Les Houthis ont commis 2 158 violations du cessez-le-feu contre des mosquées au Yémen en quatre mois

Un groupe de défense des droits humains a documenté la violence religieuse houthie dans quatorze gouvernorats yéménites. (AFP)
Un groupe de défense des droits humains a documenté la violence religieuse houthie dans quatorze gouvernorats yéménites. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 mai 2022

Les Houthis ont commis 2 158 violations du cessez-le-feu contre des mosquées au Yémen en quatre mois

  • Rachad al-Alimi avait appelé les Houthis à respecter la trêve négociée par l'ONU
  • Le cessez-le-feu de deux mois, qui a commencé au début du ramadan, a été violé à plusieurs reprises par la milice soutenue par l'Iran

DUBAÏ: La milice houthie a commis 2 158 transgressions contre des chefs religieux, des mosquées et d'autres lieux de culte au Yémen au cours des quatre premiers mois de cette année, selon le groupe de défense des droits humains Yemeni Network for Rights and Freedoms.

Ce dernier a documenté la violence religieuse des Houthis dans quatorze gouvernorats yéménites – parmi lesquels Sanaa, la capitale, Amran, Hajjah, Saada, Al-Jawf, Marib, Dhamar, Ibb, Al-Bayda, Ad Dali, Taïz, Raymah et Al-Mahwit –, et notamment le meurtre d'imams et de prédicateurs, des coups et blessures contre des croyants, l'enlèvement d'imams et de fidèles, ainsi que la torture et l'interdiction des prières du Tarawi pendant le mois de ramadan.

L'organisation de défense des droits humains a également signalé que le groupe soutenu par l'Iran avait imposé aux prédicateurs les idéologies houthies et converti des mosquées en écoles pour la radicalisation sectaire des enfants.

Rachad al-Alimi, qui a été nommé à la tête du Conseil de direction présidentiel le 7 avril dernier après que l'ancien président, Abdrabbo Mansour Hadi, a transféré ses pouvoirs au conseil, avait appelé les Houthis à respecter la trêve négociée par l'ONU.

Le cessez-le-feu de deux mois, qui a commencé au début du ramadan, a été violé à plusieurs reprises par les milices soutenues par l'Iran, en particulier à Marib, où elles ont utilisé la cessation des hostilités pour obtenir des avantages stratégiques dans la région.

La trêve a été sérieusement compromise lorsque le premier vol commercial à partir de l'aéroport de Sanaa a été reporté, les Houthis ayant insisté pour ajouter des dizaines de passagers munis de passeports non officiels.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les écoles libanaises peinent à ouvrir leurs portes en raison de problèmes financiers

La situation économique catastrophique du Liban a contraint des milliers de parents à transférer leurs enfants des écoles et universités privées vers les établissements publics (Photo, Reuters).
La situation économique catastrophique du Liban a contraint des milliers de parents à transférer leurs enfants des écoles et universités privées vers les établissements publics (Photo, Reuters).
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  • Le taux d'abandon scolaire augmente car les parents ne sont pas en mesure de payer les choses essentielles, avertit un représentant de l'Unicef
  • Les frais de transport dépassent les salaires de la plupart des parents, dont beaucoup sont des agriculteurs ou des membres de l'armée et des forces de sécurité intérieure, a ajouté Soleiman

BEYROUTH: Le système d'enseignement public libanais est menacé d'effondrement une semaine avant le début de l'année scolaire, les enseignants ne pouvant pas payer les transports et les élèves abandonnant l'école parce que leurs parents ne peuvent pas payer les articles scolaires essentiels.

Après trois ans d'une crise économique qui ne montre aucun signe de fin, les écoles ont également du mal à répondre aux besoins de base, tels que le chauffage et l'électricité.

Un conseiller d'Abbas Halabi, le ministre de l'Éducation et de l'enseignement supérieur du gouvernement intérimaire, a déclaré à Arab News que des réunions étaient organisées avec les pays donateurs, les organisations internationales, la Banque mondiale et les ambassadeurs dans le but de couvrir les frais de transport des enseignants vers les écoles.

L'assistance pour aider les étudiants à aller à l'école n'a pas encore été discutée, a affirmé le fonctionnaire.

La situation économique catastrophique du Liban a contraint des milliers de parents à transférer leurs enfants des écoles et universités privées vers les établissements publics.

Edouard Beigbeder, le représentant de l'Unicef au Liban, a mis en garde contre une augmentation du nombre d'élèves abandonnant l'école.

Selon les estimations, jusqu'à 16 % des enfants libanais et 49 % des élèves réfugiés syriens n'ont pas été inscrits à l'école primaire, malgré les efforts du ministère de l'Éducation pour encourager le retour aux études.

Les parents accusent les difficultés financières du pays d'être à l'origine du problème, affirmant qu'ils ne peuvent pas payer les frais de transport, les livres ou la papeterie de leurs enfants.

Depuis New York, lors d'un sommet sur l'éducation organisé en marge de l'Assemblée générale des Nations unies il y a dix jours, Halabi a prévenu que «si les étudiants libanais ne reçoivent pas d'éducation, aucun autre ne le fera».

