Présidentielle en Côte d'Ivoire sur fond de violences intercommunautaires

Supporters du président Alassane Ouattara lors d’un meeting pré-électoral le 17 octobre à Abidjan (Sia Kambou/AFP)
Supporters du président Alassane Ouattara lors d’un meeting pré-électoral le 17 octobre à Abidjan (Sia Kambou/AFP)
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Publié le Dimanche 18 octobre 2020

Présidentielle en Côte d'Ivoire sur fond de violences intercommunautaires

  • Des violences surviennent en Côte d’Ivoire alors que l'opposition, dont fait partie M. N'Guessan, a lancé jeudi un mot d'ordre de "boycott actif" du "processus électoral"
  • L'opposition demande notamment une réforme de la commission électorale et du conseil constitutionnelEHUIKRO, Côte d'Ivoire : Des violences intercommunautaires, qui ont fait des blessés, se déroulent depuis vendredi à Bongouanou (200 km au nord d'Abidjan),

EHUIKRO, Côte d'Ivoire : Des violences intercommunautaires, qui ont fait des blessés, se déroulent depuis vendredi à Bongouanou (200 km au nord d'Abidjan), fief du candidat à la présidentielle Pascal Affi N'Guessan, ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo, dont la maison a été incendiée, a-t-on appris samedi auprès de plusieurs habitants.

Ces violences surviennent alors que l'opposition, dont fait partie M. N'Guessan, a lancé jeudi un mot d'ordre de "boycott actif" du "processus électoral" et notamment demandé à ses militants d'"empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin" présidentiel du 31 octobre.

L'opposition demande notamment une réforme de la commission électorale et du conseil constitutionnel, qu'elle accuse d'être inféodés au pouvoir et d'avoir validé la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

Le Premier ministre ivoirien Hamed Bakayoko a appelé l'opposition à retirer son mot d'ordre : "Je les invite à cesser et à retirer les mots d’ordre qui se traduisent par des actes de violence".

"Nous serons d’une fermeté implacable : si vous êtes responsables de violences sur des personnes, sur des biens publics ou privés, vous assumerez tôt ou tard, il y aura des procès", a-t-il ajouté.

A Bongounaou, les habitants du quartier Agnikro (ethnie locale agni, majoritairement pro-opposition) et ceux de Dioulabougou (quartier d'ethnie dioula du Nord, majoritairement pro-Ouattara) s'affrontent à coups "de gourdins et de machettes", selon des témoignages concordants. Des maisons et des magasins ont été incendiés.

"La situation est intenable... Nous avons beaucoup de blessés transportés à l'hôpital", a affirmé Mathieu, un habitant.

Tenus par des jeunes, de nombreux barrages composées d'arbres coupées, de vieux pneus et de bidons étaient placés sur les routes menant à la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans une ambiance tendue, les jeunes, dont certains très alcoolisés, laissaient passer des ambulances et des habitants mais aucun autre véhicule.

A Ehuikro (1,5 km de Bongouanou), un de leurs chefs a confié à l'AFP, sous couvert de l'anonymat: "Après le mot d'ordre (de l'opposition), on a placé des barrages sur la route pour protester contre le troisième mandat. Les Dioulas veulent le troisième mandat et ils sont descendus sur Agnikro. Ils ont +machetté+ (donné des coups de machette) des Agni. Ils ont brûlé le lycée et la maison d'Affi".

"On a répliqué. On a brûlé leurs magasins. Des renforts de police sont arrivés", a-t-il ajouté.

L'AFP n'a pu vérifier la séquence exacte des événements et n'a pu se rendre dans la ville.

"Il y a eu des blessés hier (vendredi). Aujourd'hui, on n'a pas encore de bilan. Ils ont incendié ma maison", a expliqué M. Affi N'Guessan à l'AFP. "Les personnes (qui ont incendié ma maison) ont été convoyées depuis Abidjan. Sont visés les biens des responsables de l'opposition".

"La situation est tendue. Mon domicile privé a été incendié... Le collège privé IEGT à été brûlé", a témoigné le député maire de Bongouanou, Gilbert Amalaman, un proche de M. Affi N'Guessan.

Des violences intercommunautaires ont fait une quinzaine de morts en août et en septembre dans plusieurs villes du pays dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Alassane Ouattara et après le rejet par le Conseil constitutionnel de 40 candidatures, dont celles de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro et de l'ancien président Laurent Gbagbo.

Outre M. Ouattara et Affi N'Guessan, l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ancien député Kouadio Konan Bertin sont en lice.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars renoncer à briguer un troisième mandat, avant de changer d'avis en août après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution de 2016, le compteur des mandats de M. Ouattara a été remis à zéro, ce que conteste farouchement l'opposition.

