Attentat à Conflans: Déclaration de l'université Al-Azhar

Ahmed Al-Tayyeb, dirigeant de l'université Al-Azhar (Photo, fournie).
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Publié le Samedi 17 octobre 2020

Attentat à Conflans: Déclaration de l'université Al-Azhar

  • Dans un communiqué, le dirigeant d'Al Azhar a affirmé rejeter ce crime haineux et tout acte terroriste, en insistant sur le fait qu’un meurtre ne peut en aucune façon être justifié
  • Al-Azhar propose que soit instauré une législation mondiale punissant les insultes envers le sacré, et appelle le monde à adhérer au respect de la morale et des croyances d’autrui

L’université Al-Azhar, basée au Caire, a condamné l’attentat de Conflans-Saint-Honorine, qui a causé la mort du professeur d'histoire Samuel Paty. Dans un communiqué, son dirigeant a affirmé rejeter ce crime haineux et tout acte terroriste, en insistant sur le fait qu’un meurtre ne peut en aucune façon être justifié.

L’établissement a rappelé la nécessité de faire face aux discours de haine et à la violence sous toutes ses formes, mais aussi l’importance de respecter les religions et leurs symboles.

Ainsi, Al-Azhar propose que soit instauré une législation mondiale punissant les insultes envers le sacré, et appelle le monde à adhérer au respect de la morale et des croyances d’autrui.


Macron reçoit lundi les représentants du Conseil français du culte musulman

Le président français Emmanuel Macron s'adressant à la presse devant un collège à Conflans Saint-Honorine. (AFP)
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  • rois jours après l'assassinat du professeur Samuel Paty, le gouvernement a promis, à l'issue du Conseil de défense tenu dimanche soir, des réponses politiques « à court et moyen terme » et a annoncé lundi matin une série d'opérations contre la mouvance is
  • « Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l'Islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l'assassinat d’un Homme »

PARIS : Le président de la République Emmanuel Macron doit recevoir à l'Elysée lundi à 16h00 les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM) en compagnie du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, a annoncé la présidence.

Trois jours après l'assassinat du professeur Samuel Paty, le gouvernement a promis, à l'issue du Conseil de défense tenu dimanche soir, des réponses politiques « à court et moyen terme » et a annoncé lundi matin une série d'opérations contre la mouvance islamiste.

Le chef de l'Etat a demandé dimanche « qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain ».

« Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l'Islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l'assassinat d’un Homme », avait réagi dans la nuit de vendredi à samedi sur Twitter le Conseil français du culte musulman ( CFCM).


Schiappa réunit les services de police pour lutter contre «le cyberislamisme»

Le ministre français de l'intérieur Gerald Darmanin (à droite) et la ministre déléguée à la citoyenneté Marlene Schiappa assistent à une réunion sur le projet de loi sur le séparatisme. (ThomasCOEX/POOL/AFP)
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  • La ministre déléguée chargée de la citoyenneté a réuni les patrons de la police et de la gendarmerie afin d'étudier de nouvelles dispositions renforçant la lutte contre «le cyberislamisme»
  • Gérald Darmanin, avait dénoncé «une fatwa en ligne»

La ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marlène Schiappa, a réuni lundi à Nanterre les responsables des services de police et les patrons de la police et de la gendarmerie afin d'étudier de nouvelles dispositions renforçant la lutte contre «le cyberislamisme».

«Le cyberislamisme s'est développé», a souligné la ministre, trois jours après la décapitation en pleine rue vendredi du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, entrainant une mise en cause des réseaux sociaux pour avoir relayé les messages stigmatisant le professeur d'histoire.

Dans ce contexte, Mme Schiappa s'est rendue à la sous-direction de lutte contre la cybercriminalité qui abrite la plateforme de signalement Pharos destinée au grand public. C'est cette plateforme, mise en place en 2009, qui a identifié les 80 messages de soutien à l'action de l'agresseur de Samuel Paty.

