Macron et Modi appellent à une «cessation immédiate des hostilités» en Ukraine

Le président français Emmanuel Macron accueille le Premier ministre indien Narendra Modi pour une réunion à l'Elysée à Paris, le 4 mai 2022. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron accueille le Premier ministre indien Narendra Modi pour une réunion à l'Elysée à Paris, le 4 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Macron et Modi appellent à une «cessation immédiate des hostilités» en Ukraine

Le président français Emmanuel Macron accueille le Premier ministre indien Narendra Modi pour une réunion à l'Elysée à Paris, le 4 mai 2022. (Photo, AFP)
  • «La France et l’Inde ont exprimé leur profonde préoccupation quant à la crise humanitaire et au conflit en cours en Ukraine», ont souligné les deux dirigeants
  • Les deux dirigeants ont aussi réaffirmé leur volonté d'intensifier le «partenariat stratégique franco-indien, en particulier dans l'espace Indopacifique»

PARIS : Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi, en tournée en Europe, ont appelé mercredi à une "cessation immédiate des hostilités" en Ukraine.

"La France et l’Inde ont exprimé leur profonde préoccupation quant à la crise humanitaire et au conflit en cours en Ukraine", ont souligné les deux dirigeants dans une déclaration conjointe à l'issue d'un entretien et d'un dîner de travail à l'Elysée.

"Les deux pays ont condamné sans équivoque le fait que des civils aient été tués en Ukraine, et appelé à une cessation immédiate des hostilités afin que les parties se réunissent pour promouvoir le dialogue et la diplomatie et pour mettre fin immédiatement aux souffrances de la population", ont-ils ajouté.

Seule la France en revanche a condamné "avec force l’agression illégale et injustifiée des forces russes contre l’Ukraine".

L'Inde, à la recherche d'un difficile équilibre entre Occident et Russie, qui lui fournit une grande partie de ses besoins en armes et énergie, s'abstient de condamner ouvertement l'invasion russe de l'Ukraine mais appelle au dialogue pour y mettre un terme.

La guerre en Ukraine a des "conséquences bien au-delà de l'Union européenne", y compris en Asie, avait souligné avant l'entretien la présidence française.

La France veut "aider les Indiens à diversifier leurs approvisionnements", avait-elle jouté.

Les deux pays se sont dits également "déterminés à répondre de manière coordonnée et multilatérale au risque d’aggravation de la crise alimentaire dû au conflit en Ukraine", l'un des principaux producteurs mondiaux de blé.

Narendra Modi effectuait sa troisième visite en France depuis 2017, tandis qu'Emmanuel Macron s'est déplacé en Inde une fois en mars 2018.  

Sa tournée en Europe, qui l'a conduit à Berlin, Copenhague pour un sommet Inde-Pays nordiques puis Paris, visait surtout à renforcer les partenariats bilatéraux, notamment dans le commerce, l'énergie et le développement durable.

M. Modi a invité le président français à se rendre en Inde afin "d’approfondir" la coopération engagée, des technologies de défense à la transition énergétique.

Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté d'intensifier le "partenariat stratégique franco-indien, en particulier dans l'espace Indopacifique".

Ce partenariat est devenu encore plus important depuis que le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Australie ont conclu en 2021 le pacte de sécurité Aukus, qui a privé la France d'un mégacontrat de sous-marins avec Canberra.

Il porte sur la défense - avec de multiples exercices conjoints dans l'océan Indien - et la sécurité, le commerce, l'investissement, la connectivité, la santé et le développement durable.

New Delhi a notamment acquis 36 avions Rafale en 2016 et six sous-marins Scorpène, tandis que les deux pays coopèrent dans le nucléaire civil, EDF proposant de construire six EPR sur le site de Jaitapur.

Outre leur alliance dans l'énergie solaire, les deux pays souhaitent "renforcer leur coopération relative à l’hydrogène décarboné (...) afin de bâtir un partenariat industriel robuste". 

La France entend par ailleurs accueillir 20 000 étudiants indiens d’ici à 2025, "ce qui ouvrira de nouvelles perspectives pour la création d’entreprises, de start-up ainsi que pour l’innovation entre les deux pays".