La crainte de violences électorales est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise poste électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, après le refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.

 


Italie: la police dans les bureaux de la Juventus pour enquêter sur des transferts douteux

Logo de la Juventus. (Photo, AFP)
Logo de la Juventus. (Photo, AFP)
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  • L'enquête porte sur les mouvements de joueurs de ces trois dernières saisons, et sur la manière dont les résultats financiers annuels ont été présentés
  • La Juventus est soupçonnée d'avoir donné de fausses informations à des investisseurs, et d'avoir produit des factures pour des transactions inexistantes

MILAN : La brigade financière de la police italienne a perquisitionné les bureaux de la Juventus de Turin, dans le cadre d'une enquête sur des transferts récents de joueurs qui auraient pu donner lieu à la publication de faux montants dans les bilans du club, a-t-on appris de source judiciaire.

Selon un communiqué publié dans la soirée de vendredi par le bureau du procureur de Turin, l'enquête porte sur les mouvements de joueurs de ces trois dernières saisons, et sur la manière dont les résultats financiers annuels ont été présentés, entre 2019 et 2021.

La Juventus est soupçonnée d'avoir donné de fausses informations à des investisseurs, et d'avoir produit des factures pour des transactions inexistantes, ajoute le bureau du procureur.

Selon les médias italiens, six dirigeants du club turinois sont dans le collimateur de la brigade financière. Le club, dans un communiqué publié samedi soir, a confirmé que figuraient parmi eux le président Andrea Agnelli, le vice-président et ancien joueur tchèque Pavel Nedved, ainsi que l'ancien directeur sportif Fabio Paratici, qui travaille désormais en Angleterre, à Tottenham.

Selon l'agence de presse nationale italienne ANSA, samedi matin, les enquêteurs sont particulièrement intéressés par l'arrivée du Portugais Cristiano Ronaldo à l'été 2018 pour 100 millions d'euros, puis son retour à Manchester United en août dernier pour 15 millions d'euros, plus 8 millions d'euros en option en fonction des performances sportives du joueur.

Le mois dernier, la Fédération italienne de football (FIGC) a lancé sa propre enquête sur une série de transferts douteux, le plupart de ces mouvements impliquant la Juventus. Certaines auraient donné lieu à un gonflement artificiel de la valeur des joueurs, pour des raisons comptables, ou à des échanges de joueurs pour permettre d'équilibrer les comptes.


Variant Omicron: les premiers cas se multiplient en Europe, l'Afrique australe pénalisée

Des voyageurs font la queue à un comptoir d'enregistrement à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des voyageurs font la queue à un comptoir d'enregistrement à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Selon le groupe d'experts de l'OMS, les données préliminaires sur ce variant suggèrent qu'il présente «un risque accru de réinfection» par rapport aux autres variants, dont le Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux
  • Sur tous les continents, des pays se ferment à l'Afrique australe. Les restrictions de voyage, outre l'Afrique du Sud, concernent le Botswana, le Zimbabwe, la Namibie, le Lesotho, l'Eswatini, le Mozambique et dans certains cas le Malawi

LONDRES : Les premiers cas positifs au nouveau variant du coronavirus Omicron se sont multipliés samedi en Europe, où l'inquiétude pousse à des restrictions de voyages tandis que le monde continue d'isoler l'Afrique australe.

Après la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie, la République tchèque a annoncé un premier cas sur une patiente Covid-19 hospitalisée avec de légers symptômes à Liberec (nord).

Elle était vaccinée et s'était rendue en Namibie, avant de regagner la République tchèque via l'Afrique du Sud et Dubaï, selon le chef du gouvernement.

À Amsterdam, une soixantaine de passagers, débarqués vendredi de Johannesburg et du Cap, étaient toujours en quarantaine près de l'aéroport. "Le variant Omicron a probablement été trouvé parmi les personnes testées", a indiqué l'Institut national de santé publique (RIVM), en attendant des résultats définitifs prévus dimanche.

Premier à suspendre les vols depuis l'Afrique du Sud, le gouvernement britannique a annoncé un durcissement des règles d'entrée pour les arrivants de toutes provenances: test PCR et isolement obligatoires jusqu'au résultat, parallèlement au retour du masque obligatoire dans tous les commerces.

La Suisse a également annoncé que les personnes en provenance des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de République tchèque, d'Egypte et du Malawi devaient présenter, à l'embarquement et à l'entrée en Suisse, un test Covid négatif et se placer 10 jours en quarantaine.

C'était déjà le cas depuis vendredi soir pour les personnes en provenance de plusieurs pays d'Afrique australe, de Belgique, d'Israël et de Hong Kong.