«La plateforme Pharos est bien identifiée par la population. Il s'agit de voir comment on peut améliorer l'articulation entre les différents services», a expliqué la ministre, qui a réuni de hauts responsables de la police et de la gendarmerie pour étudier les améliorations possibles à une meilleure détection des contenus haineux sur internet.

Lundi matin, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait dénoncé «une fatwa en ligne». Et la veille, le Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron a décidé d'agir contre ceux qui ont soutenu l'attentat sur les réseaux sociaux.

Dans l'entourage de Marlène Schiappa, on fait valoir qu'au-delà des dispositifs de signalement et de blocage de contenus illicites, il est nécessaire aussi que l'Etat ne soit pas absent du net et organise un «contre discours» pour répondre aux propos haineux.

Actuellement, les signalements parvenant à Pharos sont traités par des policiers et des gendarmes qui, après vérification, alertent les services compétents, pour qu'une enquête soit ouverte sous l'autorité du procureur. Souvent long, ce dispositif ne permet toutefois pas d'effacer rapidement les contenus jugés illicites.

Les réseaux sociaux disposent également de dispositifs de signalement, mais leur efficacité relative est critiquée.


Marine Le Pen réclame une «législation de guerre» contre l'islamisme

Marine Le Pen s'adresse à la presse trois jours après la décapitation du professeur d'histoire Samuel Paty, au siège du parti RN à Nanterre. (ThomasSAMSON/AFP)
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  • Marine Le Pen réclame une «législation de guerre» pour combattre l'islamisme
  • «L'islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme. Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre»

NANTERRE: Marine Le Pen a réclamé lundi une «législation de guerre» contre l'islamisme qui s'inscrit à ses yeux dans une «stratégie de reconquête» républicaine et pas seulement «d'endiguement», après la décapitation d'un enseignant qui avait montré des caricatures de Mahomet.

«L'islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme. Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre», a asséné la présidente du Rassemblement national dans une allocution solennelle au siège de son parti à Nanterre.

«Face à une force organisée et déjà installée, prosélyte et conquérante, notre président n'a proposé qu'une insuffisante et anachronique stratégie d'endiguement. La situation appelle une stratégie de reconquête», qui repose «sur trois piliers: la restauration de l'État, la réaffirmation de la République, l'unité de la nation», a estimé la candidate à la présidentielle.

Quelques heures auparavant, Marine Le Pen s'était rendue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour déposer une gerbe devant le collège de l'enseignant décapité vendredi. Aucun responsable du RN n'a participé aux manifestations dimanche en son hommage, estimant en avoir «un peu marre de la politique de la bougie».

La dirigeante d'extrême droite a réclamé une «législation d'exception» qui «sera conforme à l'Etat de droit», «dirigée contre les terroristes» et qui «n'affectera aucunement les libertés publiques», avec des «procédures policières et judiciaires spécifiques», une «possibilité de surveillance étendue» et un «régime carcéral spécifique».

Refusant toute «complaisance directe ou indirecte de l'administration», Marine Le Pen a souhaité de nouveau un «renforcement des moyens de police nationale et municipale comme de la gendarmerie», une «évolution de la légitime défense», un «armement obligatoire des polices municipales», le «renforcement des moyens de justice» et la «création de centres pénitentiaires adaptés".

Elle a réclamé «un moratoire immédiat sur l'immigration et sur les naturalisations», estimant que «la politique migratoire nourrit le communautarisme, terreau de l'islamisme», et redemandé une «réforme du code de la nationalité».

«Aucun étranger fiché S pour islamisme, en situation régulière ou irrégulière, ne doit pouvoir rester en France», a-t-elle insisté. «Un binational fiché S pour islamisme doit être déchu de sa nationalité et renvoyé. Un Français fiché S pour islamisme doit être poursuivi pour intelligence avec l'ennemi, condamné et incarcéré».