Zemmour entend «refonder la droite française», affirme Peltier

Éric Zemmour, chef du mouvement d'extrême droite Reconquête! (AFP)
Éric Zemmour, chef du mouvement d'extrême droite Reconquête! (AFP)
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Publié le Dimanche 01 mai 2022

Zemmour entend «refonder la droite française», affirme Peltier

  • Les zemmouristes compteraient présenter quelque 550 candidats aux législatives, qui se tiendront les 12 et 19 juin dans 577 circonscriptions
  • Après son score de 7% des voix à l'élection présidentielle, décevant au regard des sondages de l'automne 2021, l'avenir politique d’Éric Zemmour et de son mouvement Reconquête! paraît incertain

PARIS : Éric Zemmour compte engager une bataille au long cours pour «refonder la droite française», a affirmé dimanche Guillaume Peltier, vice-président de Reconquête, le parti de l'ancien candidat d'extrême droite à la présidentielle . 

«Nous regrettons avec Éric Zemmour que les Républicains et le Rassemblement national ne soient pas aujourd'hui dans cette démarche d'unité», a dit l'ex-LR lors de l'émission politique d'Europe 1, CNEWS et Les Echos, mettant en garde contre une victoire de la gauche aux législatives de juin sous l'égide de l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon.

«Jean-Luc Mélenchon est en train de rassembler les islamistes, les musulmans radicaux, les wokistes, l'ultra-gauche», a affirmé M. Peltier, en estimant que le président réélu Emmanuel Macron s'apprêterait à «gouverner à gauche et avec l'ultra-gauche.» 

Après son score de 7% des voix à l'élection présidentielle, décevant au regard des sondages de l'automne 2021, l'avenir politique d’Éric Zemmour et de son mouvement Reconquête! paraît incertain, d'autant que l'ancien candidat d'extrême droite se heurte au refus de sa rivale Marine Le Pen, forte de 41,5% des voix au second tour, de conclure une alliance aux législatives.

Selon M. Peltier, les zemmouristes comptent présenter quelque 550 candidats aux législatives, qui se tiendront les 12 et 19 juin dans 577 circonscriptions. Ils ont décidé de ne pas présenter de candidats face à Marine Le Pen (RN), Eric Ciotti (LR) et Nicolas Dupont Aignan (Debout la France), au nom de «l'union nationale».

«On ne perd jamais à tendre la main et à vouloir mettre de côté les querelles d'ego pour sauver la France», a assuré dimanche M. Peltier, selon qui «Éric Zemmour va, tout au long des prochains mois et des prochaines années, refonder la droite française». Et d'avertir que «ceux qui refusent notre main tendue porteront une grande responsabilité dans la défaite, quand Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon gouverneront à deux notre pays».

L'union des droites, «c'est trop simple pour être intelligent», a ensuite rétorqué sur la même antenne le secrétaire général de LR, Aurélien Pradié.

«Je vois bien ce que le parti Reconquête! est en train de faire, ils se croyaient déjà en responsabilité, ils sont en train de voir qui peut les acheter», a-t-il lancé, dénonçant un «spectacle absolument misérable».


L'éviction du patron de la PJ Sud, en pleine réforme, provoque un tollé

Éric Arella (Photo, AFP).
Éric Arella (Photo, AFP).
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  • Éric Arella pilotait depuis sept ans les enquêtes sur la grande criminalité, et notamment sur le narcobanditisme
  • «C'est une honte, on lui fait porter le chapeau. Il a toujours été loyal», a indiqué une source de la PJ à Marseille

MARSEILLE: L'éviction vendredi du patron de la police judiciaire pour le sud de la France, au lendemain d'une action de ses troupes contre la réforme de la PJ, a suscité l'indignation générale d'une institution habituellement taiseuse, faisant descendre des centaines de policiers dans la rue.

Éric Arella pilotait depuis sept ans les enquêtes sur la grande criminalité, et notamment sur le narcobanditisme, de Perpignan à Nice en passant par la Corse et Marseille.

"C'est une honte, on lui fait porter le chapeau. Il a toujours été loyal", a indiqué une source de la PJ à Marseille, le syndicat des commissaires s'insurgeant lui contre une "décision brutale et injuste".

