Washington s'attend à un essai nucléaire nord-coréen imminent

Une carte du site d'essais nucléaires de Punggye-ri en Corée du Nord le 25 mai 2018 (Photo, AFP). .
Une carte du site d'essais nucléaires de Punggye-ri en Corée du Nord le 25 mai 2018 (Photo, AFP). .
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Publié le Vendredi 06 mai 2022

Washington s'attend à un essai nucléaire nord-coréen imminent

  • Selon Washington, Pyongyang prépare le site d'essais de Punggye-ri et pourrait être prêt à y mener un test dès ce mois-ci
  • Joe Biden, successeur du milliardaire républicain, s'est dit prêt à renouer ce dialogue pour discuter d'une dénucléarisation du pays reclus

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont prévenu vendredi que la Corée du Nord pourrait mener de manière imminente son premier essai nucléaire depuis 2017, tout en lançant un nouvel appel au dialogue malgré l'impasse diplomatique actuelle.

Selon les conclusions de Washington, Pyongyang "prépare le site d'essais de Punggye-ri et pourrait être prêt à y mener un test dès ce mois-ci, ce qui serait son septième essai" nucléaire, a déclaré à des journalistes une porte-parole de la diplomatie américaine, Jalina Porter.

"Cette analyse est cohérente avec les déclarations publiques récentes faites pas la Corée du Nord elle-même", a-t-elle ajouté, assurant que le gouvernement américain l'avait partagée avec ses alliés et allait "poursuivre" son "étroite coordination avec eux".

Le régime de Kim Jong Un avait cessé depuis 2017 les tirs de missiles balistiques intercontinentaux et les essais nucléaires. Il a déjà en partie rompu ce moratoire en tirant fin mars un missile intercontinental, et de nombreux observateurs s'attendent à ce qu'il teste aussi prochainement une arme atomique, comme il l'a déjà fait à six reprises entre 2006 et 2017.

Son dernier essai nucléaire était aussi le plus puissant, une bombe à hydrogène d'une puissance estimée à 250 kilotonnes.

L'imagerie satellite a montré des signes d'une nouvelle activité dans un tunnel du site de Punggye-ri. Ce dernier, selon les Nord-Coréens, avait été démoli en 2018 avant un sommet historique entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque, Donald Trump, qui avait marqué le début d'une phase de dialogue qui a depuis fait long feu.

Mélangeur de cryptomonnaie sanctionné 

Joe Biden, successeur du milliardaire républicain, s'est dit prêt à renouer ce dialogue pour discuter d'une dénucléarisation du pays reclus, mais sa main tendue est pour l'instant restée dans le vide.

Au contraire, la Corée du Nord multiplie depuis le début de l'année les essais d'armements interdits par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Les Etats-Unis restent déterminés à vouloir un échange diplomatique" et appellent la Corée du Nord "au dialogue", a réaffirmé vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Jusqu'ici, l'administration Biden a plutôt fait le dos rond face à ce qu'elle considère pourtant être des "provocations".

Sa riposte est restée relativement modeste, sous la forme de sanctions avant tout symboliques, même si son émissaire pour le dossier nord-coréen, Sung Kim, a assuré mi-avril avoir évoqué avec Séoul "la manière de répliquer" à "un éventuel essai nucléaire".

Vendredi, le Trésor américain a innové en sanctionnant "pour la première fois" un "mélangeur de cryptomonnaie", un service sophistiqué soupçonné d'avoir favorisé des activités financières nord-coréennes "illégales".

Ce "mixeur", Blender.io, est accusé d'avoir aidé à blanchir une partie du butin du "plus grand braquage de cryptomonnaies" au monde -- le vol fin mars de 620 millions de dollars imputé par Washington à un groupe de hackeurs liés à Pyongyang.

"Afin de contourner les sanctions sévères de l'ONU et des Etats-Unis, la Corée du Nord s'est tournée vers le vol de fonds issus d'échanges en cryptomonnaie", "pour générer des revenus pour ses programmes illégaux d'armes de destruction massive et des missiles balistiques", a affirmé Antony Blinken dans un communiqué.

Les autorités américaines ont accusé mi-avril le groupe Lazarus et APT38, des hackeurs "associés" au régime reclus, d'être responsables du vol de 620 millions de dollars en ethereum qui a suivi le piratage du jeu vidéo Axie Infinity fin mars.

Axie Infinity est un jeu basé sur la blockchain, un registre numérique décentralisé qui ne peut être modifié. Il permet de gagner de l'argent sous forme de NFT, des jetons numériques.

D'après le Trésor américain, Blender a été utilisé dans le blanchiment de plus de 20,5 millions de dollars sur les 620 millions volés.

Blender, qui est aussi le nom anglais pour un mixeur en cuisine, est un service qui facilite le blanchiment des fonds extorqués par des pirates informatiques "en brouillant les cartes sur leur origine, destination et contreparties", d'après le Trésor.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.