Toute personne "contact" d'une autre, testée positive au nouveau variant devra être isolée même si elle est vaccinée, a pour sa part annoncé samedi soir le ministère français de la Santé.

Plus tôt samedi, le ministère britannique de la Santé avait annoncé avoir identifié "deux cas de Covid-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.529", précisant que ces "deux cas britanniques du variant Omicron" étaient liés et avaient été identifiés après "un voyage en Afrique australe", où Omicron a été la première fois identifié cette semaine.

Les annonces se sont enchaînées: deux cas confirmés en Allemagne chez des voyageurs arrivés d'Afrique du Sud à l'aéroport de Munich (sud), un autre suspecté chez un voyageur arrivé à l'aéroport de Francfort (centre de l'Allemagne), un premier cas en Italie chez un homme de la région de Naples (sud) revenu du Mozambique...

La veille et l'avant-veille, des cas avaient été signalés à Hong Kong, en Israël sur une personne revenue du Malawi et au Botswana, ainsi que sur une vingtaine de personnes en Afrique du Sud, pays avancé scientifiquement et premier à donner l'alerte.

Le nouveau variant a été classé comme "préoccupant" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a toutefois déconseillé les restrictions sur les voyages et qui estime qu'il faudra "plusieurs semaines" pour comprendre la virulence du nouveau variant. 

Depuis fin 2019, la Covid-19 a fait au moins 5,18 millions de morts dans le monde, selon un décompte de l'AFP.

L'agence de santé de l'Union européenne a renforcé l'inquiétude en soulignant que ce nouveau variant B.1.1.529 représentait un risque "élevé à très élevé" pour l'Europe.

Selon le groupe d'experts de l'OMS, les données préliminaires sur ce variant suggèrent qu'il présente "un risque accru de réinfection" comparé aux autres variants, dont le Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.


Variant Omicron: test PCR obligatoire et isolement jusqu'au résultat pour entrer au Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'exprime lors d'une conférence de presse à Londres, le samedi 27 novembre 2021, après que des cas de la nouvelle variante COVID-19 aient été confirmés au Royaume-Uni. (AP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'exprime lors d'une conférence de presse à Londres, le samedi 27 novembre 2021, après que des cas de la nouvelle variante COVID-19 aient été confirmés au Royaume-Uni. (AP)
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  • Jusqu'ici, seul un test antigénique était demandé deux jours après l'arrivée des voyageurs, et aucun isolement n'était requis jusqu'aux résultats
  • Ce changement intervient alors que les autorités sanitaires britanniques ont confirmé samedi avoir identifié au Royaume-Uni «deux cas de Covid-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.529»

LONDRES : Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé samedi durcir les mesures d'entrée dans son pays afin de ralentir la propagation du variant Omicron du coronavirus, dont deux cas ont déjà été détectés au Royaume-Uni. 

En raison du nouveau variant, "nous devons maintenant aller plus loin et mettre en place un nouveau régime de tests", a déclaré le dirigeant lors d'une conférence de presse, "nous demanderons à toute personne entrant au Royaume-Uni de passer un test PCR" deux jours après son arrivée "et de s'isoler jusqu'à ce qu'elle ait le résultat". 

Jusqu'ici, seul un test antigénique était demandé deux jours après l'arrivée des voyageurs, et aucun isolement n'était requis jusqu'aux résultats. 

Ce changement intervient alors que les autorités sanitaires britanniques ont confirmé samedi avoir identifié au Royaume-Uni "deux cas de Covid-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.529". 

Les deux cas sont "liés (entre eux) et à un voyage en Afrique australe", précisait le communiqué du ministère de la Santé, publié plus tôt dans la journée. L'un d'eux a été détecté dans la ville de Nottingham (centre de l'Angleterre) et l'autre à Chelmsford (est de Londres), ont précisé les autorités sanitaires

Afin de "renforcer notre protection contre ce variant", Boris Johnson a par ailleurs annoncé le retour du masque obligatoire dans les magasins, où ils n'étaient plus obligatoires contrairement aux transports en commun. 

La campagne de rappel sera "intensifiée", a-t-il ajouté, même si "nous ne savons pas encore quelle sera l'efficacité du vaccin contre le variant Omicron". Les autorités sanitaires vont réduire la période nécessaire entre la deuxième et la troisième dose, ainsi qu'élargir les groupes éligibles autant que possible, a-t-il précisé. 

Les mesures prises, qui seront révisées toutes les six semaines, "sont temporaires et prudentes", a affirmé le Premier ministre, les qualifiant de "moyen d'action responsable pour ralentir la propagation du virus".