Energie: l'UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

L'Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements (Photo, AFP).
L'Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 03 mai 2022

Energie: l'UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

  • Plusieurs Etats membres ont demandé des clarifications sur le paiement en roubles par le biais de l'ouverture d'un compte spécial
  • La Pologne et la Bulgarie ont réglé leurs achats dans la devise prévue dans leurs contrats avec Gazprom, le géant gazier russe

BRUXELLES: L'Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements, ont averti la Commission européenne et la présidence française du Conseil à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres de l'Énergie des 27 à Bruxelles.

La demande de Moscou de payer les achats en roubles est "une modification unilatérale et injustifiée des contrats et il est légitime de la rejeter", a déclaré la commissaire à l'Énergie Kadri Simson.

"97% des contrats (conclus par les entreprises européennes) spécifient la devise pour le paiement et il s'agit soit de l'euro, soit du dollar américain", a-t-elle précisé.

Kadri Simson a affirmé ne pas avoir connaissance d'ouverture de comptes en roubles. "Des paiements sont prévus pour la mi-mai et la majorité des entreprises respecteront les règles des contrats", a-t-elle assuré. La ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, présidente de la réunion, a confirmé la "volonté de respecter les contrats".

"Nous devons nous préparer à une suspension des approvisionnements", a averti la Commissaire européenne. 

Plusieurs Etats membres ont demandé des clarifications sur le paiement en roubles par le biais de l'ouverture d'un compte spécial et Kadri Simson a promis des "précisions détaillées pour expliquer aux entreprises ce qu'elles peuvent faire ou non".

La Pologne et la Bulgarie ont réglé leurs achats dans la devise prévue dans leurs contrats avec Gazprom, le géant gazier russe, et ont refusé d'ouvrir un second compte en roubles. La compagnie gazière russe a en rétorsion suspendu ses livraisons, considérant que le règlement n'avait pas été effectué.

"Il n'y a pas de risques immédiats pour les approvisionnements", a assuré la Commissaire. "Mais nous ne pourrons pas remplacer les 150 milliards de m3 de gaz achetés à la Russie par d'autres sources. Ce n'est pas tenable", a-t-elle reconnu.

"Nous pouvons gérer le remplacement de 2/3 des approvisionnements en gaz russe", a-t-elle précisé.

Kadri Simson a insisté sur la nécessité pour les États membres de remplir leurs réserves et Barbara Pompili a souligné l'impératif de "diversifier la manière de produire l'électricité et de se chauffer".

"L'Europe doit se débarrasser de la dépendance aux énergies fossiles russes", a affirmé la ministre polonaise Anna Moskwa. "Nos réserves seront à 100% de leurs capacités pour cet hiver", a-t-elle assuré. "Du gaz naturel liquéfié américain a commencé à arriver par la Lituanie et nous allons nous fournir en gaz de Norvège par le Danemark", a-t-elle expliqué.

Ukraine: «d'autres banques russes sortiront de Swift», dit le chef de la diplomatie de l'UE

Le sixième paquet de sanctions de l'Union européenne à l'égard de la Russie comprendra le retrait "d'autres banques" du système de transactions Swift, a déclaré lundi son haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrell, à Panama.

Ces sanctions concerneront "le secteur bancaire, il y aura d'autres banques russes qui sortiront de Swift", et "dans le secteur énergétique, nous sommes en train de travailler pour préparer des propositions qui permettent de limiter les importations énergétiques de Russie, notamment le pétrole", a dit le diplomate lors d'une conférence de presse.

Plusieurs sources diplomatiques européennes avaient indiqué ce week-end que la plus importante banque russe, la Sberbank, qui représente 37% du marché, devait ainsi être exclue de Swift.

Ce système interbancaire est un rouage essentiel de la finance mondiale permettant de communiquer rapidement et de manière sécurisée sur les transactions.

La Commission européenne devrait proposer mardi un 6e paquet de sanctions qui comprendrait un calendrier d'arrêt progressif des importations de pétrole russe, qui représentent 30% des importations de pétrole de l'Union européenne.

Si les 27 s'entendent sur cette mesure, l'arrêt des achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie sera progressif, sur six à huit mois, mais avec des mesures à effet immédiat, notamment une taxe sur le transport par tankers, a confié un responsable européen.

M. Borrell se trouve au Panama pour y participer mardi à une réunion avec les ministres des Affaires étrangères d'Amérique centrale et des Caraïbes afin d'aborder les conséquences du conflit entre la Russie et l'Ukraine dans la région.

