Avion, char ou hélicoptère: les programmes franco-allemands patinent

La chancelière allemande Angela Merkel (G) et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse commune à l'Élysée, à Paris, le 13 juillet 2017, lors d'un sommet annuel franco-allemand. (AFP).
La chancelière allemande Angela Merkel (G) et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse commune à l'Élysée, à Paris, le 13 juillet 2017, lors d'un sommet annuel franco-allemand. (AFP).
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Publié le Lundi 09 mai 2022

Avion, char ou hélicoptère: les programmes franco-allemands patinent

  • Les deux principales coopérations lancées lors du conseil franco-allemand de défense et de sécurité du 13 juillet 2017 portent sur un Système de combat aérien futur (Scaf) et un char de combat
  • Le Scaf, auquel l'Espagne participe également, doit entrer en service à l'horizon 2040, le char vers 2035

PARIS : Un projet d'avion qui peine à décoller, un char embourbé, d'autres coopérations abandonnées en rase campagne: cinq ans après leur lancement par Emmanuel Macron et Angela Merkel, les programmes franco-allemands de coopération de défense sont à la peine.

Des programmes qui patinent

Les deux principales coopérations lancées lors du conseil franco-allemand de défense et de sécurité du 13 juillet 2017 portent sur un Système de combat aérien futur (Scaf) et un char de combat (Main Ground Combat System, MGCS). Elles sont à l'arrêt.

Tout en annonçant fin février une enveloppe de 100 milliards d'euros pour la défense, le chancelier Olaf Scholz a certes rappelé que ces deux projets constituaient une "priorité absolue", malgré l'achat récent d'avions américains F-35.

Le Scaf, auquel l'Espagne participe également, doit entrer en service à l'horizon 2040, le char vers 2035.

Le programme Scaf, dirigé par la France, est un "système de systèmes" qui s'articule autour de l'avion avec des drones accompagnateurs, le tout connecté, via un "cloud de combat", avec les autres moyens militaires engagés dans une opération. Un accord intergouvernemental a été conclu fin août 2021: il prévoit 3,6 milliards d'euros pour financer les études détaillées, dites de "phase 1B", en vue de lancer en 2025 la construction d'un démonstrateur en vol.

Mais Dassault, chef de file industriel, et Airbus, qui représente les intérêts de l'Allemagne et de l'Espagne, ne parviennent pas à s'entendre.

Et même si la phase 1B est enclenchée, le Bundestag, où nombre de députés craignent une place prédominante de la France dans le projet, devra à nouveau donner son aval pour chaque futur engagement budgétaire. Risqué. 

Le programme "n’est pas porté de part et d'autre" du Rhin, se désole une source française, se disant "pessimiste".

Le projet MGCS, mené par Berlin, est lui enlisé dans les rivalités entre le franco-allemand KNDS --regroupant l'allemand KMW et le français Nexter-- et l'allemand Rheinmetall.

"La difficulté est d'arriver à concilier l'équilibre franco-allemand, sachant qu'il y a deux industriels allemands et un seul français", selon le délégué général à l'armement (DGA), Joël Barre.

Dans l'espoir d'un accord, les études d'architecture système ont été prolongées jusqu'à l'été.

Des coopérations en déshérence

Plusieurs coopérations annoncées en juillet 2017 ont été de facto abandonnées ou renvoyées aux calendes grecques.

La plus emblématique est la rénovation à mi-vie de l'hélicoptère d'attaque franco-allemand Tigre. 

Paris s'est finalement lancé avec Madrid dans ce programme de modernisation baptisé Tigre Mark III pour 4,2 milliards d'euros. Faute de participation allemande, les surcoûts engendrés conduisent la France à ne moderniser que 42 de ses 67 appareils.

L'Allemagne, qui dispose de 53 Tigre, peut toujours rejoindre le programme d'ici l'été selon Airbus. Mais Berlin s'intéresse plutôt au concurrent américain Apache, selon la publication spécialisée Janes.

Berlin a également jeté l'éponge sur le développement d'un missile air-sol franco-allemand (MAST-F) qui devait équiper le futur Tigre, optant pour un missile israélien.

Paris et Berlin sont officiellement toujours embarqués dans le programme MAWS (Maritime Airborne Warfare System), visant à développer un avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine.

Las, Berlin a commandé l'an passé cinq avions américains P-8A Poseidon pour 1,43 milliard d'euros. Une "solution provisoire", argue l'Allemagne qui ne convainc pas Paris pour qui ce programme est mort-né.

L'artillerie du futur, le programme CIFS (Common Indirect Fire System) destiné à remplacer les Caesar français et PzH 2000 allemand, a lui été repoussé "au-delà de l'horizon 2045", selon le ministère des Armées.

Un programme (enfin) lancé: l'Eurodrone

Initié en 2015, le projet dirigé par Berlin doit doter l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne de drones comparables aux Reaper américains ou TB2 turcs.

Le contrat a été notifié en février, avec près de trois ans de retard, à Airbus, chef de file industriel du projet.

D'un montant de 7,1 milliards d'euros, il prévoit le développement de l'appareil et la livraison de 60 drones.

"Cela va aboutir, mais combien de retard et à quel prix? Est-ce que le matériel ne sera pas obsolète en arrivant?", s'interroge le sénateur français Cédric Perrin (LR).

Le premier vol est prévu en 2026, les premières livraisons deux ans plus tard. Plus d'un quart de siècle après le Reaper.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.