"Politique de la terreur", pour un commissaire de police judiciaire en région parisienne, "dictature" pour un enquêteur à Bordeaux, "république bananière", pour le vice-président de l'Association nationale de la police judiciaire, à Lille: les qualificatifs traduisent la colère des policiers.

Pour le syndicat Alternative police, "un cap a été franchi et une réelle fracture s'est produite" entre le patron de la police nationale, Frédéric Veaux, et la PJ.

Même stupeur côté justice, où l'Association française des magistrats instructeurs (Afmi) a regretté un "mode de gestion autoritariste", tandis que la procureure de Marseille a regretté l'"immense perte" d'un "très grand serviteur de l'Etat".

Ce limogeage a été confirmé à l'AFP par la direction générale de la police nationale (DGPN): "Comme pour toute réforme, il y a des discussions, il peut y avoir des désaccords. Mais une telle déloyauté n'est pas acceptable", indiquait-on dans l'entourage de son directeur, M. Veaux, qui n'a visiblement pas apprécié sa réception jeudi à Marseille.

À sa sortie de réunion, dans une ambiance glaciale, il avait été contraint de fendre une haie de quelque 200 policiers opposés à la réforme, bras croisés et silencieux, selon une vidéo transmise à l'AFP jeudi.

«Merci patron»

Après le limogeage d'Eric Arella, des centaines d'officiers se sont rassemblés dans toute la France vendredi. A Marseille, ils étaient environ 200 à crier des "bravo", "merci patron" au passage de la voiture d’Éric Arella.

"Tout le monde est remonté, y compris la hiérarchie", a confié un officier à Nice, où une centaine de policiers se sont rassemblés. A Montpellier, ils étaient une centaine, à Bordeaux 80, à Toulouse 70. Des rassemblements ont aussi eu lieu à Strasbourg, Lille et Nantes.

A Nanterre, devant le siège de l'office central de la PJ, des dizaines de policiers ont entonné la Marseillaise. Ils étaient une centaine à Versailles, certains brandissant des affiches "Je suis PJ" ou "Je suis Arella."

"Les résultats à Marseille sont mauvais, avec des niveaux records d'homicides, alors que les effectifs ont été considérablement renforcés", commentait-on vendredi dans l'entourage de la DGPN.

Depuis le début de l'année, 25 personnes sont mortes par balles dans les Bouches-du-Rhône, dans des homicides liés au trafic de drogue, selon la préfecture de police. Autant que sur toute l'année 2021.

À Marseille fin juin, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'était pourtant félicité qu'"ici, 60 % de ces règlements de comptes sont résolus": "un chiffre extrêmement positif puisque, en France, on résout à peu près 30% des tentatives d'homicides".

Une certitude: la réforme de la PJ, portée par Gérald Darmanin et Frédéric Veaux, suscite une énorme réticence.

Le projet prévoit de placer tous les services de police d'un département – renseignement, sécurité publique, police aux frontières (PAF) et PJ – sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet.

"Si on demande à des enquêteurs de la PJ de prendre en charge des dossiers qui relèvent de la sécurité publique, on ne sera plus en mesure de faire notre boulot", s'inquiétait vendredi à Toulouse un membre de l'Association nationale de la police judiciaire (ANPJ).

Caroline, cheffe d'une section criminelle à Versailles, a peur "de traiter des rodéos urbains plutôt que des affaires criminelles."

"Cette réforme est porteuse de danger à brève échéance (...), elle expose nos concitoyens au crime organisé et aux cartels", a estimé de son côté Thomas, porte-parole de l'ANPJ à Marseille.

"Il y a des difficultés d'organisation dans la police, mais à la PJ ça fonctionne, malgré le manque de bras et de moyens", analyse Jean-Baptiste Perrier, professeur en droit privé et sciences criminelles à l'Université d'Aix-Marseille, en soulignant le caractère exceptionnel de cette mobilisation: "ce sont plutôt des taiseux".

M. Arella sera remplacé par Dominique Abbenanti, actuellement attaché de sécurité à Alger, a-t-on précisé à la DGPN. Éric Arella, lui, sera chargé de mission à la DGPN.