Finalisation de l'embargo pétrolier

Les ministres ont également eu un échange sur un arrêt progressif des achats de pétrole et de produits pétroliers russes planifié par l'UE afin de tarir les financements européens pour la guerre menée par le Kremlin en Ukraine. Mais aucune décision n'a été prise.

"Un nouveau paquet de sanctions est en préparation, mais ce n'était pas le sujet de la réunion", a déclaré Barbara Pompili.

"Nous travaillons sur un nouveau paquet de sanctions", a confirmé la commissaire Simson.  

"Une réunion du collège (l'ensemble des commissaires, NDLR) va se tenir mardi à Strasbourg", en marge de la session du Parlement, "et la présidente Ursula von der Leyen précisera ce qui a été décidé", a-t-elle indiqué.

La proposition est "finalisée et sera adoptée mardi par la Commission", a indiqué à l'AFP une source européenne.

"Je pense que la Commission proposera demain (mardi) un 6e paquet de sanctions, y compris le retrait du pétrole russe", a déclaré le ministre allemand Robert Habeck.

La proposition sera soumise mercredi aux États membres pour adoption. "Je ne sais pas si cela sera possible d'ici au week-end", a toutefois indiqué le ministre allemand.

Si les 27 s'entendent sur cette mesure, l'arrêt des achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie sera progressif, sur six à huit mois, mais avec des mesures à effet immédiat, notamment une taxe sur le transport par tankers, a confié un responsable européen.

L'UE a déjà imposé un embargo sur le charbon russe et fermé ses ports aux navires russes, à l'exception du transport d'hydrocarbures.

Les principaux importateurs de combustibles fossiles de la Russie (gaz, pétrole brut, produits pétroliers et charbon) sont l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et la France.

Parallèlelement au volet énergétique, "il y aura d'autres banques russes qui sortiront de Swift", a déclaré lundi le chef de la diplimatie, Josep Borrell, en visite à Panama.

Plusieurs sources diplomatiques européennes avaient indiqué ce week-end que la plus importante banque russe, la Sberbank, qui représente 37% du marché, devait ainsi être exclue de Swift.

Ce système interbancaire est un rouage essentiel de la finance mondiale permettant de communiquer rapidement et de manière sécurisée sur les transactions.


Attaque au couteau à Bruxelles: 3 blessés, dont l'un grièvement

Le personnel d'urgence arrive à l'extérieur d'une station de métro près du siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 30 janvier 2023. (AP)
Le personnel d'urgence arrive à l'extérieur d'une station de métro près du siège de l'UE à Bruxelles, le lundi 30 janvier 2023. (AP)
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  • Après avoir fait initialement état d'un seul blessé, la police fédérale a indiqué que trois personnes au total avaient été blessées lors de l'attaque
  • Une femme incitait les passagers qui entraient dans la station à rebrousser chemin, faisant état de la présence à l'intérieur d'une personne armée d'un couteau

BRUXELLES: Trois personnes ont été blessées, dont une grièvement, dans une attaque au couteau lundi en fin d'après-midi à Bruxelles, dans une station de métro, selon un nouveau bilan de la police belge, qui a interpellé l'assaillant.

"Attaque au couteau dans la station Schuman: la collaboration avec les différents services de police (...) a permis l'arrestation rapide de l'auteur", a tweeté le maire de Bruxelles Philippe Close.

Après avoir fait initialement état d'un seul blessé, la police fédérale a indiqué que trois personnes au total avaient été blessées lors de l'attaque, dont l'une se trouvant "dans un état critique".

La police ne s'est pas exprimée sur les motivations de l'assaillant. Le parquet fédéral a indiqué n'avoir pas été saisi "à ce stade".

Selon une source proche du dossier, la personne interpellée "était déjà connue pour des antécédents psychiatriques".

L'attaque est survenue autour de 18H00 dans la station de métro Schuman, située à quelques dizaines de mètres des sièges de la Commission européenne et du Conseil européen.

Selon un journaliste présent sur les lieux, plusieurs policiers en civil accourraient alors vers un quai de la station.

Au même moment, une femme incitait les passagers qui entraient dans la station à rebrousser chemin, faisant état de la présence à l'intérieur d'une personne armée d'un couteau.

Le trafic restait interrompu en début de soirée sur une partie des deux lignes de métro passant par la station Schuman, la police poursuivant son enquête sur place, selon l'opérateur des transports bruxellois (Stib).


