Moment historique au Royaume-Uni, la reine remplacée par Charles pour le discours du trône

Sur cette photo d'archive prise le 14 octobre 2019, la reine Elizabeth II (G) de Grande-Bretagne est assise avec le prince Charles, prince de Galles (D) de Grande-Bretagne sur le trône du souverain pour prononcer le discours de la reine lors de l'ouverture officielle du Parlement dans les Chambres du Parlement à Londres. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 14 octobre 2019, la reine Elizabeth II (G) de Grande-Bretagne est assise avec le prince Charles, prince de Galles (D) de Grande-Bretagne sur le trône du souverain pour prononcer le discours de la reine lors de l'ouverture officielle du Parlement dans les Chambres du Parlement à Londres. (AFP)
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Publié le Mardi 10 mai 2022

Moment historique au Royaume-Uni, la reine remplacée par Charles pour le discours du trône

  • La monarque âgée de 96 ans n'avait auparavant manqué que deux fois au cours de ses 70 ans de règne ce rendez-vous solennel de la démocratie britannique, quand elle était enceinte
  • Sur le plan politique, ce discours représente l'opportunité pour Boris Johnson de se relancer, quelques jours après de lourds revers aux élections locales, où son parti a perdu quelque 500 sièges

LONDRES: C'est une première en près de 60 ans: la reine Elizabeth II ne prononcera pas le traditionnel discours du trône au Parlement britannique mardi, en raison de ses difficultés à se déplacer, se faisant remplacer par le prince Charles.


La monarque âgée de 96 ans n'avait auparavant manqué que deux fois au cours de ses 70 ans de règne ce rendez-vous solennel de la démocratie britannique, où elle énonce le programme du gouvernement lors d'une cérémonie en grande pompe. Elle en avait été absente en 1959 et 1963, quand elle était enceinte.


C'est aussi la première fois qu'elle s'y fait remplacer par le prince de Galles, héritier de la couronne, un signe du transfert progressif de ses tâches à son fils aîné qui la représente déjà à l'étranger depuis plusieurs années.


"La reine continue d'avoir des problèmes de mobilité épisodiques et, après consultation avec ses médecins, a décidé à contrecœur de ne pas participer au discours du trône", a indiqué le palais de Buckingham dans un communiqué lundi soir.


"A la demande de Sa Majesté et avec l'accord des autorités compétentes, le prince de Galles lira le discours du trône en son nom, avec le duc de Cambridge (le prince William, petit-fils de la reine, deuxième dans l'ordre de succession au trône) également présent", a précisé le palais.


Détail important: le prince Charles, 73 ans, ne prendra pas place sur le trône, qui restera vide. Il s'assiéra à sa place habituelle.


Signe, pour le Daily Mail que la reine "est toujours vraiment aux commandes". "Mais ne vous y trompez pas, c'est un moment historique pour la Couronne", a commenté le journal.


La reine avait déjà renoncé ces dernières années à porter sa lourde couronne pour cette cérémonie très codifiée qui doit commencer à 10h30 GMT.


Son absence mardi relance les interrogations sur sa participation début juin aux célébrations du jubilé de platine, marquant ses 70 ans de règne.


"Espérons qu'elle puisse bénéficier du repos nécessaire à temps pour le jubilé de platine parce qu'on ne peut pas la remplacer au balcon du palais appréciant les festivités avec des millions de Britanniques", a souligné le correspondant royal du Sun.

«Super» lois post-Brexit 
Sur le plan politique, ce discours représente l'opportunité pour Boris Johnson de se relancer, quelques jours après de lourds revers aux élections locales, où son parti a perdu quelque 500 sièges.


Le Premier ministre espère montrer qu'il se préoccupe de la chute du pouvoir d'achat et faire oublier les scandales. 


Arrivé triomphalement au pouvoir en juillet 2019, le dirigeant conservateur a vu sa popularité chuter ces derniers mois, sur fond de crise du pouvoir d'achat, critiques sur sa gestion de la pandémie et scandale du "partygate" qui lui a valu une amende, une première pour un chef de gouvernement en exercice.


Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer, lui aussi critiqué pour avoir partagé bières et curry avec une équipe de son parti l'an dernier, a ajouté de la pression sur les épaules de Boris Johnson en s'engageant lundi à démissionner s'il reçoit, comme le Premier ministre, une amende pour avoir enfreint les règles anti-Covid.


S'il a réussi à sauver son poste pour l'instant dans le contexte de la guerre en Ukraine, le bouillonnant dirigeant âgé de 57 ans va tâcher de reconquérir des électeurs déçus pour les deux ans qu'il lui reste avant les prochaines législatives. Son discours présentera 38 projets de lois. 


L'un d'eux, sur l'ordre public, est destiné à empêcher les "techniques de guérilla" de groupes comme Extinction Rebellion, honnis de sa base, qui ont manifesté en bloquant des routes ou des transports publics "nuisant aux gens qui travaillent dur, coûtant des millions d'argent public aux contribuables et mettant des vies en danger".


Face à une économie blessée par des années de pandémie et une inflation attendue à plus de 10% dans les mois à venir, Boris Johnson s'est engagé à "remettre le pays sur les rails" et "créer des emplois hautement qualifiés et bien rémunérés qui stimuleront la croissance économique dans tout le Royaume-Uni".


Il compte aussi annoncer des textes de lois destinés à alléger les lourdeurs administratives après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, devenue pleinement effective le 31 janvier 2020.


Pour pouvoir expulser plus facilement les criminels étrangers, le gouvernement a aussi dit ces derniers mois vouloir modifier la législation relative aux droits de l'homme qui avait intégré la Convention européenne des droits de l'homme dans le droit national.


«Continuez à manifester», «l'aide est en route», lance Donald Trump aux Iraniens

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.  Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
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  • La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option"
  • Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement

PARIS: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à renverser les institutions et a promis que "l'aide" arrivait, Téhéran dénonçant de son côté des "troubles orchestrés" pour servir de prétexte à une intervention militaire américaine.

"CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a écrit le président américain sur son réseau Truth social, soulignant que "beaucoup d'aide est en route".

Le président américain a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

La mission iranienne à l'ONU a accusé mardi les Etats-Unis de chercher à renverser le régime par la force, "des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire".

Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979 et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond".

La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.

Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme également l'ONG Human Rights Watch.

De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.

"Tirs au hasard" 

Les condamnations internationales ont afflué mardi: l'ONU s'est dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.

L'UE et des capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, selon Londres.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option".

Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement".

L'Iran reste privé d'internet depuis le 8 janvier. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.

L'IHR évoque 10.000 arrestations.

"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Mashad (nord-est de l'Iran).

Téhéran "prêt à toute éventualité" 

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté.

Les médias d'Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.

Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue mercredi d'une cérémonie funéraire géante à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en référence essentiellement à ceux-ci.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".

"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.

Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.