Le «George Floyd arabe»: l'affaire Oussekine à la conquête des mémoires

 Plus de 35 ans après les faits, inscrire un nom et une histoire dans la mémoire de tous: l'affaire Malik Oussekine, du nom de cet étudiant battu à mort en France par des policiers se raconte, pour la première fois, dans une série et un film. (AFP)
Plus de 35 ans après les faits, inscrire un nom et une histoire dans la mémoire de tous: l'affaire Malik Oussekine, du nom de cet étudiant battu à mort en France par des policiers se raconte, pour la première fois, dans une série et un film. (AFP)
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Publié le Lundi 09 mai 2022

Le «George Floyd arabe»: l'affaire Oussekine à la conquête des mémoires

  • Si le nom de Malik Oussekine résonne encore dans la société française, il est surtout devenu l'apanage d'un combat, celui contre les violences policières
  • L'histoire de Malik Oussekine est intimement liée à l'histoire de l'immigration post-coloniale, et plus particulièrement à celle de la guerre d'Algérie (1954-1962)

PARIS: Plus de 35 ans après les faits, inscrire un nom et une histoire dans la mémoire de tous: l'affaire Malik Oussekine, du nom de cet étudiant battu à mort en France par des policiers se raconte, pour la première fois, dans une série et un film.   


"Oussekine" et "Nos Frangins", deux titres, deux projets distincts mais le même objectif: retracer le destin brisé de ce Français d'origine algérienne de 22 ans, décédé le 6 décembre 1986 sous les coups de deux policiers en marge d'une manifestation estudiantine à Paris.


Le premier est une série Disney réalisée par Antoine Chevrollier ("Baron noir", "Le Bureau des légendes") et qui sera diffusée en France et dans le monde entier le 11 mai; L'autre, un film de Rachid Bouchareb ("Indigènes"), qui sera présenté en avant-première au Festival de Cannes à la fin du mois de mai.


Si le nom de Malik Oussekine résonne encore dans la société française, il est surtout devenu l'apanage d'un combat, celui contre les violences policières, mais a été "relativement oublié", affirme l'historien Yvan Gastaut.

Série «Oussekine»: une blessure française, jamais refermée

"Le temps est venu de raconter nos histoires et dépoussiérer le roman national": après "Le Bureau des Légendes" et "Baron noir", le réalisateur Antoine Chevrollier poursuit son exploration des blessures françaises avec "Oussekine", sa mini-série événement.


Composée de quatre épisodes d'une heure chacun, la série va être diffusée en France et dans le monde à partir du 11 mai sur Disney+. Quatre épisodes à la scénographie soignée pour documenter le destin de cet étudiant Français d'origine algérienne de 22 ans, battu à mort par des policiers il y a plus de 35 ans.


Pour cette première adaptation audiovisuelle -- avant celle de Rachid Bouchareb (Indigènes) qui sera présentée à Cannes à la fin du mois -- Antoine Chevrollier, né en 1982, assume un parti pris: celui de sortir le nom de ce jeune, aujourd'hui indissociable du combat contre les violences policières, de la case des faits divers. 


"Malik Oussekine n'est pas un fait divers. C'est un fait de société majeur qui doit être considéré comme tel", dit-il dans un entretien à l'AFP. Une histoire qu'il rencontre à l'adolescence avec une chanson de rap du groupe Assassin: "L’État assassine, un exemple Malik Oussekine".

Autodidacte 
Mais ce n'est que quelques années plus tard que le nom d'Oussekine va résonner plus fort en lui, pour ne plus jamais "(l)e" quitter". 


"A cette époque, je venais d'arriver à Paris et trainais beaucoup avec des jeunes de quartier qui me parlaient sans cesse d'Oussekine. En tant que provincial prolo, j'ai eu le sentiment qu'on se retrouvait dans l'endroit de l'+invisibilisation+, de l'exclusion et de la non représentation. C'est là que je me suis dit +OK faisons un film+", se remémore-t-il.


Entre temps, cet autodidacte originaire d'un petit village d'Anjou acquiert une certaine notoriété en réalisant plusieurs épisodes des séries à succès "Le Bureau des Légendes" et "Baron noir". Deux séries qui questionnent, à leur façon, la démocratie française. 


