Yémen: Les Houthis poursuivent les femmes qui se promènent sans accompagnateur

Les Houthis ont interdit aux femmes de faire du shopping sans mahram. (Photo, AFP)
Les Houthis ont interdit aux femmes de faire du shopping sans mahram. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 01 mai 2022

Yémen: Les Houthis poursuivent les femmes qui se promènent sans accompagnateur

  • Des agents de la police des mœurs entièrement féminins parcourent Saada
  • Des femmes non accompagnées sont détenues, puis libérées après avoir signé un engagement

AL-MUKALLA : Selon des résidents et des médias locaux, des agents de la police morale houthie ont arrêté des dizaines de femmes dans les rues de la ville de Saada, dans le nord du pays, cœur du mouvement houthi, pour avoir fait des achats sans tuteur masculin, également appelé mahram.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont interdit aux femmes de faire du shopping sans mahram, leur demandant de s'en tenir aux codes vestimentaires islamiques et ne les autorisant à faire du shopping que dans certains endroits de la ville.

Des habitants ont déclaré à Arab News que, pour faire respecter l'interdiction, des dizaines d’agents de la police morale, exclusivement féminins, ont été vus en train de parcourir Saada pendant le Ramadan, lorsque les rues grouillent de clients, à la recherche de contrevenantes.

Al-Masdar Online, un site d'information yéménite, a rapporté que les Houthis avaient diffusé l'interdiction par des haut-parleurs fixés sur des voitures qui circulaient dans les rues, demandant aux femmes de ne pas sortir avec le mahram et indiquant les marchés où seules les femmes pouvaient faire leurs achats pour le Ramadan et l'Aïd.

La police houthie a brièvement détenu des dizaines de femmes non accompagnées de leurs mahrams, puis les a libérées après qu'elles aient signé un engagement écrit.

L'interdiction faite aux femmes de se promener sans mahram intervient alors que la milice houthie intensifie ses campagnes de moralisation dans les zones qu'elle contrôle.

Les Houthis ont arrêté des dizaines de femmes pour avoir enfreint le code vestimentaire islamique, interdit de chanter lors des mariages et arrêté les chanteurs et artistes qui contestaient cette interdiction.

Depuis le début de l'année dernière, les Houthis détiennent Entesar Al-Hammadi, une actrice et mannequin yéménite, après l'avoir arrêtée dans une rue de Sanaa, pour prétendument «trafic de drogue et… prostitution».

Le dernier rapport du groupe d'experts des Nations unies accuse les Houthis d'agresser sexuellement les femmes, de les soumettre à différentes formes de torture physique et psychologique et de les priver de contraception.

«Les Houthis veulent simplement que les femmes soient soumises aux hommes et servent de machines à fabriquer des bébés pour produire des combattants», a déclaré à Arab News Nadwa Al-Dawsari, analyste du conflit yéménite.

Ali Al-Fakih, rédacteur en chef d'Al-Masdar Online, a indiqué que les Houthis ont fait de Saada un site pour tester leurs règles strictes, car ils considèrent que la ville leur est totalement loyale. Pour eux, Saada est un lieu pur pour leur doctrine et leurs adeptes. Ainsi, ils peuvent appliquer facilement n'importe quelle décision», a expliqué Al-Fakih.

Contrairement aux autres régions yéménites sous leur contrôle, les Houthis ont fait de Saada le lieu le plus secret du Yémen, où même les visiteurs de la ville doivent informer la milice aux points de contrôle des raisons de leur visite et de la durée de leur séjour.

«Les gens ne peuvent pas respirer à Saada. Je crois que nous verrons plus tard l'interdiction faite par les Houthis aux femmes de se déplacer sans mahram imposée dans d'autres régions», a soutenu Al-Fakih.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.