Nucléaire iranien: le négociateur de l'UE attendu à Téhéran cette semaine

L'accord de 2015 a accordé un allégement des sanctions à l'Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire pour garantir qu'il ne pourrait pas développer une arme nucléaire. (Dossier/AFP)
L'accord de 2015 a accordé un allégement des sanctions à l'Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire pour garantir qu'il ne pourrait pas développer une arme nucléaire. (Dossier/AFP)
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Publié le Mardi 10 mai 2022

Nucléaire iranien: le négociateur de l'UE attendu à Téhéran cette semaine

  • Adversaires depuis des décennies, l'Iran et les États-Unis n'ont engagé des négociations qu'indirectement
  • Parmi les principaux obstacles figure la demande de Téhéran de retirer les Gardiens de la révolution de la liste noire américaine

TEHERAN: Le négociateur de l'Union européenne chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire iranien, Enrique Mora, est attendu mardi à Téhéran pour une ultime démarche afin de débloquer les négociations quasiment à l'arrêt depuis le 11 mars.
Mais l'Iran et les Etats-Unis, engagés depuis un an dans des négociations indirectes à Vienne pour sauver l'accord de 2015 censé empêcher la République islamique de fabriquer la bombe atomique -- dont elle nie vouloir se doter --, continuent de se rejeter mutuellement la responsabilité de l'impasse.
L'émissaire européen, qui avait effectué fin mars sa dernière navette entre Téhéran et Washington, rencontrera notamment le chef des négociateurs iraniens Ali Bagheri.
"La voyage de M. Mora fait avancer les pourparlers dans la bonne direction", mais cela "ne signifie pas qu'il arrive avec un nouveau message après une pause", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, il a souligné que des messages étaient "constamment échangés entre l'Iran et les États-Unis via l'Union européenne".
"Si les Etats-Unis décident aujourd'hui de respecter les droits du peuple iranien, nous pouvons aller à Vienne après la visite de M. Mora et signer l'accord", a-t-il martelé.
Or, signe d'une impasse dont il sera difficile de sortir, la diplomatie américaine a de son côté laissé entendre que la balle était à ses yeux dans le camp iranien.
"Nous sommes en contact étroit avec Enrique Mora" et "nous soutenons ses efforts", a dit lundi le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, devant la presse. "Nous pensons pouvoir conclure cette négociation rapidement si les Iraniens ont la volonté d'avancer en toute bonne foi", a-t-il ajouté, sans faire état d'une nouvelle proposition américaine pour surmonter les derniers obstacles.
Les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, de l'accord international sur le programme nucléaire iranien, et ont rétabli leurs sanctions économiques anti-Iran. En riposte, Téhéran s'est affranchi des limites-clés à ses activités atomiques.
Dernière cartouche
Depuis un an, les pourparlers de Vienne, qui impliquent aussi les autres signataires de l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), visent à le relancer par la levée des sanctions américaines et le plein respect des engagements iraniens.
Après l'arrêt en mars des négociations dans la capitale autrichienne, l'Iran a appelé le 25 avril à une réunion "le plus tôt possible" en vue de rétablir l'accord sur le nucléaire.
Parmi les principaux obstacles figure la demande de l'Iran de retirer les Gardiens de la révolution, son armée idéologique, de la liste noire américaine des "organisations terroristes étrangères", mais le président des Etats-Unis Joe Biden semble avoir décidé de ne pas céder à cette exigence.
Les médias "ne doivent pas réduire les questions" en suspens entre l'Iran et les Etats-Unis "à une seule question, comme par exemple les Gardiens", a lancé M. Khatibzadeh.
"Les lignes (rouges) fixées par les hautes instances de la République islamique ont été respectées, et c'est pourquoi nous en sommes là aujourd'hui", a-t-il ajouté, sans plus de précision.
Samedi, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avait déclaré au Financial Times qu'il cherchait une "voie médiane" pour lever les blocages qui menacent de saboter plus d'un an d'efforts diplomatiques européens.
Il avait décrit la mission d'Enrique Mora, qu'il dit vouloir dépêcher à Téhéran malgré les "réticences" iraniennes, de "dernière cartouche".
"A un certain moment, je dirai, en tant que coordinateur, +je mets cette proposition sur la table, formellement (...) le seul point d'équilibre possible serait celui-ci+", avait expliqué M. Borrell. "Nous ne pouvons pas continuer comme ça indéfiniment, car entre-temps, l'Iran continue de développer son programme nucléaire", avait-il souligné.
Depuis des mois, Washington prévient qu'il sera bientôt trop tard pour sauver l'accord, laissant planer la menace d'un plan B aux contours encore flous.
"A ce stade, cela reste dans l'intérêt de notre sécurité nationale de remettre le programme nucléaire iranien dans une boîte" conformément à ce texte de 2015, a assuré Ned Price.


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.