Il avait auparavant plaidé auprès des donateurs afin d’«obtenir une aide qui permette au ministère de lancer l'année scolaire, ce qui semble impossible compte tenu du refus des instances éducatives de se présenter dans les écoles publiques et à l'Université libanaise».

Le Liban demande une aide d'environ 100 millions de dollars américains (1 dollar américain = 1,02 euro) pour l'enseignement préuniversitaire, 37 millions de dollars pour l'Université libanaise et 20 millions de dollars pour l'enseignement professionnel.

Outre la mise en œuvre d'une multitude de réformes économiques et politiques, la communauté internationale a demandé au Liban d'intégrer les élèves syriens et libanais dans les périodes du matin et de l'après-midi afin de réduire les dépenses.

Les écoles et les universités privées ont exigé le paiement des frais de scolarité en partie en livres libanaises et en partie en dollars.

Cependant, le ministère de l'Éducation s'est opposé à cette décision, affirmant qu'elle enfreignait les lois qui stipulent l'utilisation de la monnaie libanaise.

Les établissements d'enseignement ont ignoré l'objection, affirmant que la seule alternative était de fermer leurs portes et ont ainsi créé un «fonds de contribution des parents» distinct du budget.

Les parents qui n'étaient pas en mesure de payer les frais de scolarité avaient la possibilité de transférer leurs enfants des écoles ou universités privées vers des établissements publics.

Houda Soleiman, présidente de l'association Human and Future pour les enfants ayant des besoins spéciaux, a déclaré qu'elle ne pourra pas ouvrir l'école de Taanayel dans la vallée de la Bekaa cette année parce que le ministère des Affaires sociales, qui «nous fournit une aide, n'a pas payé ce qu'il nous doit».

À cause de la limitation des retraits bancaires mensuels, elle ne peut payer que deux salaires d'enseignant.

«Nous avons des spécialistes des capacités physiques et motrices et de l'ergothérapie dont les salaires sont élevés, sans compter les frais de carburant», a-t-elle expliqué.

Soleiman a signalé que les parents ne pouvaient pas contribuer ou même déposer leurs enfants à l'école, car certains parcouraient de longues distances.

Les frais de transport dépassent les salaires de la plupart des parents, dont beaucoup sont des agriculteurs ou des membres de l'armée et des forces de sécurité intérieure, a-t-elle ajouté.

Le ministère de l'Éducation n'a pas encore résolu le conflit qui l'oppose aux organisations éducatives qui réclament une augmentation de salaire et d'autres avantages financiers.

Selon une étude du Centre pour la recherche et le développement de l'éducation, le nombre d'étudiants au Liban a dépassé un million il y a deux ans.

Cela comprend 334 536 élèves, soit 31 % dans les écoles publiques, 565 593 élèves, soit 52 %, dans les écoles privées et 140 312 élèves, soit 13 % dans les écoles privées gratuites.

Il y a 36 375 étudiants, soit plus de 3 % dans les écoles de l'Unrwa pour les réfugiés palestiniens.

Le Liban compte 40 universités et instituts et plus de 40 % des étudiants de l'enseignement supérieur fréquentent l'Université libanaise, un établissement public.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Riyad condamne l'attentat suicide contre un centre d’enseignement afghan

Une vue du centre éducatif qui a été attaqué par un kamikaze, à Kaboul, en Afghanistan, vendredi 30 septembre 2022 (Photo, AP).
Une vue du centre éducatif qui a été attaqué par un kamikaze, à Kaboul, en Afghanistan, vendredi 30 septembre 2022 (Photo, AP).
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  • Les Émirats arabes unis, la Jordanie et le Pakistan ont émis des déclarations similaires condamnant l'attaque meurtrière
  • Le kamikaze a frappé alors que des centaines d'étudiants à l'intérieur passaient des examens d'entrée à l'université

RIYAD: L'Arabie saoudite a fermement condamné et dénoncé vendredi l’«attaque terroriste» contre un centre éducatif dans la capitale afghane, Kaboul, qui a tué et blessé plusieurs personnes.

«Le ministère des Affaires étrangères a exprimé le rejet total du Royaume de toutes les formes de violence, de terrorisme et d'extrémisme», a-t-il déclaré dans un communiqué, affirmant que l'Arabie saoudite est solidaire du peuple afghan.

Le ministère a également présenté ses condoléances et sa sympathie aux familles des personnes décédées et a souhaité un rétablissement rapide aux blessés.

Au moins 19 personnes, pour la plupart des jeunes femmes, ont été tuées et des dizaines d'autres blessées après qu'un kamikaze a attaqué le centre d'enseignement supérieur de Kaaj, dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l'ouest de Kaboul, plus tôt dans la journée de vendredi, où des centaines d'étudiants se préparaient aux examens universitaires.

Les Émirats arabes unis ont aussi fermement condamné l'attentat et ont exprimé leur rejet total de toute forme de violence et de terrorisme visant à déstabiliser la sécurité et la stabilité, qui est incompatible avec les valeurs et les principes humanitaires.

