Cisjordanie: arrestations et chasse à l'homme après une attaque meurtrière

Les forces de sécurité israéliennes surveillent les Palestiniens qui traversent un poste de contrôle pour se rendre à Jérusalem pour les prières du vendredi dernier du Ramadan dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le 29 avril 2022. (AFP)
Les forces de sécurité israéliennes surveillent les Palestiniens qui traversent un poste de contrôle pour se rendre à Jérusalem pour les prières du vendredi dernier du Ramadan dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le 29 avril 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 30 avril 2022

Cisjordanie: arrestations et chasse à l'homme après une attaque meurtrière

  • Vendredi soir, deux assaillants ont tué par balle un garde d'une vingtaine d'années qui était en faction devant l'un des accès de la colonie israélienne d'Ariel située dans le nord de la Cisjordanie
  • L'attaque a été revendiquée samedi par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, branche armée du parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas

JÉRUSALEM: Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté samedi les auteurs présumés d'une attaque meurtrière la veille dans le nord de la Cisjordanie occupée, au terme de près d'une journée de poursuite et d'arrestations, ont indiqué les autorités.

Vendredi soir, deux assaillants ont tué par balle un garde d'une vingtaine d'années qui était en faction devant l'un des accès de la colonie israélienne d'Ariel, située dans le nord de la Cisjordanie occupée. L'identité de la victime n'a pas été divulguée.

"Au terme d'une activité de renseignements et opérationnelle intense du Shin Bet (le service de sécurité intérieure, ndlr), des forces spéciales de police et de l'armée, deux suspects ont été arrêtés ce soir" en relation avec l'attaque d'Ariel, a annoncé la police dans un communiqué.

Ils ont été arrêtés avec leurs armes dans le village palestinien de Qarawat Bani Hassan, au nord-ouest d'Ariel, a précisé l'armée.

Après avoir tiré sur le garde, les assaillants avaient pris la fuite en voiture et les forces israéliennes avaient aussitôt lancé une chasse à l'homme pour les retrouver.

"Il n'y a pas de terroriste qui nous échappera et avec qui nous ne réglerons pas nos comptes (...) Ensemble nous vaincrons", a déclaré dans un communiqué le Premier ministre israélien Naftali Bennett après l'annonce de la capture des deux suspects.

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a également félicité sur Twitter les forces de sécurité: "L'Etat d'Israël a toujours vaincu le terrorisme et fera tout ce qui est nécessaire (...) pour le vaincre aujourd'hui aussi".

L'attaque a été revendiquée samedi par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, branche armée du parti Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.

Saisie d'armes

"Nous revendiquons la responsabilité de l'opération héroïque dans la colonie d'Ariel dans laquelle un officier sioniste (israélien, ndlr) a été tué. Elle a été menée en réponse aux violations commises par le gouvernement d'occupation à Jérusalem", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Une allusion aux affrontements entre policiers israéliens et des Palestiniens qui ont fait depuis deux semaines près de 300 blessés palestiniens sur et autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Vendredi soir et samedi, la présence de soldats israéliens avait été renforcée dans le nord de la Cisjordanie pour tenter de retrouver les suspects. Les soldats ont procédé à des arrestations et saisi des armes dans le village palestinien de Bruqin à l'ouest d'Ariel, et dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, selon l'armée.

Par ailleurs, des dizaines de Palestiniens ont participé samedi aux funérailles de Yahya Adwan, un Palestinien d'une vingtaine d'années, tué par balles dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une opération de l'armée israélienne dans la localité d'Azzoun, à une vingtaine de kilomètres de la colonie d'Ariel.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée a précisé que l'opération à Azzoun était liée à l'opération pour "retrouver les terroristes auteurs de l'attaque d'Ariel".

Heurts 

Des heurts ont éclaté après les funérailles entre des Palestiniens et des soldats israéliens. Trois Palestiniens ont été blessés par des tirs de balles réelles dans les jambes et hospitalisés, a rapporté le Croissant Rouge palestinien.

L'armée israélienne a elle indiqué que des "dizaines de Palestiniens avaient déclenché une violente émeute", attaquant à coups de pierres et de pneus enflammés des soldats qui ont répondu en utilisant des moyens de dispersion anti-émeutes et des balles réelles.

Les forces israéliennes contrôlent les accès à l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam et le plus sacré du judaïsme sous son nom de Mont du Temple.

La mort du garde en Cisjordanie porte à 15 le nombre de personnes tuées dans des attaques anti-israéliennes depuis le 22 mars. Entre le 22 mars et le 7 avril, 14 personnes ont été tuées dans des attaques en territoire israélien, dont un policier arabe israélien et deux Ukrainiens.

Deux des attentats en Israël ont été perpétrés dans la région de Tel-Aviv par des Palestiniens originaires de Cisjordanie.

Dans la foulée de ces attaques, l'armée israélienne a mené plusieurs opérations en Cisjordanie émaillées de heurts meurtriers. Au total, 27 Palestiniens et trois Arabes israéliens ont été tués, dont des assaillants.

Environ 475 000 Israéliens habitent en Cisjordanie dans des colonies jugées illégales au regard du droit international. Plus de 2,8 millions de Palestiniens vivent également dans ce territoire.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


L'Iran menace de rétorsion tout pays «participant, coopérant ou aidant» les Etats-Unis dans leurs attaques 

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
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  • "Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées"
  • L'Iran "se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran.

"Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées", a déclaré Abbas Araghchi, ajoutant que l'Iran "se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense", lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

 


Nouvelles frappes américaines en Iran, sirènes d'alerte au Bahreïn 

Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
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  • Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements
  • Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz

TEHERAN: Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures puisque le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Après avoir flambé jeudi, les cours refluaient légèrement vendredi en début d'échanges asiatiques, le Brent se maintenant autour du niveau de 100 dollars atteint la veille pour la première fois depuis mai, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements.

Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz.

Face aux menaces sur la navigation dans la région, Donald Trump a affirmé jeudi soir que les fonds iraniens gelés aux Etats-Unis serviraient désormais à rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe.

"A partir de maintenant, tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les Etats-Unis ont en leur possession et contrôlent", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, sans fournir davantage de détails sur le mécanisme envisagé.

Une menace qualifiée quelques heures plus tard de "précédent incendiaire" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une publication sur X.