Intrusion d'un collectif de migrants à l'Hôtel de Ville de Paris

L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
L'Hôtel de Ville de Paris (Photo, AFP).
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  • En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment
  • Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo

PARIS: Une soixantaine de personnes, migrants et militants pro-migrants, ont forcé l'entrée de l'Hôtel de Ville de Paris vendredi après-midi pour réclamer un hébergement, reprochant à la mairie de "se défausser" sur l'Etat.

En début d'après-midi, des membres du collectif La Chapelle Debout ont forcé l'accès principal du bâtiment, obligeant les agents postés à cette entrée sécurisée à les laisser passer, peut-on voir sur une vidéo diffusée sur Twitter.

Dans la cour, migrants et militants ont réclamé de rencontrer la maire Anne Hidalgo afin d'obtenir un relogement pour "une partie des habitants de l''Ambassade des immigrés'", une ancienne banque squattée rue Saulnier, dans le IXe arrondissement.

Selon un communiqué du collectif, l'élue socialiste et son adjoint à l'Hébergement d'urgence et à la Protection des réfugiés Ian Brossat "font semblant de ne pas connaître la situation" alors que ce dernier "avait fait des promesses de relogement".

"Il est temps que la mairie, a priori de gauche, qui revendique une politique d'accueil contrairement à la préfecture, se mette à agir elle aussi", ajoute le collectif.

Ce collectif a quitté le bâtiment en milieu d'après-midi, après avoir été reçu par M. Brossat qui s'est engagé à "réaliser un diagnostic social" rue Saulnier et à réunir la préfecture de région et la préfecture de police autour de la table.

"L'essentiel de leurs revendications", notamment le relogement, "relève des compétences de l'Etat", a réagi M. Brossat. Quant au logement social, il "s'adresse uniquement à des personnes en situation régulière" alors qu'une "bonne partie" des personnes représentées vendredi ne sont "pas éligibles", a-t-il ajouté.

Pour le groupe d'élus d'opposition Changer Paris (LR et apparentés), cette intrusion dans l'Hôtel de Ville, la deuxième en un an et demi après des éboueurs en mai 2021, "démontre que la Ville est incapable (...) d’assurer la sécurité de quiconque".

Cette action a également fait réagir du côté du RN. "La France ne doit plus être l'hôtel de l'Afrique: appliquons la loi, renvoyons les clandestins chez eux", a demandé le député européen Jordan Bardella.


Macron annonce un fonds de 100 millions d'euros pour l'achat direct par Kiev de matériel militaire

«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
«Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire» (Photo, AFP).
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  • Ces fonds financeront l'achat «d'armes défensives» comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe
  • Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine

PRAGUE: Le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi la création d'un "fonds spécial" pour que l'Ukraine puisse "acheter directement auprès de nos industriels les matériels dont elle a le plus besoin pour soutenir son effort de guerre".

"Nous allons doter ce fonds spécial de cent millions d'euros pour commencer", ce qui permettra "de pouvoir travailler aussi avec la base industrielle de défense française", a-t-il ajouté devant la presse à Prague l'issue d'un sommet de l'UE à Prague.

Ces fonds financeront l'achat "d'armes défensives" comme celles déjà livrées par la France depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février, a précisé le chef de l'Etat.

La France a fourni jusqu'ici 18 canons Caesar de 155 mm d'une portée de 40 km, montés sur camion, des missiles antichar et anti-aérien, des véhicules de l'avant-blindé (VAB), du carburant, des équipements individuels et une quinzaine de canons tractés TRF1 de 155 mm à l'Ukraine.

"Il y a très clairement une volonté réaffirmée d'accompagner l'Ukraine dans ce moment de la guerre, de continuer à l'accompagner par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction ou par notre soutien militaire", a souligné le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la France envisageait de livrer six canons Caesar supplémentaires à l'Ukraine, prélevés sur une commande destinée au Danemark.

"Nous avons des discussions avec en particulier nos partenaires danois pour livrer des Caesar, mais c'est une discussion qui revêt certains aspects techniques qui est en train d'être finalisée", a-t-il dit.

"En tout cas nous nous y sommes prêts, nous sommes prêts à la cofinancer et elle permettrait de livrer plusieurs unités de ce système d'artillerie Caesar qui a montré son efficacité sur le terrain, six", a-t-il précisé.