C'est là qu'il comprend que le format sériel est plus adapté à son projet sur Malik Oussekine. "En grattant, je me suis rendu compte qu'on pouvait raconter pleins de choses comme la guerre d'Algérie (1954-1962), la situation politique de la France qui vivait une cohabitation, le contexte social... et que seule une série me permettrait de déployer toutes ces histoires", soutient-il.


La façon d'y parvenir? Découper le récit en trois strates distinctes, puis les faire cohabiter.

«Apaiser les tensions»
D'abord le temps présent, qui suit le combat de la famille de Malik jusqu'au procès des deux policiers, puis une autre se concentrant sur les dernières heures du jeune homme. Enfin, la dernière strate inscrit l'histoire individuelle de la famille Oussekine dans celle de la France, comme cette reconstitution poignante du massacre d'Octobre 1961 où des manifestants algériens sont jetés dans la Seine par des policiers.


Pour cela, Antoine Chevrollier s'est entouré de quatre scénaristes: l'autrice Faïza Guène, connue pour ses livres qui explorent l’identité des Français issus de l’immigration maghrébine, le réalisateur franco-burkinabé Cédric Ido, le scénariste Julien Lilti et la jeune réalisatrice Lina Soualem.


Mais surtout, il a pu bénéficier du soutien et des conseils des deux frères et d'une des sœurs de Malik Oussekine. "Pour moi, il était inconcevable de ne pas les associer au projet", rapporte-t-il.


Une série politique? "Ce qui m'intéresse ce sont les injustices. Que ce soit à l'endroit des enfants d'immigrés ou des prolétaires de province... D'ailleurs, je pense que c'est la même. Quoi qu'il en soit, ça y'est, le temps est venu pour nous de raconter nos histoires et dépoussiérer le roman national", explique-t-il.


Et de conclure: "J'espère que la série permettra d'apaiser les tensions qui agitent le pays. Il est temps qu’on commence en France à soigner ces métastases de l’histoire".

«En dehors de l'Histoire»
"La question n'est pas est-ce que Malik Oussekine a été oublié mais plutôt par qui", nuance l'historien spécialiste de l'histoire de l'immigration, Pascal Blanchard. 


"La jeunesse maghrébine et plus globalement celle de l'époque, qui est une jeunesse déjà sensibilisée aux discriminations raciales, est sensible à ce crime qu'elle perçoit comme un crime raciste. Mais le reste des Français ne voient pas cette histoire-là", poursuit-il auprès de l'AFP.


En d'autres termes: si le nom Oussekine devient un emblème, il le devient auprès des marges, ceux qui "ont le sentiment d'être en dehors de l'histoire". Pourtant, l'affaire est "un fait de société majeur", estime Antoine Chevrollier, qui voit dans le jeune homme une figure "universelle".


Universelle car "on parle d'une victime racisée, qui au nom de sa couleur de peau va être brutalisée. Quel public n'y serait pas sensible?", interroge M. Blanchard. Et d'ajouter: "C'est le George Floyd arabe en France!" (du nom de cet Afro-américain tué par la police, ndlr).

En 1986, Malik Oussekine frappé à mort par des policiers

Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 à Paris, en plein mouvement de contestation étudiante, Malik Oussekine, 22 ans, était frappé à mort par des policiers dans le hall d'un immeuble du Quartier Latin.


Etudiant sans histoire à l'Ecole supérieure des professions immobilières (ESPI), ce jeune Français d'origine algérienne souffrait d'insuffisance rénale et devait être dialysé plusieurs fois par semaine.


Il s'était tenu à l'écart du mouvement qui dénonçait un projet de loi instaurant, selon ses détracteurs, la sélection à l'entrée de l'université. Ce jour-là cependant, selon ses amis, Malik voulait aller voir.


Seul témoin du drame survenu vers 1h00 du matin, au moment où se dispersaient les derniers manifestants, Paul Bayzelon, fonctionnaire au ministère des Finances, habitant d'un immeuble de la rue Monsieur-Le-Prince dans le VIe arrondissement, a raconté: "Je rentrais chez moi. Au moment de refermer la porte après avoir composé le code, je vois le visage affolé d'un jeune homme. Je le fais passer et je veux refermer la porte".


"Deux policiers s'engouffrent dans le hall, a-t-il poursuivi, se précipitent sur le type réfugié au fond et le frappent avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coups de matraque et de pieds dans le ventre et dans le dos. La victime se contentait de crier: +je n'ai rien fait, je n'ai rien fait+".