L'Allemagne sceptique sur l'intérêt de laisser des soldats au Mali jusqu'en 2024

Des soldats allemands lors d'une patrouille sur la route de Gao à Gossi au Mali, le 2 août 2018. (Dossier, AFP)
Des soldats allemands lors d'une patrouille sur la route de Gao à Gossi au Mali, le 2 août 2018. (Dossier, AFP)
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  • La Minusma, dit être entravée dans sa mission par les restriction imposées par la junte qui a pris le pouvoir en 2020
  • Auparavant, M. Pistorius a l'intention de se rendre au Mali «pour se rendre compte de la situation»

BERLIN: Le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a estimé lundi que le maintien des forces de son pays "au Mali jusqu'en mai 2024 n'avait aucun sens dans les conditions actuelles" car les troupes ne peuvent y remplir leur mission.

Entré en fonction il y a douze jours, M. Pistorius a manifesté son scepticisme sur la capacité des troupes allemandes à assurer leur engagement dans le cadre de la mission de l'Onu (Minusma) au Mali, pays en proie depuis 2012 à une grave crise multidimensionnelle.

La Minusma, créée en 2013 pour aider à stabiliser un Etat menacé d'effondrement sous la poussée djihadiste et protéger les civils, dit être entravée dans sa mission par les restriction imposées par la junte qui a pris le pouvoir en 2020.

"Si nos soldats ne peuvent pas quitter leur camp ou simplement se déplacer dans un périmètre réduit, car les drones sont interdits de survol, alors ils ne remplissent pas leur mission", a affirmé M. Pistorius dans les colonnes du journal allemand Süddeutsche Zeitung.

"Cette mission est alors un gaspillage de temps et d'argent, avant tout pour les soldats, qui, loin de leur familles et de leurs amis, vont au casse pipe", a-t-il ajouté.

"La dernière fois que des drones ont volé, c'était avant Noël", a-t-il précisé.

Une décision sur la durée du mandat devrait tomber en mai. Auparavant, M. Pistorius a l'intention de se rendre au Mali "pour se rendre compte (lui-même) de la situation".

Lors d'un voyage à Bamako à la mi-décembre, la prédécesseure de M. Pistorius, Christine Lambrecht, s'inquiétait déjà de la situation pour les quelque 1 100 soldats allemands déployés dans ce pays.

Elle avait affirmé que le maintien des forces de son pays au Mali jusqu'en mai 2024 était conditionné à leur capacité à remplir leur mission et à la tenue d'élections en février 2024, un engagement pris par les colonels pour laisser la place à des civils.

Le Mali a été le théâtre en 2021 d'un second coup d'Etat en deux ans qui a raffermi la mainmise des militaires, lesquels se sont éloignés des Occidentaux pour se rapprocher notamment de la Russie.


Grèce: un avion de chasse s'abîme en mer, un mort et un disparu

Un avion F-4 Phantom de l'armée de l'air hellénique à l'aéroport militaire d'Andravida, dans le sud de la Grèce, le 18 avril 2021 (Photo, AFP).
Un avion F-4 Phantom de l'armée de l'air hellénique à l'aéroport militaire d'Andravida, dans le sud de la Grèce, le 18 avril 2021 (Photo, AFP).
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  • Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s'est dit «consterné» et a exprimé «ses sincères condoléances» à la famille du lieutenant Marios-Michail Touroutsikas
  • Les F-4 Phantom de fabrication américaine comptent parmi les plus anciens appareils de l'armée de l'air grecque

ATHENES: Un pilote de l'armée de l'air grecque a été tué lundi et un autre est porté disparu après que leur avion de chasse F-4 Phantom s'est abîmé en mer Ionienne (ouest), selon l'état-major de l'armée de l'air grecque.

"Un avion biplace F-4 Phantom s'est écrasé lors d'un vol d'entraînement de l'armée de l'air à 25 milles nautiques au sud de l'aéroport militaire d'Andravida", dans l'ouest de la Grèce, "causant la mort du copilote", a indiqué dans un communiqué l'état major de l'armée de l'air.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis s'est dit "consterné" et a exprimé "ses sincères condoléances" à la famille du lieutenant Marios-Michail Touroutsikas, 29 ans.

Des hélicoptères de sauvetage et des patrouilleurs des garde-côtes ont été envoyés à la recherche des pilotes, et le corps du copilote a été découvert six heures après la chute de l'appareil, selon une source à l'état-major.

Les recherches se poursuivaient lundi après-midi pour retrouver le pilote.

Les F-4 Phantom de fabrication américaine comptent parmi les plus anciens appareils de l'armée de l'air grecque.

La Grèce a acquis ses premiers Phantom en 1974 et les a modernisés pour la dernière fois il y a une vingtaine d'années.