La France et le Sénégal louent la «solidité» de leur relation

La Première ministre française Elisabeth Borne (3e à droite) et son homologue sénégalais Amadou Ba (2e à gauche) se rencontrent dans le cadre d'un séminaire intergouvernemental franco-sénégalais à Champs-sur-Marne, près de Paris, le 8 décembre 2022 (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne (3e à droite) et son homologue sénégalais Amadou Ba (2e à gauche) se rencontrent dans le cadre d'un séminaire intergouvernemental franco-sénégalais à Champs-sur-Marne, près de Paris, le 8 décembre 2022 (Photo, AFP).
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  • Le Sénégal est le seul pays d'Afrique sub-saharienne avec lequel la France tient ce type de séminaire, organisé depuis 2015 alternativement à Paris et à Dakar
  • La réunion avait débuté par la restitution de travaux d'un séminaire de la jeunesse, qui a réuni mercredi et jeudi une quinzaine de jeunes français et sénégalais

PARIS: Jeunesse, migrations, sécurité: la France et le Sénégal ont loué la "solidité" de leurs relations jeudi près de Paris en signant plusieurs accords surtout relatifs à la jeunesse lors d'un cinquième séminaire intergouvernemental.

Ce séminaire "témoigne à la fois de la solidité des liens qui unissent nos deux pays, et de l’excellence des relations que nous entretenons au quotidien", a salué devant la presse la Première ministre française Elisabeth Borne, qui présidait cette réunion avec son homologue sénégalais Amadou Ba au Château de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), un lieu qui a déjà hébergé des chefs d'Etat africains en visite en France.

M. Ba a mis en avant des relations "solides, multiformes et multiséculaires".

Le Sénégal est le seul pays d'Afrique sub-saharienne avec lequel la France tient ce type de séminaire, organisé depuis 2015 alternativement à Paris et à Dakar. Le dernier s'est tenu en 2019 à Dakar, avant que le cycle ne soit interrompu par la pandémie de Covid-19.

Une vingtaine de ministres, 10 pour chaque pays, dont pour la France Bruno Le Maire (Economie), Catherine Colonna (Affaires étrangères), Pap Ndiaye (Education) et Marc Fesneau (Agriculture), ont échangé pour présenter leurs feuilles de route puis signer six accords.

Ces accords ou déclarations d'intention dédiés à la jeunesse portaient sur la coopération dans le sport, la mise en place de classes préparatoires aux grandes écoles, la promotion de l'engagement citoyen, la création d'une école franco-sénégalaise, l'appui à la souveraineté alimentaire, et la poursuite du développement du campus franco-sénégalais.

La réunion avait débuté par la restitution de travaux d'un séminaire de la jeunesse, qui a réuni mercredi et jeudi une quinzaine de jeunes français et sénégalais.

«Mobilité»

Plusieurs d'entre eux ont pointé leurs difficutés en terme de "mobilité" entre les deux pays.

Mme Borne a salué leur "énergie" et leur capacité à créer des entreprises et des emplois, et s'est dite "déterminée à tirer partie" de leurs propositions, promettant notamment de travailler à un "relais" entre les Jeux olympiques de Paris en 2024 et les JO de la Jeunesse à Dakar en 2026.

Alors que le Sénégal est frontalier d'une zone sahélienne touchée par le terrorisme, M. Ba a "salué l'engagement de la France" qui a récemment mis fin à l'opération antijihadiste Barkhane, dans le contexte d'une opinion parfois hostile à Paris dans des pays voisins du Sénégal.

A cet égard, M. Ba a assuré que, dans son pays, il n'y avait "pas de sentiment anti étranger".

Mme Borne a félicité son homologue de s'être finalement positionné dans le conflit ukrainien, en signant en octobre une résolution condamnant la Russie.

En matière de migrations, elle a dit leur volonté commune "de combattre avec fermeté" les réseaux de passeurs.