La Jordanie et le Pakistan ont également publié des déclarations similaires dénonçant l'attaque et refusant toute forme de violence et de terrorisme.

(Avec l'AFP)

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran annonce l'arrestation de plusieurs étrangers liés aux manifestations

La mort en détention de Mahsa Amini a déclenché une vague de colère contre les religieux au pouvoir en Iran dans le monde entier (Photo, AFP).
La mort en détention de Mahsa Amini a déclenché une vague de colère contre les religieux au pouvoir en Iran dans le monde entier (Photo, AFP).
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  • Le ministère iranien des Renseignements a annoncé l'arrestation de neuf ressortissants
  • Au moins 29 journalistes auraient été interpellés dans le cadre de la répression

PARIS: Les autorités iraniennes ont annoncé vendredi l'arrestation de plusieurs étrangers en lien selon elles avec le mouvement de contestation déclenché par la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des moeurs, qui entre dans sa troisième semaine.

Les manifestations, dont la répression a fait au moins 83 morts, ont débuté après le décès le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

Le pouvoir, qui dément toute implication des forces de l'ordre dans la mort de cette femme de 22 ans, fustigent les manifestants qualifiés d'"émeutiers", faisant état de centaines d'arrestations.

Dans un communiqué, le ministère iranien des Renseignements a annoncé l'arrestation de "neuf ressortissants d'Allemagne, de Pologne, d'Italie, de France, des Pays-Bas, de Suède, etc". Selon lui, ils ont été interpellés "sur les lieux d'émeutes ou y ont été mêlés".

Depuis le début des manifestations, les autorités iraniennes accusent des forces à l'étranger, parmi lesquelles les Etats-Unis, leur ennemi juré, d'être derrière les rassemblements ou de les attiser.

Dans le même temps, Iran International, une chaîne de télévision en persan basée à Londres, a diffusé vendredi plusieurs vidéos, que l'AFP ne pouvait pas dans l'immédiat authentifier, montrant la répression de rassemblements.

À Ahvaz (sud-ouest), les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène pour disperser de nombreuses personnes sorties dans les rues pour scander des slogans contre le gouvernement, selon une vidéo.

Des violences ont aussi éclaté dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan et théâtre fréquent d'attentats ou d'accrochages entre forces de l'ordre et groupes armés, mais l'origine des heurts de vendredi n'était pas claire dans l'immédiat.

Le gouverneur régional, Hossein Khiabani, a indiqué à la télévision d'Etat que 19 personnes avaient été tuées dans des échanges de tirs, dont un colonel des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.

Le chef de la police du Sistan-Baloutchistan a indiqué à la TV officielle que trois commissariats de la province avaient été attaqués, sans donner de bilan.

D'après des images diffusées par Iran International, des hommes ont essuyé des tirs alors qu'ils jetaient des pierres sur un commissariat à Zahedan, capitale provinciale.

Arrestations

Selon l'agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, tandis que l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, a fait état d'au moins 83 morts.

Amnesty International a dénoncé un recours par les forces de l'ordre à une violence "impitoyable", citant l'utilisation de balles réelles et billes de plomb, des passages à tabac et des violences sexuelles à l'encontre des femmes.

Les autorités ont fait état de l'arrestation de plus de 1 200 manifestants depuis le 16 septembre. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été interpellés, d'après des ONG.

Une femme qui déjeunait sans foulard dans un restaurant de Téhéran, dont la photo est devenue virale sur les réseaux sociaux, a été arrêtée, a déclaré sa soeur vendredi.

Les forces de sécurité ont également arrêté le chanteur Shervin Hajipour, dont la chanson "Baraye" ("Pour"), composée de tweets sur les manifestations, est devenue virale sur Instagram, selon le groupe de défense des droits Article 19 et des médias persans basés hors d'Iran.

«Crimes contre l'humanité»

Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York, au moins 29 journalistes ont été interpellés dans le cadre de la répression.

Celle-ci a été dénoncée par plusieurs capitales occidentales où ont eu lieu des rassemblements de solidarité avec le mouvement de contestation. De nouvelles manifestations sont prévues samedi dans 70 villes à travers le monde.

Des cinéastes, des athlètes, des musiciens et des acteurs iraniens ont exprimé leur solidarité avec les protestataires, y compris l'équipe nationale de football.

Dans une interview au magazine américain Time, une avocate réputée, Nasrin Sotoudeh, a dit s'attendre à une poursuite du mouvement.

"Ce que veut le peuple c'est un changement de régime", a dit cette lauréate du prix Sakharov du Parlement européen. Mme Sotoudeh a été condamnée à 38 ans de prison mais se trouve actuellement chez elle à Téhéran pour des raisons médicales.

"Et ce qu'on peut voir des manifestations et des grèves qui se déroulent actuellement représente une vraie possibilité de changement de régime", a-t-elle estimé.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis celles de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence, qui avaient été sévèrement réprimées.

Un panel d'avocats internationaux enquêtant sur la répression des manifestations en Iran en 2019 a d'ailleurs accusé vendredi le gouvernement et les forces de sécurité de la République islamique de "crimes contre l'humanité".