Paul Bayzelon a dit avoir voulu s'interposer mais s'être fait lui aussi matraquer jusqu'au moment où il a sorti sa carte de fonctionnaire. Les policiers, des motocyclistes présents dans le quartier pour disperser la manifestation, sont alors partis. Malik Oussekine est décédé peu après à l'hôpital.


Le lendemain, Alain Devaquet, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et auteur du projet de loi polémique, présentait sa démission, cependant que les étudiants défilaient en silence, portant des pancartes "Ils ont tué Malik".


Le lundi 8 décembre, après de nouvelles manifestations, le Premier ministre Jacques Chirac annonçait le retrait du texte.


Trois mois plus tard, le ministre délégué à la Sécurité, Robert Pandraud, déclenchait une nouvelle polémique en déclarant à des journalistes du Monde que Malik Oussekine "n'était pas le héros des étudiants français qu'on a dit" et en ajoutant: "si j'avais un fils sous dialyse, je l'empêcherais de faire le con dans la nuit".


Les deux membres du "Peloton voltigeur motocycliste", le brigadier Jean Schmitt et le gardien Christophe Garcia, 53 et 23 ans à l'époque des faits, ont été jugés trois ans plus tard aux assises de Paris pour "coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Ils ont été condamnés le 27 janvier 1990 à des peines de prison avec sursis (cinq et deux ans respectivement).


Environ 2.000 personnes ont manifesté le surlendemain devant le Palais de Justice contre "ce verdict de clémence".

Raconter pour transmettre 
Mais l'histoire de Malik Oussekine ne s'arrête pas là. Elle est intimement liée à l'histoire de l'immigration post-coloniale, et plus particulièrement à celle de la guerre d'Algérie (1954-1962). 


D'un pays marqué par le massacre d’Algériens par la police parisienne au cours de la manifestation du 17 octobre 1961. Ou du drame du métro Charonne à Paris le 8 février 1962 où meurent, étouffées, neuf personnes venues manifester pour la paix en Algérie. 


La mort de Malik Oussekine intervient aussi trois ans après la "marche des beurs", marche historique pour dénoncer les agressions dont étaient régulièrement victimes les Français d'origine magrébine.


L'affaire marquera "la fin de l'impunité policière", souligne Yvan Gastaut, rappelant que les deux policiers ont été jugés et condamnés. 


"Une première" se souvient auprès de l'AFP Georges Kiejman, l'avocat de la famille Oussekine, rappelant que jusqu'ici les policiers mis en cause dans ce genre de faits n'étaient jamais poursuivis.


Reste une question: pourquoi cette histoire n'avait elle jamais été racontée, empêchant, ainsi, sa transmission? Pour M. Blanchard, il aura fallu attendre que la troisième génération issue de l'immigration prenne la parole pour revendiquer cette mémoire. A l'image des autrices Leïla Slimani ou encore Faïza Guène, d'ailleurs co-scénariste de la série aux côtés de Cédric Ido, Julien Lilti et Lina Soualem.


"Je ne pense pas qu'on soit les premiers à revendiquer cette histoire. Nos parents l'ont fait avant nous mais pour notre génération, c'est important de dire que ces histoires individuelles font partie du récit national français. Elle ne sont pas à côté. Ce sont des histoires françaises", analyse Faiza Guène. 


"L'important, conclut Antoine Chevrollier, c'est de faire résonner ce nom et cette histoire pour ne jamais plus oublier".


Baptême du feu pour Borne devant le Parlement

La Première ministre française Elisabeth Borne et le ministre français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Bechu (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne et le ministre français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Bechu (Photo, AFP).
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  • Contrairement à ses prédécesseurs, la Première ministre n'engagera pas sa responsabilité par un vote de confiance
  • A défaut d'avoir pu constituer une coalition, la confiance se construira «patiemment texte après texte»

PARIS: Elisabeth Borne vit mercredi son baptême du feu devant le Parlement, où elle va prononcer sa déclaration de politique générale, en quête de compromis mais sans demander une confiance que lui refusent déjà les oppositions.

Contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, la Première ministre n'engagera pas sa responsabilité par un vote de confiance, au risque d'envenimer les débats qui suivront son discours à 15h devant les députés, puis 21h devant les sénateurs.