Elle a réaffirmé "le soutien" de la France, premier investisseur au Sénégal et premier partenaire commercial, "à l'émergence du Sénégal à horizon 2035", rappelant avoir contribué sur la période 2019-2023 à hauteur de 1,5 milliard d’euros.


Nucléaire: Avant un week-end froid, 37% du parc français encore à l'arrêt

La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France (Photo, AFP).
La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France (Photo, AFP).
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  • Les 38 réacteurs en fonctionnement jeudi fournissent 62,6% de la capacité nucléaire française installée, soit 38,4 gigawatts
  • Mais comme ce fut le cas avec d'autres réacteurs cet automne, la relance de plusieurs unités a été reportée, parfois de quelques jours

PARIS: Dix-huit des 56 réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt pour maintenance ou réparations jeudi soir, selon les données d'EDF analysées par l'AFP, avant un refroidissement des températures dans les prochains jours qui fait craindre des tensions sur le réseau électrique.

Les 38 réacteurs en fonctionnement jeudi fournissent 62,6% de la capacité nucléaire française installée, soit 38,4 gigawatts (GW) sur 61,4 GW; 37,4% de la puissance était donc indisponible. Il y a un mois, EDF prévoyait d'être plus en avance sur le redémarrage de ses réacteurs avec 72,9% de puissance disponible.

Mais comme ce fut le cas avec d'autres réacteurs cet automne, la relance de plusieurs unités a été reportée, parfois de quelques jours.

Le réacteur numéro 3 de la centrale de Dampierre doit redémarrer vendredi matin, au lieu de lundi.

Un autre réacteur, Bugey 3, doit redémarrer samedi matin, ce qui fera descendre à 16 le nombre de réacteurs indisponibles et monter à 40 les réacteurs en fonctionnement lors de la journée cruciale de lundi.

Ce lundi est le premier jour de l'automne/hiver pour lequel le gestionnaire des lignes à haute et très haute tension, RTE, pourrait lancer une alerte "Ecowatt" de couleur orange, le premier niveau qui signifie que l'approvisionnement sera "tendu".

Ce signal sert à appeler les Français, entreprises comme ménages, à multiplier les écogestes pour réduire leur consommation d'électricité, afin d'éviter des délestages ou coupures ciblées. Principalement en réduisant leur chauffage ou en reportant leur consommation (lave-linge, etc.) en dehors des pics de demande du matin (8H00-13H00) et du soir vers 19H00.

Cette décision de lancer un signal Ecowatt orange serait prise trois jours avant, soit vendredi, car elle dépend du froid et de la force du vent attendu qui permet d'anticiper précisément la puissance que fourniront les éoliennes.

"On fait ça en J-3 parce que ce n’est qu’à ce moment que nous avons des chroniques météo dans lesquelles on peut avoir confiance sur les températures mais aussi sur le vent. Parce que les prévisions de vent sont des prévisions qu’on a très tard", a expliqué mercredi Xavier Piechaczyk, le président de RTE. "Les couleurs du signal EcoWatt, c’est en J-3 et c’est pas autrement."

Un signal d'alerte orange avait ainsi déjà été déclenché le 4 avril, au cours d'une journée très froide.


France: Face aux menaces de coupures, les ventes de groupes électrogènes explosent les compteurs

Un travailleur d'ERDF (Electricité réseau distribution France) connecte un groupe électrogène à Barfleur (Photo, AFP).
Un travailleur d'ERDF (Electricité réseau distribution France) connecte un groupe électrogène à Barfleur (Photo, AFP).
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  • Face à l'incertitude de l'approvisionnement électrique cet hiver en France de nombreux Français ont sauté le pas et investi dans un groupe électrogène
  • Même son de cloche du côté de l'enseigne Mr Bricolage. "En moins de trois mois, nous avons fait l'équivalent d'une année de vente"

PARIS: "C'est de la pure prudence": face à l'incertitude de l'approvisionnement électrique cet hiver en France, Aimé Hoeffler, 61 ans, a comme de nombreux Français sauté le pas et investi dans un groupe électrogène pour alimenter les équipements "indispensables".

