indiqué la mairie sur la messagerie Telegram. 

Au cours de la semaine écoulée, 2 515 cas, 242 hospitalisations et 22 décès ont été recensés dans la capitale ukrainienne, selon un décompte officiel. 

Les autorités municipales recommandent le port du masque "dans les transports publics, les endroits accueillant de la clientèle et dans les lieux d'enseignement", selon le communiqué. 

Entre le 19 et le 25 septembre, 44 137 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés en Ukraine et 161 personnes sont décédées, selon le ministère de la Santé. 

La semaine dernière, le vice-ministre de la Santé Igor Kouzine s'était inquiété de la hausse des cas de Covid auprès du média allemand Deutsche Welle, relevant en outre que le système de santé "enregistrait des pertes tous les jours" à cause de la guerre. 

Depuis le début de l'invasion en février, "18 établissements accueillant des patients du Covid ont été détruits, 15 autres partiellement détruits et plus de 100 sont sous occupation", avait-il ajouté. 

M. Kouzine avait aussi appelé les Ukrainiens à se faire vacciner, tout en estimant que les restrictions pour ralentir la progression du Covid seraient difficiles à mettre en œuvre, la population étant "concentrée sur une autre ennemi". 

Les restrictions anti-Covid ont été suspendues en Ukraine lorsque la loi martiale a été instaurée en Ukraine le 24 février, le jour où la Russie a envahi le pays. 

Le pic des nouveau cas est attendu entre fin septembre et début octobre, selon M. Kouzine. 

L'Organisation mondiale de la santé avait relevé en août qu'avec l'approche de l'hiver, le système de santé ukrainien sera confronté à des défis sans précédent.


Le Parlement russe ratifie la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes

Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
Carte localisant la ville de Lyman dans le nord-est de l'Ukraine et les positions des forces russes et ukrainiennes. (Graphique, AFP)
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  • Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud)
  • L'UE a convoqué lundi le plus haut diplomate russe en poste à Bruxelles dans le cadre d'une action coordonnée avec les États membres pour condamner et rejeter «l'annexion illégale» d'une partie du territoire ukrainien

MOSCOU/ BRUXELLES: Les députés russes ont approuvé lundi à l'unanimité la loi sur l'annexion de quatre régions ukrainiennes, une décision qui avait déjà été approuvée par le président Vladimir Poutine et suscité une pluie de condamnations internationales. 

Les députés de la Douma, chambre basse du Parlement, ont tous voté en faveur de l'annexion des régions de Donetsk et de Lougansk (est de l'Ukraine), ainsi que de celles de Kherson et de Zaporijjia (sud), selon la retransmission en direct de la cérémonie du vote à la télévision russe. 

Ni abstention ni vote contre n'ont été enregistrés. 

Le président Vladimir Poutine a signé vendredi dernier l'annexion de quatre territoires ukrainiens lors d'une cérémonie au Kremlin, aux côtés des dirigeants prorusses de ces quatre régions, occupées en partie ou en quasi totalité par Moscou. 

L'Ukraine a répliqué en demandant une "adhésion accélérée" à l'Otan et en déclarant qu'elle ne négocierait pas avec Moscou tant que Vladimir Poutine est président.