Le vote de confiance, conformément à l'article 50-1 de la Constitution, n'est pas obligatoire. A droite comme à gauche sept Premiers ministres sur 27 depuis 1959 ne l'ont pas sollicité.

Elisabeth Borne n'a surtout "pas le choix" selon le politologue Bruno Cautrès, car elle prendrait deux risques avec un vote: celui "de tomber", étant donné que le gouvernement ne dispose que d'une majorité relative à l'Assemblée, ou celui d'obtenir la confiance grâce à l'abstention du RN.

Or "ce serait très mal perçu par l’opinion d’avoir un vote de confiance, même ric rac, avec l'abstention des RN", note une source gouvernementale.

En outre, plusieurs députés ont été nommés ministres lundi, et leurs suppléants ne siègeront à l'Assemblée que dans un mois, privant d'autant de voix le camp présidentiel.

Lors de ce périlleux exercice, Elisabeth Borne exposera à la fois son style et son programme, au premier rang duquel figure le très attendu projet de loi sur le pouvoir d'achat.

«Bâtir ensemble»

A travers les députés et les sénateurs, c'est aux Français que la Première ministre compte s'adresser. Comme une indication de sa volonté de prendre l'opinion à témoin, elle sera interviewée au 20H de TF1.

Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, les problématiques énergétiques, de prix, les défis climatiques, et une situation nationale compliquée par l'absence de majorité absolue, l'objectif est de "présenter une base de travail avec le Parlement", "une méthode" pour "bâtir ensemble" des compromis, souligne son entourage.

La Première ministre va ainsi "tenir compte" des consultations menées avec les groupes politiques, "Il ne s’agit pas de convaincre son propre camp mais de trouver des compromis sans compromissions".

Dramatisant les enjeux, Emmanuel Macron a demandé, lors d'une réunion mardi matin avec elle et les ministres concernés par le pouvoir d'achat, l'énergie et les finances publiques, de "tout mettre en œuvre pour protéger les Français en matière de prix" en évoquant une "quasi économie de guerre", a rapporté l'Elysée.

Pourtant, l'heure ne semble pas encore à la conciliation avec les oppositions, qui se cabrent déjà ou avancent chacune leur agenda.

Avant même d'entendre la Première ministre, l'alliance des gauches Nupes a annoncé qu'elle déposerait une motion de censure. "Cela mettra chacune et chacun face à ses responsabilités", fait valoir la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot.

Mais ses chances d'être adoptées sont minces.

Le RN ne s'y associera pas. "On va prendre acte de ce qu'(Elisabeth Borne) va raconter. On va voir jusqu'où, nous, on peut faire monter nos propositions", selon son porte-parole Sébastien Chenu, qui demande une commission d'enquête sur l'inflation et la réintégration des soignants non vaccinés.

Parcours 

"On veut profiter de la situation pour obtenir des avancées", abonde le patron des députés LR, Olivier Marleix, qui réclame des mesures "pour maîtriser la dépense publique" craignant un mouvement spéculatif contre la dette souveraine de la France.

Un député de la majorité attend lui de voir où Elisabeth Borne "va mettre le curseur", tout en saluant une femme "qui a beaucoup de solidité et plus de sens politique qu’on ne le dit".

A défaut d'avoir pu constituer une coalition, la confiance se construira "patiemment texte après texte", selon le gouvernement, qui va mettre en avant celui du pouvoir d'achat, présenté jeudi en Conseil des ministres.

Côté style, Elisabeth Borne a "consacré beaucoup de temps" à ce discours, où elle a mis "beaucoup de son parcours personnel", et de ses engagements en faveur du plein emploi, de la transition écologique ou de l'égalité, souligne son entourage.

Pupille de la nation devenue polytechnicienne, Mme Borne a déjà raconté avoir emprunté l'ascenseur social, revendiquant en privé de ne pas venir "du tout du petit milieu parisien des fils de conseillers d’Etat" qui "ne sortent pas du périph".