Pour 2.000 euros, un générateur diesel neuf de 5.000 watts installé dans son garage peut tourner pendant une dizaine d'heures avec un plein, explique ce retraité qui vit à Rohrbach-lès-Bitche (est). "C'est de la pure prévision, de la pure prudence", reconnaît-il.

Face à la crise énergétique, provoquée par la guerre en Ukraine et aggravée par des problèmes de maintenance des réacteurs nucléaires en France, des coupures de courant programmées et ciblées pourraient survenir cet hiver en cas de surcharge du réseau électrique. Même si le gouvernement et les opérateurs essayent de rassurer la population, Aimé Hoeffler n'est pas seul à se préparer au pire.

"Depuis la fin de l'été", les ventes de groupes électrogènes ont largement augmenté chez Castorama, enseigne de bricolage, "avec en particulier une très forte progression depuis les deux dernières semaines", indique à l'AFP une porte-parole du groupe, qui a "commencé très tôt à s'organiser".

Par rapport à 2021, les quantités vendues ont été multipliées par 2,5 ces quatre derniers mois et par quatre ces deux dernières semaines, a détaillé l'entreprise.

Chez M. Hoeffler, le générateur ne pourra faire tourner que "l'indispensable": congélateur, électroménager et "si possible" la pompe à chaleur électrique pour le chauffage.

Un an de ventes en trois mois


Même son de cloche du côté de l'enseigne Mr Bricolage. "En moins de trois mois, nous avons fait l'équivalent d'une année de vente", a affirmé le directeur commercial Hervé Onfray, soulignant que la demande est "plus importante dans les zones rurales et les petites agglomérations", "moins" dans "les grands centres urbains".

Selon lui, les magasins de bricolage voient arriver trois clientèles types. D'abord, des  "foyers ruraux (...) qui ont un besoin de dépannage et vont acheter des groupes électrogènes peu puissants pour faire fonctionner quelques petits appareils électroménagers ou de l'éclairage".

Ensuite, des familles "qui ont peur de perdre leurs provisions alimentaires et veulent des appareils plus puissants, capables de faire fonctionner plusieurs appareils en même temps".

Enfin, "des petits commerçants inquiets pour la continuité de leur activité en cas de coupure, qui s'équipent en générateurs électriques puissants".

Leur produit phare ? Les groupes électrogènes milieu de gamme - entre 450 et 599 euros - qui permettent de "brancher des réfrigérateurs, des congélateurs ou des fours", qui s'arrachent comme des petits pains.

A tel point que "la demande est plus importante que l'offre, malgré notre anticipation", déplore M. Onfray. Voyant le vent tourner "dès juillet", Mr Bricolage avait approvisionné ses magasins "pour l'équivalent d'un an de ventes". Mais "nous rencontrons déjà des difficultés d'approvisionnement avec nos fournisseurs", confie M. Onfray.

Explosion des commandes


A Plérin (ouest), "c'est la folie". Chez le fabricant de groupes électrogènes industriels de haute capacité Gelec, "on a eu une explosion des commandes" dès fin août, avec une hausse de 80% sur un an, rapporte le directeur Eric Lemoine.

Le stock de quelque 400 machines, constitué dès fin 2021 pour pallier la hausse des prix, "fond" et "il ne nous en reste pratiquement plus" avant une nouvelle livraison ces prochains jours, détaille-t-il à l'AFP. Les délais d'attente s'allongent malgré le stock et la hausse de la production anticipée dès la fin de l'été.

La demande progresse notamment du côté des supermarchés, soucieux de préserver la chaine du froid, mais également du côté de "beaucoup de petites PME qui, pour deux heures (de coupure), sont obligées d'arrêter leur activité totale pendant presque une journée car les machines mettront beaucoup de temps à redémarrer", explique M. Lemoine.

Le calcul est parfois vite fait: il cite l'exemple de ce restaurateur, pour qui investir 20.000 euros dans un groupe électrogène équivaut au coût d'une journée d'activité amputée par une coupure de courant.

Face à la hausse de la demande, Gelec a embauché six nouveaux collaborateurs et va lancer des travaux pour agrandir son entrepôt de 500 m2.