La réintégration des soignants non vaccinés toujours «pas d'actualité», dit Braun

Le ministre français de la Santé François Braun visite le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil le jour de sa nomination à Créteil, le 4 juillet 2022 (Photo, AFP).
Le ministre français de la Santé François Braun visite le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil le jour de sa nomination à Créteil, le 4 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Le texte gouvernemental acte la fin de la plupart des mesures d'urgence sanitaire contre l'épidémie de Covid après le 31 juillet
  • La réintégration de ces soignants a fait l'objet d'une série de questions de la part de plusieurs groupes d'opposition

PARIS: La réintégration des soignants non vaccinés contre la Covid "n'est pas d'actualité", a affirmé mardi le nouveau ministre de la Santé François Braun lors d'une audition à l'Assemblée nationale, soulignant la "proportion très faible" d'agents hospitaliers suspendus pour cette raison.

"La dernière enquête conduite auprès des ARS (agences régionales de santé), des établissements sanitaires et médico-sociaux fait apparaître une proportion très faible d'agents suspendus, de 0,53%", a-t-il indiqué à l'occasion d'une discussion sur le projet de loi "de veille et de sécurité sanitaire".

Cela représente "un peu moins de 12 000 (personnes) toutes professions confondues, avec les personnels techniques et administratifs", a-t-il précisé par la suite.

Le texte gouvernemental acte la fin de la plupart des mesures d'urgence sanitaire contre l'épidémie de Covid après le 31 juillet. Le député Ugo Bernalicis (LFI) a demandé au ministre s'il était "prévu de réintégrer les soignants" après cette échéance et Philippe Gosselin (LR) a estimé "qu'il serait temps de faire une espèce d'amnistie".

La réintégration de ces soignants a fait l'objet d'une série de questions de la part de plusieurs groupes d'opposition.

"Ce n'est pas d'actualité et ce n'est pas l'objet de ce texte", a répondu M. Braun, affirmant n'avoir "pas l'habitude de botter en touche", même s'il  a fait "dix ans de rugby".

"Il y a un rapport bénéfice risque", a-t-il souligné: "le bénéfice à faire revenir 0,53 % de soignants par rapport au risque qu'ils contaminent plus de personnes, en n'étant pas vaccinés. Nous ne sommes pas sortis de cette pandémie de Covid. Bien entendu, dès que les scientifiques nous diront +il n'y a plus de risque+ ce sera remis sur la table"

"Je préfère souligner la responsabilité et l'engagement de l'immense majorité des professionnels qui se sont fait vacciner", a ajouté cet urgentiste de profession, car "ne pas se vacciner c'est plus de malades (donc) une surcharge supplémentaire de notre système de santé".

Néanmoins, "la suspension de cette obligation reste possible par décret, après avis des autorités scientifiques bien sûr, et si la situation épidémique le permet", a-t-il rappelé.

Le nouveau projet de loi comprend des mesures limitées comme un possible pass sanitaire aux frontières ou la poursuite de collecte d'informations sur les résultats des tests de dépistage et des vaccins.

Les oppositions veulent s'en saisir pour contester plus largement la politique sanitaire du gouvernement.

Le député LR de la Manche Philippe Gosselin a ainsi dénoncé "l'absence de centres de vaccination" dans "nos communes".

Les insoumis ont de nouveau réclamé des purificateurs d'air, notamment dans les écoles, ou critiqué les "fermetures de lits" à l'hôpital, également dénoncées par l'écologiste Sandra Regol.

Au RN, Julie Lechanteux a réclamé des "preuves" de l'efficacité du pass sanitaire "durant l'année passée" et a lancé que le "vaccin ne fonctionne pas" face aux nouveaux variants.

Francois Braun a répondu que le pass sanitaire a permis "d'éviter 4 000 décès et 32 000 hospitalisations" au second semestre 2021, selon un rapport du Conseil d'analyse économique. "Je n'ose imaginer si on n'avait pas mis en place ce pass", a-t-il martelé, alors que la plupart des mesures d'urgence sanitaire s'arrêtent fin juillet.


Bac 2022: réussite en baisse avant le rattrapage, par rapport à l'année passée

Des élèves se préparent avant une épreuve dans le cadre des épreuves du baccalauréat au Lycée technique Diderot à Paris, le 11 mai 2022. (Photo, AFP)
Des élèves se préparent avant une épreuve dans le cadre des épreuves du baccalauréat au Lycée technique Diderot à Paris, le 11 mai 2022. (Photo, AFP)
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  • 86% des 709 000 candidats ont été reçus d'emblée, une baisse de 4,7 points par rapport à 2021
  • «J'ai le bac! Je suis trop contente!», s'est exclamé mardi matin Naba, 17 ans, dans la cour du lycée Voltaire à Paris

PARIS: Les résultats du bac nouvelle formule sont arrivés et sont moins bons que l'an dernier: 86% des 709 000 candidats ont été reçus d'emblée, une baisse de 4,7 points par rapport à 2021, après deux sessions perturbées par la Covid. 

En début de journée déjà, le ministre de l'Education Pap Ndiaye avait évoqué « une baisse des résultats par rapport aux années précédentes », indiquant que cela n'était « pas tout à fait surprenant » car « cette année est la première année réelle de la réforme du bac qui ne soit pas entravée par la crise sanitaire ». 

Depuis la réforme de 2019, la note du baccalauréat repose à 40% sur du contrôle continu et à 60% sur des épreuves terminales. « Le contrôle continu existe dans la plupart des pays du monde » et « fait l'objet de travaux » qui montrent « que c'est équitable », a assuré le ministre. 

Cette année, les taux de réussite avant rattrapage sont de 91,5% pour le bac général (-3,8 points par rapport à 2021), de 80,6% (-8,6 points) pour le bac technologique et de 78,7% (-3,5%) pour le bac professionnel, selon les chiffres du ministère. 

Les sessions de rattrapage ont lieu de mercredi à vendredi pour les élèves ayant obtenu une note comprise entre 8 et moins de 10. 

Les années précédentes, le taux de réussite au baccalauréat avant le rattrapage était de 90,5% en 2021, 91,5% en 2020, 77,7% en 2019, 78,8% en 2018 et 78,6% en 2017. 

Cette année, les épreuves du nouveau bac général se sont déroulées en intégralité, pour la première fois après deux années perturbées par le Covid. Les deux épreuves de spécialité passées par chaque candidat ont cependant dû être décalées de mars à mai et des aménagements décidés en raison de la crise sanitaire. 

« J'ai le bac! Je suis trop contente! », s'est exclamé mardi matin Naba, 17 ans, dans la cour du lycée Voltaire à Paris. 

« J'ai les jambes qui tremblent. J'étais stressée car la philo notamment ne s'est pas bien passée. Là, c'est un énorme soulagement », a confié Naba, devant les listes affichées à 10H00 dans la cour de ce lycée de l'est parisien. 

« Quitter son cocon » 

D'autres ont eu moins de chance. Nouchka, 18 ans, est au rattrapage. « Je m'y attendais, car mes résultats sur l'année n'étaient pas très bons », a-t-elle expliqué. « Là, dès cet après-midi, je vais aller au charbon pour décrocher le bac. Ce serait trop dommage de pas l'avoir », a ajouté cette lycéenne, inscrite l'an prochain dans une école de comédie musicale. 

Au lycée Clemenceau de Nantes, où les résultats ont été affichés de bon matin, une petite grappe d'élèves s'était formée devant les listes des lauréats, avec une émotion palpable chez certains. 

Maÿlis, 18 ans, a sauté de joie avant de prendre son amie dans les bras. « Je suis contente d'avoir mon bac car j'avais raté deux épreuves », raconte la jeune fille. « Je vais pouvoir aller dans mon école de cinéma pour devenir réalisatrice! ». 

Dans le centre de Marseille, au lycée Thiers, une dizaine de lycéens ont patienté à 8h30, après avoir déjà consulté leurs résultats sur internet. « On est soulagés, mais on veut rester pour fêter ça ensemble », dit Lola, 18 ans. 

Pour les lycéens de Terminale des filières générale, technologique et professionnelle, les résultats ont été publiés mardi en ligne ou dans la cour des établissements dans la matinée. 

Même si le baccalauréat a perdu de sa charge symbolique avec la réforme, la proclamation des résultats reste un moment important pour les lycéens. 

« On y reste attaché car il a 200 ans d'histoire », a expliqué Pascale Rey du Boissieu, professeure de mathématiques au lycée Clemenceau de Nantes. « Pour les élèves, cela reste une clé pour partir et quitter son cocon ». 

Sur les 709.399 candidats cette année, plus de la moitié (53,7%) ont présenté le bac général. Ils sont 26,2% à avoir passé le bac professionnel et 20% le bac technologique. 

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Par Fatma Zaghouani -
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